« On repart au travail ! » : l’injonction de Jean Castex

« On repart au travail ! » : l’injonction de Jean Castex

2 milliards d'euros pour la Culture, Plan de relance présenté le 3 septembre, gratuité du masque, rentrée scolaire... Le Premier ministre a précisé les dernières mesures prises par le gouvernement, ce mercredi 26 août sur France Inter.
Public Sénat

Par M. P.

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Le Premier ministre, Jean Castex, s’est exprimé ce matin, mercredi 26 août, dans la matinale de France Inter, lors d'un grand entretien de 45 minutes.

Sur l'évolution de l'épidémie, « nous constatons, en France et en Europe, une reprise de l’épidémie, de la circulation virale. Nous ne sommes pas dans la situation du mois de mai » mais le pays est passé de « 1 000 cas » il y a quelques semaines à « 3 000 cas ». Mais, a-t-il relativisé, « les admissions en réanimation ne progressent que très lentement ».

Sur le plan de relance, dont l'annonce a été décalée au jeudi 3 septembre, « il est bouclé » a-t-il précisé, insistant sur le fait que certaines mesures ont déjà été mises en place, comme l’allocation scolaire de 100 euros supplémentaires. « Cela vient dans la continuité de dispositions ambitieuses prises par mon prédécesseur Édouard Philippe. On le fait depuis des mois ce plan de relance » a-t-il dit.

Une charge contre les « anti-masques »

« Lutter contre une épidémie de la nature de celle que nous affrontons est un défi collectif », a-t-il poursuivi. « Je n’ai jamais cru que l’État pouvait tout faire. Il faut que tout le monde se sente concerné. »

Il a par ailleurs pointé du doigt les « anti-masques », « qu’ils pensent aux autres, aux personnels hospitaliers. J’appelle à l’esprit de responsabilité ». Il a cependant reconnu que l'application StopCovid « un outil dans la panoplie de lutte contre l’épidémie » n’a pas obtenu « les résultats attendus par manque de communication ».

Il a exhorté les Français à reprendre le travail, « nous allons tout faire pour que les Français reprennent leur vie normalement en se protégeant. On va faire de la prévention. Le pire serait qu’on s’enfonce dans une crise économique et sociale parce qu’on ne reprend pas l’activité ».

« Nous avons maintenant des outils territorialisés et nous faisons confiance aux acteurs de terrain », citant le cas de la Mayenne, où « les chiffres sont redevenus dans des proportions raisonnables » grâce aux mesures localisées. Les mesures à Marseille, seront « utiles » a-t-il promis.

« On repart au travail » et « mettez votre enfant à l'école »

Sur la gratuité des masques, « il y a déjà eu un débat sur les masques gratuits lors du déconfinement » a-t-il rappelé, « mais aucun pays du monde n’a généralisé la gratuité. Il y a déjà des masques gratuits : les médecins peuvent prescrire le port du masque à toute personne vulnérable pour critères médicaux, et c’est gratuit ; un dispositif de distribution par la poste de masques aux familles précaires en fonction du revenu » a par ailleurs été mis en place.

Quant à la polémique sur le port du masque obligatoire à l'école et de sa gratuité demandée par l'opposition, « allons-nous payer des masques à des gens qui n'en ont pas besoin ? » a-t-il demandé, « dans les villes, [les élèves] prennent le masque pour les transports, comme en Ile-de-France », a poursuivi le chef de l'exécutif, s'adressant à la présidente LR de la Région Valérie Pécresse qui a demandé la gratuité des masques pour les lycées, « le masque n'est pas gratuit à ce que je sache, et [nous devrions] donner des masques aux mêmes ? » a-t-il dit. « On cible les plus vulnérables à la maladie et les plus précaires. »

Alors qu'il se rendra cet après-midi à l'Université d'été du Medef, le Premier ministre est revenu sur le télétravail : « Nous avons saisi le haut conseil de santé public qui doit donner son avis fin de semaine mais le principe est simple : on repart au travail, et cela peut être du télétravail. J’ai demandé aux partenaires sociaux de s’emparer du sujet pour améliorer et optimiser le télétravail. » Même injonction pour l'école : « Mettez votre enfant à l’école, on est prêt. »

2 milliards d'euros pour la Culture et 2 000 emplois dans la justice

Jean Castex, qui sera au Festival d’Angoulême vendredi 28 août, a annoncé que le secteur culturel qui « a beaucoup souffert de cette crise » bénéficierait de « 2 milliards d'euros » et la fin de la distanciation sociale dans les cinémas et les théâtres.

Il a également promis que « les impôts n'augmenteront pas » pour payer le Plan de relance de 100 milliards d'euros, et que « 40 % de la relance seront mutualisés » avec l'Europe. L'objectif étant « de réhabiliter le travail » et de « créer le plus possible d’emplois ».

L'autre priorité du gouvernement est l'insécurité, a-t-il indiqué, « on a eu un mois de juillet et août pas satisfaisants », mais « il est inexact de dire qu’il ne se passe rien. Il y a des poursuites qui sont engagées et des sanctions prononcées, mais il faut que nous progressions ».

Faisant référence à la finale de la Coupe de la Ligue des champions du 23 août, après laquelle des échauffourées ont éclaté dans Paris, « quand on a de grands évènements comme les matches, il faut que notre dispositif se déploie mieux et davantage pour limiter les exactions, nous présenterons un plan d’action dans les mois à venir. »

« Le service public de la justice fonctionne insuffisamment bien puisque l’État n’a pas fait son travail à son égard. » Dans la justice, « 2 000 » emplois auront été créés « durant le quinquennat ». « Je ne pourrai pas obtenir des résultats immédiats mais on va tout faire. Je suis très mobilisé là-dessus. »

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