C'est une question centrale dans l'affaire Benalla: pourquoi les autorités n'ont-elles pas saisi la justice, comme l'exige l'article 40 du Code...
Affaire Benalla: qui devait saisir la justice? « Pas moi » dit Collomb, sous les critiques
C'est une question centrale dans l'affaire Benalla: pourquoi les autorités n'ont-elles pas saisi la justice, comme l'exige l'article 40 du Code...
Par Caroline TAIX, Pierre ROCHICCIOLI
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C'est une question centrale dans l'affaire Benalla: pourquoi les autorités n'ont-elles pas saisi la justice, comme l'exige l'article 40 du Code de procédure pénale? Le ministre de l'Intérieur a estimé lundi que ce n'était pas son rôle, ce que nient les syndicats de magistrats, dont l'un déplore l'absence de possibilité de sanction.
Selon cet article 40, "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République". Mais le Code ne prévoit toutefois aucune sanction pénale en cas de manquement à cette obligation.
Cet article a été au coeur de l'audition lundi de Gérard Collomb par la Commission des lois de l'Assemblée nationale: le ministre a été sommé d'expliquer pourquoi il n'a pas saisi la justice après avoir pris connaissance de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla, un proche collaborateur d'Emmanuel Macron, frapper des manifestants le 1er mai à Paris.
Gérard Collomb a raconté avoir été informé le lendemain des faits de l'existence de la vidéo. Mais pour lui, "il n'appartient pas au ministre de l'Intérieur de transmettre au procureur des signalements sur le fondement de l'article 40 à chaque fois qu'il a connaissance de la commission d'une infraction pénale".
Eléments biographiques d'Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron qui a frappé un manifestant lors du 1er-Mai, et a été mis en examen
AFP
"J'ai connaissance quotidiennement de suspicions ou de commissions d'infractions pénales. Ce n'est pas mon rôle de saisir chaque procureur individuellement", a-t-il précisé.
Il a expliqué s'inscrire "dans la lignée de (ses) prédécesseurs qui n'ont pour la plupart utilisé (l'article 40) que pour des délits relatifs à la loi sur la liberté de la presse". Il aurait saisi la justice une seule fois au titre de l'article 40, pour le cas d'un rappeur appelant au meurtre d'un policier.
Dans l'affaire Benalla, il renvoie la balle à d'autres responsables. "Les articles 40, c'est au niveau hiérarchique, c'est à celui qui a le plus connaissance des faits, qu'il appartient de les prendre", a-t-il déclaré.
Le 2 mai, "je m'étais assuré que tant le cabinet du président de la République que le préfet de police avaient été destinataires de l'information. Je pensais que les mesures appropriées avaient été prises. C'était à eux de prendre les sanctions et éventuellement d'informer les autorités judiciaires", a martelé Gérard Collomb.
- Sanction pénale -
La réponse du préfet de police Michel Delpuech n'a pas tardé, devant la même commission: "On renvoie généralement à l'autorité qui a la responsabilité hiérarchique", s'est-il défendu. "A l'heure où je suis informé, il y a pas mal de personnes informées aussi. (...) La liste serait longue, s'il fallait dresser, quelques jours après, le nom des autorités qui auraient pu faire usage de l'article 40".
Gérard Collomb n'a pas convaincu les syndicats de magistrat. "Il aurait pu s'assurer auprès du préfet de police que l'avis au parquet avait effectivement été fait", a réagi auprès de l'AFP Jacky Coulon, secrétaire national de l'USM (Union syndicale des magistrats, majoritaire). "Rien ne l'empêchait de dire au préfet de police: est-ce-que le procureur a été avisé?", ajoute-t-il.
"Le ministre de l'Intérieur est concerné par l'article 40 comme les autres autorités constituées", souligne Vincent Charmoillaux, secrétaire national du SM (Syndicat de la magistrature, gauche). "L'article 40 n'est pas alternatif. Ils avaient tous l'obligation de le dénoncer. On ne peut pas se dire: + Lui va le faire, donc moi je ne le fais pas +", renchérit-il.
Jacky Coulon se félicite que la justice ait "été rapide", après les révélations du Monde, mercredi soir, sur l'identité de l'homme dans la vidéo. Le parquet a pris jeudi l'initiative d'ouvrir une enquête.
L'USM déplore qu'il n'y ait pas de sanction. Pour ce syndicat, "si le fait de ne pas observer l'obligation de saisine de la justice constituait une infraction, cela justifierait ici une enquête pour déterminer qui a omis de faire cette révélation".
Ce syndicat "avait demandé en 2016 que la violation de l'article 40 soit sanctionnée pénalement mais nous n'avions pas été suivis", regrette Jacky Coulon. "Nous estimons aujourd'hui que ce serait l'occasion de le faire, avec une réforme du statut du parquet, pour redonner confiance dans nos institutions".
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
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