Décès de Pierre de Saintignon, figure politique de Lille et fidèle de Martine Aubry
Proche parmi les proches de la maire de Lille Martine Aubry, Pierre de Saintignon, qui avait choisi en décembre 2015 de retirer...

Décès de Pierre de Saintignon, figure politique de Lille et fidèle de Martine Aubry

Proche parmi les proches de la maire de Lille Martine Aubry, Pierre de Saintignon, qui avait choisi en décembre 2015 de retirer...
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Par Clément MELKI et Frédéric DUMOULIN

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Proche parmi les proches de la maire de Lille Martine Aubry, Pierre de Saintignon, qui avait choisi en décembre 2015 de retirer sa liste PS au second tour des élections régionales pour faire barrage à Marine Le Pen, est décédé samedi matin à Lille à l'âge de 70 ans.

Né en mai 1948 à Angers, ce chef d'entreprise, membre du Parti socialiste depuis 1967, était devenu le premier adjoint à la maire de Lille dès 2001, en charge des finances. Malade depuis plusieurs mois, il avait annoncé à l'automne qu'il ne se représenterait pas aux élections municipales de 2020.

Martine Aubry a rendu hommage à "un homme à l'écoute et généreux", "en action permanente", "convaincu et acharné à transformer notre territoire et améliorer la vie de ceux qui souffrent". "Pierre était comme un second frère pour moi et sa disparition est une douleur immense", a-t-elle confié.

"Fervent défenseur de l'insertion, je l'ai vu toute sa vie se battre pour plus d’égalité et plus de justice sociale", a ajouté la maire de Lille. Avec sa disparition, "c'est une page de l'histoire de notre ville, de notre métropole et de notre région qui se tourne".

Le président Emmanuel Macron a salué "un homme de conviction" engagé "pour la vitalité économique de Lille et de sa région, pour la réinsertion des plus fragiles, et pour la défense des valeurs républicaines", selon un communiqué.

Fort de 30 ans d'expérience de terrain sur le territoire, cet ancien n°2 de chez Darty s'était investi sur l'économie et la lutte contre l'exclusion: création du parc d'activités high tech EuraTechnologies à Lille, montage des circuits courts entre jeunes demandeurs d'emploi et chefs d'entreprise, sauvetage d'entreprises en difficulté. On lui doit notamment Vitamine T, un groupe d'insertion qui, expliquait-il, a "sorti d'affaire 33.000 personnes brisées" en 28 ans. Il était également conseiller communautaire à la Métropole européenne de Lille (MEL), en charge du développement économique.

"Sa créativité, ses intuitions, Pierre les avait placées au service des autres, dans une lutte obstinée contre les inégalités de naissance qui deviennent des inégalités de destin", a réagi le Parti socialiste.

- "Bosseur" et "honnête" -

En décembre 2015, alors n°2 de la région Nord/Pas-de-Calais, il avait mené la liste du PS aux élections régionales face à Xavier Bertrand et Marine Le Pen. Arrivé en troisième position avec seulement 18% des voix, il s'était retiré de la course pour faire barrage au Front national.

"Chacun a en mémoire son attitude républicaine et courageuse au second tour", a tweeté le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), qui décrit un homme "loyal et profondément amoureux de Lille".

Dès l'annonce de son décès, les hommages se sont multipliés: "engagé pour le progrès et profondément humain" pour François Hollande; "adversaire politique respectueux" pour Marine Le Pen; "sincère, honnête" et "généreux dans son engagement" pour le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

"Partenaire exigeant, il défendait avec force et charisme les dossiers qu'il portait à la métropole, avec une capacité extraordinaire à convaincre ses collègues du bien-fondé de ses arguments", a réagi le président de la MEL, Damien Castelain.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a rendu hommage à un "homme d'honneur" qui "avait la République chevillée au corps".

Troisième d'une fratrie de cinq garçons, "PDS" avait raté de son propre aveu "toutes ses études primaires et secondaires" à cause d'une "profonde dyslexie" qu'il soignera grâce à l'équithérapie. Il n'avait décroché son bac qu'au bout de la 6e tentative, "avec mention".

Ce père de cinq enfants, décrit par ses proches comme un "bosseur" suivant "ses dossiers avec passion", avait atterri à Lille "presque par hasard" il y a 41 ans, pour un poste à la Sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence.

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