Macron plaide pour l’Europe lundi, coup d’envoi de sa campagne européenne
A neuf mois des élections européennes, Emmanuel Macron plaidera de nouveau lundi, dans son discours aux ambassadeurs, pour une Europe plus...

Macron plaide pour l’Europe lundi, coup d’envoi de sa campagne européenne

A neuf mois des élections européennes, Emmanuel Macron plaidera de nouveau lundi, dans son discours aux ambassadeurs, pour une Europe plus...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU et Valérie LEROUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A neuf mois des élections européennes, Emmanuel Macron plaidera de nouveau lundi, dans son discours aux ambassadeurs, pour une Europe plus intégrée et pour le multilatéralisme, à contre-courant d'une vague mondiale de repli nationaliste.

En présentant, comme chaque année, sa feuille de route diplomatique, le président français rappellera ses objectifs pour le continent : un budget pour la zone euro, une Europe de la défense, une taxation européenne des géants du numérique ou encore une politique commune pour les migrants.

Accueilli comme un sauveur de l'Europe l'an dernier, le président français a vu ses ambitions diluées dans l'inertie d'une union de pays aux intérêts souvent divergents.

Ses grands projets se heurtent aux gouvernements populistes et nationalistes, depuis l'Europe de l'est jusqu'à l'Italie, au refus des riches pays du nord de payer pour les autres, à la concurrence fiscale entre les 28 et à la crainte d'un afflux de migrants, sans oublier les difficiles négociations du Brexit. Même Angela Merkel, l'alliée traditionnelle, a été affaiblie par ses déboires électoraux.

Pour chercher des alliés, le chef de l'Etat repart en mini-tournée européenne, en s'envolant mardi pour trois jours au Danemark et en Finlande. Il aura rendu visite à plus de la moitié de ses homologues européens en un an.

Emmanuel Macron devrait également rappeler lundi ses priorités mondiales : la sécurité, la lutte contre le terrorisme, les "biens publics mondiaux" (climat, éducation, aide au développement...) et, dans une approche plus nationale, l'attractivité de la France et la francophonie.

La popularité d'Emmanuel Macron
La popularité d'Emmanuel Macron
AFP

Mais depuis l'an dernier, "le monde a beaucoup changé avec la montée des nationalismes et la crise du multilatéralisme. Il faut être encore plus dynamique pour s'adapter à ces évolutions", reconnaissent les conseillers de l'Elysée.

Embrassades et accolades n'y ont rien fait : Donald Trump a sabordé le G7 et l'accord sur le nucléaire iranien, déclenché une guerre commerciale mondiale et réclame aux Européens des sommes massives pour maintenir l'Otan.

Au sein même de l'Europe, la Hongrie, la Pologne et maintenant l'Italie mènent une politique eurosceptique et anti-migrants, qui oblige Paris à rechercher un "arc progressiste" pour les contrer.

Cet été, une dizaine d'Etats membres ont dû en urgence se répartir des migrants que Rome refusait. Les discussions sur un mécanisme coordonné pérenne achoppent sur le refus de l'Italie, qui a menacé vendredi de suspendre sa contribution au budget de l'UE.

Conscient que l'opposition veut transformer les élections européennes de mai prochain en "référendum anti-Macron", comme l'a déjà annoncé Jan-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron devra aussi démontrer que ses efforts internationaux bénéficieront directement aux Français. "Il n'y a aucune coupure entre les réformes en France et l'action internationale", selon l'Elysée.

- Mastodonte -

"On est davantage dans des négociations sur les modalités, comme sur le budget de la zone euro, et moins dans la grande avancée" qu'il y a un an, analyse Claire Demesmay, de l'Institut allemand de politique étrangère.

Le président Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel à Bruxelles, le 11 juillet 2018
Le président Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel à Bruxelles, le 11 juillet 2018
POOL/AFP/Archives

"Les grands compromis seront bouclés d'ici la fin 2019. Va-t-il réussir à faire bouger l'Europe ?", s'interroge François Heisbourg, président de l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres. "Il est le seul leader en Europe aujourd'hui. Angela Merkel a des marges de manœuvre limitées et l'Europe ne peut avancer que si la France et l'Allemagne marchent ensemble. Macron ne peut pas être leader tout seul".

L'expert souligne aussi la nécessité pour le président français d'établir un dialogue avec Rome, partenaire indispensable.

Sur les migrants, sur l'Europe qui protège, "Emmanuel Macron a besoin de résultats et pas seulement d'ambitions, pour arriver armé aux élections européennes", renchérit Manuel Lafont-Rapnouil, de l'institut de recherches European Council on Foreign Relations.

"Quand Macron a été élu, tout le monde a cru que la vague populiste allait reculer, qu'avec Merkel il allait former un tandem formidable auquel rien ne résisterait. Personne ne s'attendait à ce que le résultat électoral de Merkel soit si mauvais pour elle. Mais cela fait longtemps que le tandem franco-allemand ne suffit plus à entraîner toute l'Europe".

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le