Edouard Philippe prononce mercredi sa deuxième déclaration de politique générale, point de départ souhaité d'un "acte II" du quinquennat Macron,...
Philippe passe un deuxième vote de confiance pour lancer « l’acte II » du quinquennat
Edouard Philippe prononce mercredi sa deuxième déclaration de politique générale, point de départ souhaité d'un "acte II" du quinquennat Macron,...
Par Marc PRÉEL
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Edouard Philippe prononce mercredi sa deuxième déclaration de politique générale, point de départ souhaité d'un "acte II" du quinquennat Macron, après plus de sept mois de césure entre "gilets jaunes", grand débat national et élections européennes.
"Pas de réduction de notre ambition économique, une accélération de notre ambition environnementale et de notre préoccupation sociale", voilà le "triptyque" fixé par Emmanuel Macron à son Premier ministre mardi soir, à l'occasion d'un déplacement en Suisse.
"La France a traversé une crise très dure, nous sommes en train de passer d'un monde à l'autre. Une souffrance s'est exprimée, et aussi des excès, je ne les confonds pas. Mais face à cette souffrance je veux remettre de la proximité, de l'humanité", a affirmé le chef de l'Etat à la chaîne helvétique RTS.
Acte II, scène 1? Pour la 27e déclaration de politique générale de la Ve République, Edouard Philippe prendra la parole à 15H00 devant l'hémicycle, avant une intervention de chaque groupe politique, puis une réponse du chef du gouvernement et enfin le vote de confiance de l'Assemblée prévu en début de soirée.
Mesures post-"gilets jaunes" - dont une baisse de cinq milliards de l'impôt sur le revenu - réformes de l'assurance-chômage, des retraites ou encore de la dépendance, projet de loi bioéthique (et son volet PMA pour toutes), réformes des institutions ou encore de l'administration, nouveaux engagements écologiques... Le discours doit détailler les principaux chantiers et préciser le calendrier politique au moins jusqu'aux municipales de mars 2020.
Quand l'exercice avait eu lieu pour la première fois, au lendemain d'un grand discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès, Edouard Philippe sera cette fois seul en scène, le chef de l'Etat ayant finalement renoncé à réunir les parlementaires à Versailles cet été.
Quatrième Premier ministre depuis 1958 à faire deux "DPG" dans le même quinquennat - après Raffarin, Fillon et Valls - le chef du gouvernement n'affronte un risque de démission que purement théorique compte tenu de la prééminence du groupe La République en marche, associé au MoDem (plus de 350 députés sur 577).
- Le vote LR scruté -
Manifestation de "gilets jaunes" à Amiens, le 25 mai 2019
AFP/Archives
Quasi certitude: un peu moins de deux ans après le premier exercice, l'ex-LR ne fera pas mieux. Le 4 juillet 2017, après le triomphe des marcheurs aux législatives, il avait reçu la confiance par 370 voix contre 67, et un nombre record de 129 abstentions. Soit la plus faible opposition sur un vote de politique générale depuis 1958.
Une large majorité de la petite centaine de députés LR - principal groupe d'opposition dont les trois quarts s'étaient abstenus en juillet 2017 - ainsi que l'ensemble de la gauche devraient contre voter mercredi, ont fait savoir les responsables de groupe.
Le résultat sera particulièrement surveillé avec une droite en plein doute après le pire score de son histoire (8,5%) le 26 mai.
Fait rare - et même une première avec un Sénat contrôlé par l'opposition - la déclaration du Premier ministre jeudi matin (9H30) devant les sénateurs sera également suivie d'un vote. Une simple marque de "respect" pour la chambre haute, jure Matignon. Mais qui permet de connaître plus précisément le rapport de force en vue de la réforme constitutionnelle, où le soutien d'une bonne part des sénateurs LR est indispensable.
"S'engager" dans cette révision constitutionnelle sans l'accord du Sénat à majorité de droite "n'aurait pas de sens", a d'ailleurs affirmé mardi Edouard Philippe, ouvrant la porte à un report ou à un abandon d'au moins une partie du texte, qui inclut notamment la réforme du référendum d'initiative partagée. De quoi gagner quelques semaines dans un agenda parlementaire embouteillé.
Quels textes arriveront au Parlement en 2019? Lesquels attendront 2020? Les arbitrages de l'exécutif concernant la réforme des retraites et le projet de loi de bioéthique, qui inclut la PMA pour toutes, seront notamment suivis de près. Avec comme nouvelle date butoir les municipales de mars 2020, avant des départementales et régionales en 2021.
Après le bon score des écologistes aux européennes, Edouard Philippe est également attendu au tournant sur l'environnement. Eurodéputé macroniste nouvellement élu, l'écologiste Pascal Canfin a appelé à des annonces en matière de rénovation énergétique des logements.
Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.
Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.
Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.
A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.