Canicule : « Une violence de classe », pour Ian Brossat, qui appelle à « des réquisitions pour partager la fraîcheur »

À la sortie des questions d'actualité au gouvernement, le sénateur de Paris, co-président du groupe communiste au Conseil de Paris, Ian Brossat a proposé des mesures chocs pour lutter contre l'épisode caniculaire que traverse la France actuellement et qui est amené à se répéter de plus en plus fréquemment.
Simon Barbarit

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Alors que la France entière suffoque dans un épisode caniculaire inédit, mais amené à se répéter de plus en plus souvent, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé que la France est confrontée à un « mur d’investissements » pour adapter ses infrastructures aux effets du changement climatique.

« Une grande hypocrisie », pour le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat. « Ce même gouvernement est en train de dépouiller totalement le budget dédié à la rénovation énergétique des bâtiments et des logements. Quand vous voyez qu’on a, en 2026, quasiment 500 millions d’euros en moins sur le fonds vert et sur MaPrimeRénov’, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a un grand décalage entre les belles paroles et les actes funestes de ce gouvernement », a-t-il ajouté.

« La canicule est particulièrement douloureuse pour les classes populaires. »

Le co-président du groupe communiste au Conseil de Paris fait le constat que « la canicule est une violence de classe. Elle est particulièrement douloureuse pour les classes populaires. C’est vrai dans le logement, c’est vrai dans le travail, parce que ce sont bien souvent les métiers les plus durs, les plus pénibles, les plus mal payés qui sont les plus exposés à la chaleur. »

Ian Brossat se dit « favorable à une forme de partage de la fraîcheur » grâce à la réquisition de certains lieux. « Je pense à des lieux qui sont des propriétés d’institutionnels, des centres de congrès par exemple, qui sont bien souvent climatisés, des hôtels, des espaces verts qui, parfois, sont des propriétés privées… Je pense que nous devrions avoir la possibilité de les réquisitionner pour les mettre au service du plus grand nombre quand nous sommes en alerte rouge, ce qui est le cas en ce moment », a-t-il développé.

Si la ville de Paris a fait le choix de commander 1 200 climatiseurs, pour l’élu, c’est une solution qui ne permet pas de faire face à une urgence. « La solution de long terme, c’est l’isolation des bâtiments, parce qu’on le sait, la climatisation rejette de la chaleur à l’extérieur et donc ça ne remédie pas véritablement au problème ».

« Le gouvernement qui n’a rien de mieux à proposer que de remettre en location des logements invivables l’été »

Enfin, l’ancien adjoint au Logement d’Anne Hidalgo s’est montré critique envers le projet de loi de relance du logement présenté en Conseil des ministres ce matin. Un texte qui prévoit de remettre sur le marché de la location des passoires thermiques — 700 000 logements classés F ou G — si le propriétaire s’engage à faire des travaux dans les 3 ou 5 prochaines années.

« C’est une hérésie. On a aujourd’hui un tiers des logements qui sont des passoires thermiques et on a un gouvernement qui n’a rien de mieux à proposer que de remettre en location des logements dont on sait qu’ils sont invivables, notamment en été. Pourquoi ? Parce que le gouvernement n’a pas été capable d’aider suffisamment les propriétaires ces dernières années pour qu’ils fassent des travaux et qu’ils se remettent aux normes. C’est donc un constat d’échec terrible, et je pense que ça montre qu’il est temps de tourner la page de ces politiques », a-t-il tancé.

 

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