Éducation
Alors que l’acte V du mouvement lycéen est lancé dans une dizaine de ville en France, la militante écologiste suédoise de 23 ans s’est rendue ce mardi devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement lycéen.
Le
Par Chiara Carbonnet
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Des mobilisations se sont tenues dans une dizaine de villes de France ce mardi : Paris, Lyon, Nantes, Marseille… Environ 480 000 personnes ont manifesté partout en France ce mardi, selon l’intersyndicale des organisations étudiantes et lycéennes. Mardi dernier, durant l’acte III, l’intersyndicale comptait 450 000 personnes. Malgré l’approche des vacances, le mouvement ne semble pas se tarir.
Si Édouard Geffray a estimé ce matin que le mouvement lycéen amorçait une « décrue », il s’est dit ne pas « miser » sur son essoufflement et compte « sur la démocratie », en soulignant les « 86 000 contributions » reçues sur le cahier de doléances en ligne. Toutefois, à l’appel de cet acte V, l’Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. De nombreux lycéens comptent alors poursuivre le mouvement le 17 octobre, malgré les vacances scolaires, en espérant être rejoints « par les travailleurs, les agriculteurs, les soignants, les pompiers… », expliquent les lycéens rencontrés lors de la manifestation parisienne.
Né spontanément sur les réseaux sociaux, le mouvement appelle à une journée d’action le 17 octobre, samedi de vacances scolaires, afin de rassembler le plus de monde possible. Sur Facebook, TikTok et Instagram, de nombreux internautes, pas toujours identifiables, relayent cette date en faisant part de leur colère. « Depuis fin août, début septembre, je vois des trucs passer sur les réseaux », explique Juliette L, étudiante en Histoire à la Sorbonne. Plusieurs posts fait avec IA inondaient les réseaux sociaux pour appeler à manifester contre la hausse du prix de l’essence le 17 octobre, faisant passer cela pour le retour des gilets jaunes. Or, aujourd’hui, cette date qui circulait uniquement sur les réseaux sociaux a pris une autre ampleur : elle s’inscrit en pleine mobilisation lycéenne et étudiante. « Le mouvement lycéen a ramené tout le monde », déclare Lucile, élève en première au lycée Hélène Boucher à Paris. Il a alors largement participé à la diffusion du 17 octobre, devenu aujourd’hui un mouvement protéiforme qui invite à une convergence des luttes. « A la base c’était plutôt une blague qui circulait, mais c’est aujourd’hui sortie de la sphère des réseaux sociaux. Les intersyndicales en parlent, notamment dans ma fac », exprime Juliette L.
Sur les réseaux sociaux, la date du 17 octobre circule en masse. Toutefois, selon les algorithmes de chacun, les informations divergent. Si pour certains lycéens des appels à la mobilisation émergent avec la diffusion de « parcours de la manifestation » dans Paris, d’autres ont surtout des posts alertant sur une « manifestation dangereuse » et appelant « à faire gaffe » : « On voit des posts qui disent que ce sera la guerre ou alors la mort, ça fait peur », confient des lycéennes de Charlemagne qui ont préféré rester anonymes. Pour Lou B, également lycéenne à Charlemagne, si des « itinéraires » de manifestations circulent, elle voit aussi sur les réseaux sociaux « beaucoup de prévention pour le 17 octobre » car « apparemment il y aura beaucoup plus de CRS que d’habitude et la répression sera plus forte ».
« Moi je vois plein de posts qui font référence à la Révolution Française de 1789 », commente Chiara, 15ans, élève à Hélène Boucher. Sur Instagram, son amie Lucile a plutôt des contenus qui « disent que les mobilisations de jeudi dernier à Bastille c’était la demi-finale et que samedi ce serait la grande finale ».
Si les lycéens sont encore dans les rues ce mardi, la fatigue se fait ressentir. Certains ne participeront pas au 17 octobre : « Je suis fatiguée, ça fait 3 semaines qu’on bloque », dit Dylan, élève du lycée Jacques Deyder à Epinay-sur-Seine. Pour d’autres, c’est la peur de potentiels heurts avec la police qui les freine : « On ira pas au 17 octobre, on a trop peur. Je préfère rester chez moi », expliquent des lycéennes de Charlemagne à Paris.
Mais la plupart répondent présent ce samedi dans les rues de Paris. Cette mobilisation est pour Lucile, élève au lycée Hélène Boucher, « dans la continuité de tous les blocus donc on a clairement notre place dans cette journée. On espère une convergence des luttes cette journée-là ». « On a pas peur, on ira au bout », déclare Lou B.
Du côté des syndicats, aucun ne s’est officiellement positionné sur le 17 octobre. « Pour nous l’important c’est de faire converger les luttes donc le 17 peut être une date. Mais c’est né sur les réseaux sociaux donc c’est toujours un peu compliqué à appréhender. On attend le positionnement au niveau fédéral mais on peut imaginer que ce sera comme le 10 septembre 2025 », explique Mickaël Marcilloux, co-secrétaire général de la CGT Educ’action. Pour Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’Union syndicale lycéenne : « On aura notre place le 17 octobre, il va y avoir une véritable convergence des luttes. On va communiquer prochainement là-dessus ».
Si aucune manifestation n’est déclarée auprès de la préfecture de police de Paris, pour Ismaël, étudiant en Licence Professorat des écoles à Cergy, « il y en a même pas besoin car il y aura tout le monde dans les rues, il y aura des manifestations partout en fait ».
Pour aller plus loin