Avant la mobilisation interprofessionnelle nationale du jeudi 5 novembre, à laquelle les organisations de jeunesse ont déclaré participer, plusieurs universités sont fermées depuis lundi et des lycées bloqués, décidés à « ne rien lâcher » face aux annonces du gouvernement, jugées insuffisantes. Lors des questions au gouvernement ce mercredi au Sénat, le ministre de l’Éducation et le ministre de l’Enseignement supérieur se sont exprimés sur les blocus en cours.
Des blocages « résiduels », selon le ministre de l’Éducation
Lors des questions au gouvernement, la sénatrice LR Géraldine Amouroux alerte le ministre de l’Enseignement Supérieur, Philippe Baptiste, sur l’impact « psychologique » des blocus sur les « milliers d’étudiants » qui ne peuvent pas « suivre les cours, accéder à la bibliothèque ainsi qu’au CROUS » et « craignent d’échouer leurs examens et au final de rater leur année ». Si le ministre reconnaît une « vraie difficulté » dans ces blocus, notamment pour les premières années « qui ont eu quelques semaines de cours et qui voient leurs cours fortement perturbés », il souligne que « seulement 28 sites sont bloqués contre 67 hier à la même heure ».
Du côté des lycées, ce matin cela concernait « une vingtaine d’établissements donc 0,5 % des lycées français », explique le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, au micro de Public Sénat. Il juge toutefois que ces blocus sont « un problème » car ils portent « préjudice à des milliers de jeunes qui ne demandent qu’une chose, c’est aller en cours » : « Manifester est légitime mais bloquer un lycée et empêcher ses camarades d’y rentrer, c’est illégal », assure-t-il.
Des mesures qui ne « suffisent pas à composer un plan global nécessaire »
La sénatrice Géraldine Amouroux revient également sur les annonces du gouvernement, qu’elle juge insuffisantes : « L’annonce des 15 000 places supplémentaires pour les BTS et les formations de santé ne suffit pas à composer un plan global nécessaire, pas plus que l’hypothétique engagement pour la rénovation des campus, dont le financement annoncé d’un milliard d’euros sur plusieurs années ne saurait être pris au sérieux, au vu de l’état de nos finances publiques et du calendrier politique ».
Mais selon Philippe Baptiste, ces mesures restent des « gestes significatifs », qui s’ajoutent « au repas à un euro » que le gouvernement a mis en place pour tous les étudiants depuis mai dernier. Il appelle alors les étudiants à « reprendre le chemin des amphis ».
Une réévaluation des règles pour le bac ?
Alors que les blocus depuis 1 mois impactent le contrôle continu, qui représente 40% de la note finale du baccalauréat, Édouard Geffray a annoncé que des travaux étaient en cours sur ce sujet : « Certains disent qu’il ne faut pas de contrôle continu en première, d’autres qu’il faut un droit à l’erreur, c’est-à-dire un droit à retirer une note qui aurait été mauvaise. Tout ça se regarde, on l’a mis sur la table et on va le traiter ».
Cependant, pas de changement de règles pour les épreuves du bac : « Pour le coup un examen c’est un examen. Le bac est un examen national », déclare le ministre de l’Éducation qui assure que « ces plusieurs semaines de perdues » sont « encore rattrapables ».