Marine Le Pen s'est qualifiée dimanche pour le second tour de la présidentielle mais avec un score inférieur à 22% des voix, elle aura fort à...
Marine Le Pen aura fort à faire face à Emmanuel Macron en finale
Marine Le Pen s'est qualifiée dimanche pour le second tour de la présidentielle mais avec un score inférieur à 22% des voix, elle aura fort à...
Par Guillaume DAUDIN
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Marine Le Pen s'est qualifiée dimanche pour le second tour de la présidentielle mais avec un score inférieur à 22% des voix, elle aura fort à faire face à Emmanuel Macron, qui la devance et a reçu le soutien de François Fillon.
Quinze ans après le choc de la qualification de son père Jean-Marie Le Pen, le 21 avril 2002, la présidente du Front national s'est félicitée, depuis son QG d'Hénin-Beaumont, d'avoir "franchi" dimanche "la première étape qui doit conduire les Français à l'Elysée". "Ce résultat est historique".
Pas de surprise cette fois: les enquêtes d'opinion, dont les derniers sondages ont vu Mme Le Pen passer de 26% d'intentions de vote mi-mars à 22% ces derniers jours, se sont globalement vérifiées, y compris en l'annonçant au second tour depuis le printemps 2013.
Depuis la présidentielle de 2012 et ses 17,9% au 1er tour, la candidate FN a capitalisé sur le difficile quinquennat de François Hollande: le terrorisme, avec 239 morts depuis janvier 2015 dans une série d'attaques jihadistes, dont la derrière a tué un policier jeudi soir sur les Champs-Elysées; la croissance en berne et un chômage fort; la déliquescence des deux grands partis de gouvernement, PS et Les Républicains.
A l'international, en outre, il y a eu le vote du Brexit en juin dernier au Royaume-Uni et l'accession de Donald Trump à la Maison Blanche outre-Atlantique.
La patronne du FN, qui dit "rêver" depuis des mois d'un affrontement avec le "mondialiste assumé" Emmanuel Macron, a répété dimanche qu'elle voyait dans cette affiche de second tour un référendum entre "la mondialisation sauvage" qu'incarnerait son adversaire et la "grande alternance" qu'elle représenterait. "Ce grand débat va maintenant avoir lieu".
Affiches de campagne, le 23 avril 2017, à Valence d'Agen
AFP
Un "clivage clair" et "une victoire idéologique", a abondé sa nièce Marion Maréchal-Le Pen.
- Espoir d'une recomposition -
Tous les frontistes ne partagent pourtant pas l'analyse de leur patronne: "Au +Front+, une majorité préfère (affronter) Macron au second tour. Moi je préfère Fillon", confiait un "mariniste" jeudi.
Car aussi sûr que les sondages la donnaient qualifiée pour le second tour, ils ont toujours vu Marine Le Pen nettement battue au second tour par l'ancien ministre de l'Economie. Dimanche soir, Harris Interactive et Ipsos Sopra Steria tablaient sur 36% à 38% des voix pour Mme Le Pen, contre 64% ou 62% pour M. Macron.
Dès la soirée électorale, M. Macron a enregistré abondance de soutiens, à droite, avec notamment François Fillon, défait, comme à gauche.
Mme Le Pen, qui pensait encore vendredi soir qu'elle serait "en tête", n'a reçu aucun soutien dans l'immédiat.
Le candidat Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, à environ 4,80% des voix, donnera son choix "en début de semaine". Jacques Myard, député LR souverainiste, a indiqué à l'AFP qu'il penchait pour le ni-ni.
Quant à la droite catholique conservatrice, elle se partage entre le refus de trancher émis par Sens commun, mouvement membre des Républicains issu de la Manif pour tous, et l'adhésion "possible" au vote Le Pen envisagée par Christine Boutin, ancienne présidente du Parti chrétien démocrate (PCD).
Alors que nombre de frontistes imaginaient leur candidate arriver en tête avec le score des régionales 2015, près de 28% au premier tour, pour plancher, Marine Le Pen a fini deuxième avec moins de 22% des voix selon des résultats portant sur 96% des inscrits, deux points derrière Emmanuel Macron. Consolation: c'est un nouveau record en nombre de voix exprimées pour le FN, avec près de 7,5 millions totalisées à 00h37.
Difficile équation pour Marine Le Pen au second tour: elle devra veiller à rassurer les Français inquiets de la radicalité de son programme, sur l'immigration ou sur la sortie de l'UE et de l'euro ; tenter d'attirer l'électorat populaire, notamment celui de Jean-Luc Mélenchon, dans la lignée de son slogan de campagne "Au nom du peuple" ; rallier aussi l'électorat de droite déboussolé par les affaires affectant François Fillon, alors qu'elle a elle-même refusé mi-mars de se rendre à une convocation de la justice dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens.
Peut-elle l'emporter? Pour espérer une victoire, il fallait selon un dirigeant FN a minima "+Marine+ à 29-30, Macron à 21-22 et Fillon à 20"... Loin du résultat de dimanche.
Point positif, toutefois, savouré par quelques frontistes, l'espoir d'une recomposition à droite dans la perspective des législatives.
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