Au lendemain d’une mobilisation massive dans les rues, le gouvernement tente d’apaiser le mouvement lycéen alors qu’une nouvelle journée de manifestations est annoncée jeudi. Emmanuel Macron a fait un point mardi soir avec plusieurs ministres, dont Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez et Édouard Geffray, pour tenter de trouver une issue à la crise.
Le Premier ministre s’exprimera ce soir dans une allocution depuis Matignon sur « la situation dans les lycées, les prix des carburants, la crise agricole ainsi que la situation financière du pays », ont annoncé les services du Premier ministre.
Alors que le mouvement des lycéens, parti mi-septembre de région parisienne, s’est désormais installé partout en France, le gouvernement a annoncé un « temps de démocratie interne » avec les élèves dans les prochains jours.
« Dès mercredi (aujourd’hui), dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur, d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée » a affirmé le Premier ministre Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale.
Le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray a précisé qu’il s’agirait d’une « demi-journée banalisée dans tous les établissements de France », à partir de mercredi, dans les établissements qui peuvent rouvrir.
Une demande jugée « irrespectueuse et témoignant d’une « cacophonie », selon les principaux syndicats des chefs d’établissements. « On ne le mettra pas en œuvre ni demain, ni après-demain. On ne sera pas en ordre de fonctionnement, d’autant que les établissements sont plus ou moins chahutés », a indiqué auprès de l’AFP Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du principal syndicat de chefs d’établissements, le SNPDEN-Unsa.
Côté sécurité, depuis le 28 septembre, selon Beauvau, 6 547 personnes ont été interpellées dans le cadre de ce mouvement. Si plus de 200 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, dont la majorité à la suite d’accidents et d’agressions, selon Matignon, ces chiffres ne peuvent occulter les trois mineurs mutilés après l’intervention des forces de l’ordre, don un jeune qui a eu la main arrachée par une grenade. L’usage des grenades assourdissantes sera désormais suspendu a annoncé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez sur RTL.
Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur et de l’Education seront auditionnés par la commission des lois et de l’Education de l’Assemblée nationale.