Ce samedi 17 octobre s’annoncent de larges mobilisations. Né sur les réseaux sociaux pour protester contre la hausse des carburants puis plus largement la vie chère, le mouvement du 17 octobre s’est cristallisé avec les manifestations lycéennes. Depuis plus d’un mois, des appels à mobilisation fusent sur les réseaux sociaux, sans être repris par les syndicats. L’heure est arrivée : le mouvement du 17 octobre s’organise peu à peu. Au total, entre 200 et 300 actions sont envisagées selon une source proche du ministère de l’Intérieur à franceinfo. Sur la carte collaborative du site https://mobilisation17octobre.fr/ , plus 1000 actions sont recensées ce jeudi dans toute la France pour la journée de samedi.
« Un mouvement de violences urbaines », selon le Premier ministre
Les syndicats et les partis politiques se saisissent du 17 octobre. D’après le Premier ministre Sébastien Lecornu, « La France Insoumise, le nouveau parti anticapitaliste, le syndicat la CGT ont commencé à entrer en contact avec les préfectures, notamment pour faire des déclarations de manifestations et c’est bien leur droit ». S’il insiste sur l’importance du « droit de manifester » ainsi que du « droit de grève » lorsque « les citoyens et les citoyennes veulent exprimer leur mécontentement » , il « redoute de la violence » ce samedi. Selon lui, « ce n’est plus un mouvement lycéen mais un mouvement de violences urbaines ».
Interdiction de certains trajets de manifestation par la préfecture de police de Paris
A Paris, le préfet de Police a déjà commencé à interdire certains trajets de manifestation. Alors que l’assemblée générale Interfac IDF a déclaré ce matin une manifestation entre Place de la République et place de la Concorde ce samedi 17 octobre, le préfet de police Patrice Faure a refusé le trajet. Cet arrêté d’interdiction de manifester est justifié par la préfecture par « des risques sérieux de troubles à l’ordre public » car les incidents de mardi « ont démontré la présence, au sein du cortège Interfac IDF, de plusieurs centaines d’individus violents, déterminés à affronter les forces de l’ordre, piller les commerces, dégrader le mobilier urbain et nuire à la tranquillité de tous ». Elle leur a alors proposé « dans un souci de conciliation entre la liberté de manifester et la sécurité de tous, un itinéraire alternatif, reliant République à Nation », que les organisateurs ont refusé. « La proposition d’un parcours alternatif reste de mise », a tout de même ajouté la préfecture de police.
Une autre manifestation a été déclarée par plusieurs gilets jaunes, à laquelle des syndicats se sont joints pour un parcours de la place de l’Opéra, en plein centre de Paris, à la place de la Bastille. Risquant que des participants à la manifestation d’Interfac IDF se déportent sur le cortège des gilets jaunes et des syndicats, la préfecture de police a proposé un parcours alternatif entre la place de Clichy et la place de la République. « Le dialogue se poursuit », a-t-elle assuré. « Le préfet de police a pris en compte le souhait des déclarants de disposer de deux cortèges distincts. Ses services leur permettront de manifester en sécurité mais, a prévenu la préfecture, cela ne peut se faire sur les itinéraires déclarés ».
Une réunion au ministère de l’Intérieur
Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, a réuni ce jeudi les directeurs généraux de la police et la gendarmerie, le préfet de police de Paris et les services de renseignement pour préparer cette journée. Il réunira les préfets ce vendredi en visioconférence sur le même sujet. Lors de cette première réunion, le ministre a rappelé ses instructions. Il estime que la « mouvance d’ultragauche » cherchera à faire dégénérer ces événements. Le risque de voir s’immiscer, dans les manifestations, 50 à 100 individus issus des black blocs, est également mentionné, dans des grandes villes comme Nantes, Rennes, Grenoble, Toulouse, Lyon et Grenoble, précise la source proche du ministère de l’Intérieur à franceinfo.
« Les blocages durables d’équipements ou d’axes structurants » et « les débordements ou tentatives d’exaction feront l’objet d’une intervention ferme et immédiate des forces de l’ordre », indique cette source à franceinfo. Les manifestations « pacifiques » seront « encadrées et sécurisées ».
Selon les estimations des autorités, entre 20 000 et 40 000 personnes devraient défiler samedi à Paris.