Le Pen somme Philippot de « clarifier sa situation » vis-à-vis du FN
Après plusieurs manifestations d'agacement, Marine Le Pen a sommé ouvertement vendredi Florian Philippot de "clarifier" sa...

Le Pen somme Philippot de « clarifier sa situation » vis-à-vis du FN

Après plusieurs manifestations d'agacement, Marine Le Pen a sommé ouvertement vendredi Florian Philippot de "clarifier" sa...
Public Sénat

Par Guillaume DAUDIN

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Après plusieurs manifestations d'agacement, Marine Le Pen a sommé ouvertement vendredi Florian Philippot de "clarifier" sa situation, reprochant à son vice-président à la stratégie d'être également président d'une association "Les Patriotes" jugée dissidente.

"Qu’il y ait des think-tanks, ça ne me pose aucun souci. Mais nous sommes tout de même au coeur de la refondation du mouvement", rappelle-t-elle vendredi dans Le Parisien.

"Je souhaite donc que tous les dirigeants du FN se reconcentrent sur cette refondation et qu’ils apportent leurs réflexions à l’intérieur du mouvement", dit la présidente du FN.

Florian Philippot "doit-il clarifier sa situation  ?" "Oui", répond sans ambages Mme Le Pen.

C'est que depuis le second tour perdu de la présidentielle et l'annonce du lancement de cette association par M. Philippot, le 15 mai, l'unité du parti d'extrême droite tangue.

Celui qui a été bombardé fin 2011 directeur de campagne présidentielle de Marine Le Pen et a connu une ascension fulgurante dans le parti, entretient des relations difficiles avec certains dirigeants frontistes.

Mais jusqu'en mai, il n'y avait guère de nuages avec la patronne du parti qui avait peu ou prou systématiquement défendu le chef d'orchestre du "marinisme".

Or, avec ce lancement unanimement jugé inopportun en pleine campagne pour les législatives, ceux qui lui reprochent qui son supposé sectarisme, qui sa ligne politique "gauchisante", qui un côté cassant, ont trouvé dans "Les Patriotes" un coin à enfoncer entre M. Philippot et Marine Le Pen.

Après avoir dit "tant mieux !" dans un premier temps, la députée du Pas-de-Calais a en effet multiplié les signes d'exaspération : à deux semaines des législatives, elle a ainsi qualifié "d'étonnant" le lancement de cette association, sans oublier de railler son nom, "Les Patriotes", "ringard".

Pendant l'été, Mme Le Pen a démissionné Sophie Montel, premier lieutenant de Florian Philippot, de sa présidence du groupe FN en Bourgogne-Franche-Comté.

Depuis, la patronne du FN reste laconique : "Nous ne sommes pas particulièrement en froid, non", avait-elle par exemple dit début juillet.

-- "Refroidissement" --

Plus récemment, lors d'une réunion frontiste interne réduite, elle avait demandé à M. Philippot, comme l'avait révélé L'Opinion, de quitter la tête de l'association. Mais l'intéressé avait décliné.

Interrogé par l'AFP vendredi sur la demande de Mme Le Pen, M. Philippot n'a pas répondu à ce qui constitue un élément de plus dans la dégradation de la relation particulière entretenue par les deux principales têtes actuelles du FN.

Les frontistes, eux, sont plus prolixes : au mieux, un "refroidissement". Au pire, une "confiance rompue".

Pour un "mariniste", "+Florian+ avait un boulevard avec le départ de Marion Maréchal-Le Pen, il a fait n'importe quoi, il n'a rien assumé, et ça a beaucoup troublé. Il s'est +cornérisé+, c'est une fuite en avant".

M. Philippot continue pourtant à dire qu'il travaille à la victoire prochaine de Mme Le Pen. Mercredi, alors qu'on lui demandait si celle-ci le traitait de manière "injuste" depuis la présidentielle, il a répondu que "ce n'est pas le cas".

Avant d'ajouter toutefois que s'il a "beaucoup de respect pour Marine", il n'excluait pas d'aller "ailleurs" si "un jour, (il) avai(t) le sentiment de ne plus défendre (s)es convictions dans un parti politique parce qu'il ne serait plus patriote, plus souverainiste ou qu'il serait monomaniaque (...). Mais pour le moment, le FN semble rester patriote et souverainiste."

Quelques dirigeants frontistes commencent à douter de la possibilité de garder l'aile "philippotiste" au sein du FN, alors qu'un congrès du parti se profile en mars à Lille.

Mais un départ de cet énarque, l'une des principales figures de la politique d'ouverture du FN depuis l'avènement de Mme Le Pen à la présidence du parti en 2011, serait un "tremblement de terre", estimait récemment une figure de la droite de la droite.

D'autant que leurs divergences ne tiennent pas au fond, comme le rappelait ces derniers jours un haut dirigeant du parti à l'AFP. "Priorité à la justice sociale : idéologiquement, +Marine+ sera toujours comme +Florian+".

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