Il était déjà candidat depuis la fin août. Mais cette fois, plus de doute. Raphaël Glucksmann a remporté la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour. Avec un score de 66 %, que personne n’a vu venir, il tue le match et ne laisse aucune chance à ses adversaires, Olivier Faure ou Ségolène Royal, qui ramassent les miettes.
« Le candidat de la rupture avec le macronisme »
Prenant la parole ce dimanche soir au Solaris, dans le nord de la capitale, le candidat à la présidentielle du PS, de Place Publique et de la GRS désormais, a la force de la victoire et le sourire des beaux jours. « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel, […] je suis le candidat de la gauche démocratique », a lancé le gagnant de la soirée.
« Je serai dans cette campagne le candidat de la justice sociale et fiscale, de la révolution écologique et de la démocratie », ajoute l’eurodéputé Place Publique, qui entend être « le candidat de la rupture avec le macronisme, le candidat de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française, le candidat qui pourra battre notre ennemi de toujours : l’extrême droite ».
« Nous allons faire une campagne sans mentir »
« Je mesure l’immense responsabilité que cela représente. Ce soir, la bataille de France commence », lance encore le candidat à l’élection présidentielle, qui « appelle les citoyens et citoyennes » à le « rejoindre et à mener campagne ».
Sa « seconde responsabilité, c’est de ne rien dire qu’on ne tiendra pas ensuite. La situation de notre démocratie est trop grave », « nous allons faire une campagne sans mentir ». Et de conclure : « Avec cette primaire, nous avons donné de la force à la gauche. Il s’agit maintenant de redonner de la puissance à la France. Ceci n’est qu’un début ».
« Il n’y aura pas d’accord avec LFI »
Invité ensuite du 20 heures de France 2, Raphaël Glucksmann s’est dit « heureux que (sa) ligne sans compromis soit à ce point majoritaire ». Face aux échanges tendus qui ont émaillé la campagne et les débats de la primaire, le candidat soutient que l’enjeu est maintenant trop important pour risquer de « s’adonner à des petites phrases ou des rancœurs ». Il ajoute : « Je suis aujourd’hui le candidat du Parti socialiste ».
Alors que le rapport à LFI, notamment la question d’éventuels accords d’union de la gauche en vue des législatives, a marqué les échanges avec Olivier Faure, numéro 1 du PS qui ne totalise que 14 % dans la primaire, Raphaël Glucksmann souligne que « la ligne a été tranchée », « la question est réglée. Il y avait un enjeu de ligne. Il n’y aura pas d’accord avec LFI, mais il y aura un accord avec la gauche démocratique et républicaine », soutient le candidat.
« Il y aura un bulletin de vote à mon nom »
Quant à François Hollande, qui a préféré ne pas entrer dans le processus de primaire et opte pour une stratégie du recours à gauche, en l’absence de dynamique, Raphaël Glucksmann lui tend la main : « Je lui dis qu’il est le bienvenu, dans cette dynamique. Il a un titre (de son livre), qui s’appelle « unir ». On va partir au combat unis ».
Mais s’il reste à 11 ou 13 % dans les sondages, sans créer de dynamique, sera-t-il candidat jusqu’au bout ? « Il y aura un bulletin de vote à mon nom. Car nous allons créer une dynamique et vous verrez, vous serez surpris », rétorque le leader de Place Publique. Assurant qu’il va « fendre l’armure » après sa victoire, il termine par ces mots : « Je vais redonner de la force à la gauche et de la puissance à la France et rien ne me fera lâcher ».