Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
Crédit : Jeanne Accorsini/SIPA

Primaire de la gauche : Raphaël Glucksmann plie le match et remporte le scrutin dès le premier tour avec 66 %

Le leader de Place Publique remporte haut la main la primaire de la gauche sociale-démocrate. L’horizon se dégage aujourd’hui pour Raphaël Glucksmann, désigné candidat à la présidentielle du PS, de Place Publique et de la GRS. Raphaël Glucksmann a maintenant la légitimité pour incarner la gauche non-mélenchoniste.
François Vignal

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Fin du match. Il n’y aura pas de second tour pour la primaire de la gauche sociale-démocrate. Raphaël Glucksmann remporte le scrutin dès le premier tour. Favori de la primaire, il réussit son pari et impose sa candidature d’emblée.

Claque pour Olivier Faure, grosse déconvenue pour Ségolène Royal

L’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann totalise 66,17 % des voix, soit près de 80.000 bulletins sur 120.787 votants (89,82 % de participation), suivi du député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, qui ne rassemble que 14,46 %. Une claque pour le patron du PS. Grosse déconvenue aussi pour l’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui ne rassemble qu’un petit 7,62 %, après une campagne où elle a attaqué fort Raphaël Glucksmann.

Le député du Val-d’Oise, Emmanuel Maurel, à la tête de la GRS (Gauche républicaine et socialiste, fusion de l’Après, soit d’anciens membres de l’aile gauche du PS, et des chevènementistes du MRC) et qui avait marqué les débats, réalise 5,92 % des voix. Le député PS de l’Essonne, Jérôme Guedj, termine dernier de la primaire, avec un faible score de 5,83 %.

Un scrutin marqué par une attaque informatique

Un scrutin marqué par une attaque informatique, dès le premier jour, qui a bien failli faire déraper la primaire. Saturé de fausses connexions, le site demeurait inaccessible pour beaucoup d’électeurs.

Une situation de crise, qui a poussé le comité d’organisation de la primaire, présidé par Patrick Mennucci, à prolonger de près de 24 heures la durée du vote, fixé à l’origine à deux jours. Les choses sont finalement rentrées dans l’ordre et les personnes ont pu voter normalement.

Primaire sur mesure pour le candidat de Place Publique

Après trois débats, qui ont replacé le PS et Place Publique au cœur de la campagne présidentielle ces dernières semaines, les candidats ont pu dérouler leurs propositions, sur le fond. Mais la machine de la primaire, source d’antagonisme, a fait son effet, mettant en lumière les points de tension et de divisions, à commencer par le rapport à LFI, ou la question de Gaza. Comme attendu, Ségolène Royal a bousculé la campagne, n’hésitant pas à attaquer Raphaël Glucksmann, avec le risque qu’il en reste des traces, une fois la primaire passée.

Cette primaire sur mesure pour le candidat de Place Publique, avec un prix d’entrée élevé, fixé à 15 euros, a pu permettre de limiter la part d’incertitude du scrutin. Reste qu’au-delà des adhérents de Place Publique, voués à la cause de l’eurodéputé, et de ceux du PS, plus partagés, la primaire a attiré

Une participation qui reste loin des primaires de 2012 et 2017

Le corps électoral final a été rabaissé à 134.467 électeurs, en raison de doublons lors des inscriptions. Même si c’est un succès d’estime, avec un objectif des 100.000 votants dépassés, cela reste beaucoup moins que les 2 millions d’électeurs de la primaire de 2017 pour Benoît Hamon, ou les 2,8 millions de votants, lors de la primaire PS de 2012 qui avait désigné François Hollande candidat. Quelques mois plus tard, il avait remporté la présidentielle.

Ce résultat sans débat aujourd’hui Raphaël Glucksmann n’est en revanche peut-être pas une bonne nouvelle pour l’ancien chef de l’Etat socialiste. François Hollande, qui a voulu avancer hors primaire, espère devenir une voie de recours pour la gauche, d’ici janvier, si le candidat social-démocrate échoue à créer la dynamique. Une stratégie par définition incertaine.

Légitimité pour incarner la gauche non-mélenchoniste

Or avec ce résultat net, Raphaël Glucksmann peut profiter ce dimanche soir d’une vraie légitimité pour incarner la gauche non-mélenchoniste. Il change de statut. Mais face au leader de La France Insoumise, qui caracole en tête des intentions de vote à gauche jusqu’ici, le candidat de la gauche sociale-démocrate devra encore démontrer qu’il peut être la solution, à gauche, et surtout être en mesure d’atteindre le second tour, alors que seulement 80.000 personnes ont voté pour lui dans ce scrutin. Sa victoire à la primaire n’est en réalité qu’une étape, un début. Les sommets – et les précipices – sont encore nombreux sur le chemin de 2017.

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