« C’est mieux de voir un parti choisir une ligne, et donc s’y tenir. » C’est par ces premiers mots que l’ancien président de la République réagit publiquement ce 12 octobre, à la large victoire la veille de Raphaël Glucksmann à la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique. L’eurodéputé a remporté cette élection interne haut la main, avec plus de 66 % des suffrages exprimés.
« L’union, ça ne peut pas être l’union des seuls socialistes », a toutefois prévenu François Hollande, ce lundi soir, lors du centenaire de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS), organisé à la Maison de la Radio. Avant d’ajouter sur le ton d’humour qui est le sien : « Je les aime beaucoup les socialistes, l’inverse n’est pas toujours vrai – mais il faut élargir à toute la société. C’est ça l’enjeu dans une démocratie comme la nôtre, où les partis ont perdu beaucoup de leur force. Il faut s’adresser aux citoyens, il faut s’adresser à tous ceux qui doutent, c’est ça l’élargissement, c’est ça l’union. Mais la première étape était plutôt bonne. Continuons le combat », a-t-il conclu.
François Hollande, qui a félicité le vainqueur hier par message, a toutefois esquivé la question de savoir s’il le soutiendrait ou s’il ferait par la suite cavalier seul.
« Dans l’état où nous en sommes, il faut appeler à cette union »
Plus tôt, le député de Corrèze – qui cultive toujours le doute quant à ses intentions réelles pour 2027 – avait estimé que la France ne pourrait « s’en tirer » que « par une union plus forte, et au plus haut niveau ». « Dans l’état où nous en sommes, il faut appeler à cette union, sinon ce sont les forces de division qui l’emporteront », a-t-il mis en garde.
Très critique face à l’émergence de la Nupes en 2022, il a finalement été candidat aux législatives en 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire (NFP), considérant que « seul le rassemblement de la gauche peut être un rempart » à l’extrême droite.
Sur la question de la précarité évoquée plus tôt dans l’évènement, l’ancien chef de l’État a par ailleurs indiqué que demain il faudrait « remobiliser la nation autour de l’essentiel, c’est-à-dire la jeunesse », tout en convenant qu’il faudrait « remettre en ordre un certain nombre de nos moyens financiers ». « Je pense que dans une société qui vieillit, il faut faire encore davantage pour la jeunesse, sans pour autant léser les droits des plus anciens. Mais les plus anciens sont convaincus que si un effort peut être demandé – et même s’il n’est pas facile à accepter – c’est pour la jeunesse qu’il est possible de le faire. »