Gérard Larcher a été reconduit ce jeudi 1er octobre pour un sixième mandat de président du Sénat. Il y avait peu de suspense sur l’issue de cette élection : le sénateur LR des Yvelines, soutenu par la majorité de droite et du centre au Sénat, emporte très largement le « plateau » par 203 voix sur 302 voix exprimées. Face à lui trois challengers, issus des groupes d’opposition de gauche : le socialiste Patrick Kanner (60 voix), la communiste Cécile Cukierman (22 voix) et l’écologiste Mélanie Vogel (17 voix).
Elu depuis 1986, Gérard Larcher occupe la présidence du Sénat sans interruption depuis 2014. Il avait déjà été président entre 2008 et 2011, avant de céder son siège au socialiste Jean-Pierre Bel, lorsque la gauche est brièvement devenue majoritaire au Palais du Luxembourg. À la fin de son mandat, en 2029, Gérard Larcher aura occupé ce poste pendant 18 ans, loin du record de longévité d’Alain Poher, qui a présidé cette institution pendant 24 ans (1968-1992).
« Le président de toutes les sénatrices et de tous les sénateurs »
Tout juste réélu, Gérard Larcher a retrouvé sa place au « plateau ». Il a aussitôt adressé ses félicitations aux sénateurs nouvellement élus – ou réélus – dimanche. « Entrer dans cet hémicycle pour la première fois, en tous les cas j’en ai le souvenir, c’est quand même un moment assez exceptionnel, un peu particulier. »
« Je suis élu à nouveau aujourd’hui président d’une assemblée parlementaire qui est ouverte, diverse, exigeante et respectueuse des sensibilités qui la composent. Je suis dès cet instant le président de toutes les sénatrices et de tous les sénateurs de métropole, des Outre-mer et des collègues qui représentent les Français établis hors de France », a-t-il déclaré.
« La France ne s’est jamais trouvée dans une telle situation depuis le début de la Ve République »
À sept mois de l’élection présidentielle, et à la veille de discussions budgétaires qui s’annoncent particulièrement houleuses cette année, l’élu a dressé un panorama sombre de la situation politique, sociale et économique du pays. « Notre pays doute. Notre société est confrontée à une succession de crises qui a entamé la confiance de nos compatriotes dans leur avenir et dans leurs dirigeants », a-t-il pointé. « La France ne s’est peut-être jamais trouvée dans une telle situation depuis le début de la Ve République. Notre dette est abyssale et nos taux d’intérêt chaque mois plus élevés. Nos comptes sociaux sont dans le rouge, le pouvoir d’achat est en berne et je sens le pays tendu. »
Concernant les défis à venir, le président du Sénat dit vouloir « être attentifs » aux questions liés à l’intelligence artificielle. Sur l’entrée en vigueur du pacte européen sur l’immigration, il a annoncé l’instauration d’un groupe de travail « réunissant notamment la Commission des lois, la Commission des affaires étrangères, la Commission des affaires européennes et la Commission des affaires sociales ».
Dimanche 27 septembre, le Sénat a été renouvelé de moitié. S’engage désormais un processus de renouvellement de ses instances. Après l’élection du président du Sénat, doit suivre la mise en place des groupes politiques et celle des bureaux des différentes commissions et délégations permanentes, les organes en charge du travail préparatoire sur les textes de loi et des missions de contrôle de la Haute assemblée.