Macron réunit le gouvernement pour affronter une délicate rentrée
Le président français Emmanuel Macron réunit lundi son gouvernement au complet, pour affiner les délicats arbitrages budgétaires et mettre ses...

Macron réunit le gouvernement pour affronter une délicate rentrée

Le président français Emmanuel Macron réunit lundi son gouvernement au complet, pour affiner les délicats arbitrages budgétaires et mettre ses...
Public Sénat

Par Sabine WIBAUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le président français Emmanuel Macron réunit lundi son gouvernement au complet, pour affiner les délicats arbitrages budgétaires et mettre ses troupes en ordre de marche, au moment où les premières grandes réformes du quinquennat vont entrer en application.

Après une pause estivale, ce séminaire de rentrée sera consacré, selon l'Elysée, à "la mise en œuvre opérationnelle des réformes autour de trois grands piliers: les réformes structurelles déjà engagées (Code du travail, retraites, assurance chômage), les choix budgétaires pour rétablir la capacité d'investissement de la France et la revue des feuilles de route quinquennales de chaque ministère".

Le séminaire débutera à 10H30 pour se terminer à 14H00 après un déjeuner.

Edouard Philippe, la ministre de la Justice Nicole Belloubet et celui de l'économie Bruno Le Maire à Nancy le 1er juillet 2017
Edouard Philippe, la ministre de la Justice Nicole Belloubet et celui de l'économie Bruno Le Maire à Nancy le 1er juillet 2017
AFP/Archives

Alors que le premier exercice de ce type, en juin, s'était déroulé à Nancy sous la houlette du Premier ministre Edouard Philippe, cette fois, c'est le président de la République lui-même qui prend la main en conviant ministres et secrétaires d'Etat à l'Elysée.

Pour le chef de l'Etat, en chute dans les sondages, il s'agit de s'assurer de la cohérence de l'équipe gouvernementale, au moment où l'exécutif doit prendre d'importantes mesures d'économies pour financer ses réformes, tout en tenant son objectif de faire passer les déficits publics sous la barre des 3%.

Première échéance: au lendemain du Conseil des ministres de rentrée, le gouvernement présentera jeudi les déjà très décriées ordonnances de la réforme du droit du travail.

Il affrontera sa première manifestation d'ampleur le 12 septembre contre cette réforme, alors que La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon fait de sa journée de mobilisation, le 23 septembre, un "test national" contre le "coup d'Etat social" mené, selon elle, par Emmanuel Macron.

Ces derniers mois, plusieurs annonces comme le rabotage du budget de la Défense, la baisse de cinq euros par mois des aides au logements (APL...) et, dernièrement, le report à l'automne 2018 d'une partie des baisses de cotisations sociales promises par le candidat Macron, ont été mal ressenties dans l'opinion, donnant de surcroît une impression de flottement au sein de l'exécutif.

Le Premier ministre Edouard Philippe est lui-même convenu jeudi, à propos de la baisse des APL, que ce n'était "pas intelligent". Tout en commettant lui-même quelques maladresses sur le rythme de la baisse des cotisations sociales.

- 'Entrée difficile dans l'atmosphère pour Jupiter' -

Signe d'une certaine fébrilité, le chef de l'Etat a saisi l'occasion d'une tournée européenne pour se lancer dans un long plaidoyer pour défendre son action, revenant ainsi sur son engagement de ne pas s'exprimer sur les questions de politique intérieure à l'étranger.

Dans une formule sujette à interprétation, il a proclamé sa volonté de continuer à "transformer la France en profondeur" tout en soulignant que... "les Français détestent les réformes".

Alors que la classe politique fait également sa rentrée, les critiques contre le chef de l'Etat, à la peine dans les sondages, font florès.

En début de semaine, François Hollande est lui-même pour la première fois sorti de sa réserve depuis son départ de l'Elysée, pour exhorter son ex-ministre et successeur "à ne pas demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles".

Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche (ex-PS) à l'Assemblée nationale, a lui constaté "une entrée difficile dans l'atmosphère pour Jupiter" en cette "rentrée compliquée", tandis que le député LFI Alexis Corbière traite M. Macron de "social killer".

Le chef de l'Etat prend les Français "pour des imbéciles" a pour sa part accusé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

En manque de poids lourds dans la majorité, et même au sein du gouvernement, pour relayer et défendre son action, Emmanuel Macron a décidé de sortir de la "parole rare" qu'il revendiquait depuis son arrivée au pouvoir, pour s'adresser plus régulièrement aux Français dans les médias.

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron réunit le gouvernement pour affronter une délicate rentrée
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le