Paris Clashes Between Protesters and Police During Student Demonstration in Paris
Credit:Elias Neil Benleulmi/SIPA/2610141659

17 octobre : En cas d’« affrontements graves et lourds », « tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisées », déclare le ministre de l’Intérieur

Au total, « on a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges » dans toute la France, a expliqué le ministre de l’Intérieur. En cas de « violences urbaines graves », il a annoncé ce matin que les forces de l’ordre pourront finalement utiliser les grenades assourdissantes lors des manifestations prévues demain. Sur les réseaux sociaux, des « guides de survie » pour manifester avec les bons réflexes fusent.
Chiara Carbonnet

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Les lycéens mobilisés depuis un mois sont appelés à une « convergence des luttes » demain, samedi 17 octobre. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est alors exprimé ce matin sur franceinfo sur ces manifestations prévues. Il a annoncé que l’usage des grenades assourdissantes, qui avait été suspendu 10 jours auparavant, serait autorisé aux forces de l’ordre lors des mobilisations de demain. En effet, à la veille de l’acte III des mobilisations lycéennes, le 5 octobre, un adolescent âgé de 15 ans a eu la main arrachée à cause d’une grenade policière. Deux jours plus tard, Laurent Nuñez avait déclaré la suspension de ce type de grenade « uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qu’il s’est passé », avait-il précisé.

« Les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l’ensemble des armes intermédiaires à leur disposition »

« On a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges, qui doivent normalement être déclarés », explique le ministre de l’Intérieur ce matin. « Pour le moment, on a un peu plus d’une quarantaine de déclarations à la préfecture. C’est extrêmement important pour pouvoir organiser ces manifestations », précise-t-il.

Il craint toutefois des débordements. Selon lui, « l’ultragauche en fin de cortège provoque des dégradations et essaie de faire dégénérer ces manifestations », alors « on sera très vigilant et réactif ».

Dans ce cadre, le ministre de l’Intérieur explique que les grenades assourdissantes seront utilisées si nécessaire par les forces de l’ordre : « J’ai suspendu un seul type de grenade assourdissante mais il y en a plusieurs. J’ai suspendu cette grenade assourdissante uniquement pour le mouvement lycéen. Demain s’il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d’un cortège, évidemment ce type d’armement peut être utilisé. Mais il est toujours utilisé avec parcimonie ». « Les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l’ensemble des armes intermédiaires à leur disposition : ça va de la grenade lacrymogène aux lanceurs de balles de défense », déclare-t-il. Pourtant, Laurent Nuñez avait affirmé sur RTL le 5 octobre que cette suspension serait effective tant « que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire », soit jusqu’à la fin de l’enquête.

Les lycéens auront « leur place le 17 octobre »

Interrogé sur franceinfo sur la potentielle présence de mineurs dans les cortèges, Laurent Nuñez semble dire qu’il n’y aura pas de lycéens dans les rues demain : « Attention, demain ce sont d’autres types d’actions et de mouvements ». Ses consignes sont « claires », « tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisés ».

Contrairement à ce que le ministre de l’Intérieur indique, les lycéens seront bien présents ce samedi 17 octobre. Après la rencontre des organisations syndicales avec le ministre de l’Éducation hier, ces dernières sont ressorties peu satisfaites : « Nous avons quitté la réunion parce que nous n’étions pas écoutés, on nous annonce une nouvelle réunion lundi à laquelle nous ne nous rendrons pas », a déclaré à l’issue de la réunion Marius Mesnil, de l’Union syndicale lycéenne, appelant à rejoindre le mouvement du 17 octobre. Ce dernier avait d’ailleurs déclaré à Public Sénat, mardi, lors de l’acte V de la mobilisation lycéenne, qu’il serait présent le 17 octobre : « On aura notre place le 17 octobre, il va y avoir une véritable convergence des luttes », expliquait-il avant d’annoncer sur Instagram un rassemblement à 14h demain à République. Pour Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen et militant du parti Renaissance, « la mobilisation ne s’arrêtera pas si on n’obtient pas des états généraux pour la refonte de Parcoursup et un plan national de bâti scolaire ni frigo ni fournaise ».

« Bien se préparer » à aller en manifestation

Sur les réseaux sociaux circulent beaucoup de posts faisant de la prévention et appelant les manifestants à « bien se préparer » pour le 17 octobre. Lou B, lycéenne à Charlemagne, avait confié à Public Sénat lors de la manifestation de mardi qu’elle voyait déjà sur les réseaux sociaux « beaucoup de prévention pour le 17 octobre » car « apparemment il y aura beaucoup plus de CRS que d’habitude et la répression sera plus forte ».

« Guide de survie », « conseils » et « tutos » pour aller en manifestation, les posts sur Instagram, X, TikTok fusent et cumulent des milliers de vues. Ces publications sont largement relayées par certains médias ou représentants politiques de gauche. Par exemple, le média indépendant de gauche Cerveaux non disponibles a publié un guide de préparation avec plusieurs slides invitant à avoir un « équipement » spécifique : « sérum physiologique en dosettes », « masque FFP2 ou FFP3 », « de l’eau et de quoi grignoter », lit-on sur le post. Il répertorie également des gestes de « communication » a adopté tels que noter « sur papier le numéro d’un proche » ou prévenir « une personne de confiance » de sa présence à la manifestation. Publié hier et largement relayé, ce post atteint plus de 21 000 partages et a été reposté par l’eurodéputée insoumise Rima Hassan.

De même, le potentiel initiateur du mouvement du 17 octobre nommé « V2 » sur TikTok alerte sur des « endroits à éviter le 17 » à Paris : « Nation, Bastille, Place d’Italie, République, allez pas là-bas », explique-t-il dans une vidéo publiée hier sur TikTok qui compte près de 80 000 likes.

 

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