L’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, avait été la journée la plus meurtrière dans l’histoire du pays : elle a entraîné la mort de 1 221 personnes, dont 51 Français, selon un décompte de l’AFP. Ce jour-là, 251 personnes avaient aussi été enlevées et emmenées à Gaza, 44 d’entre elles étant des corps.
En représailles du 7-Octobre, Israël a lancé une vaste offensive dans la bande de Gaza qui a fait plus de 74 200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
Hommage en Israël
En Israël, à Réïm, sur le site du festival de musique Nova, pris d’assaut lors de l’attaque du Hamas, des proches des victimes se sont réunis pour leur rendre hommage. Des cérémonies sont prévues tout au long de la journée dans plusieurs endroits du pays. La veille, Israël avait ordonné à son armée de renforcer sa vigilance, invoquant des renseignements sur de possibles attaques du Hamas contre ses forces.
Plusieurs personnalités politiques et du gouvernement français se sont déplacées en Israël pour suivre les commémorations, notamment Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères et le candidat du parti LR à la présidentielle, Bruno Retailleau. Sur les lieux, le candidat a déclaré que le Hamas avait « défiguré » et « talibanisé » la cause palestinienne par son attaque et le qualifie de « mouvement terroriste » et non « un mouvement de résistance ».
Des journalistes de l’AFP présents sur le site du festival Nova, près de la frontière, ont entendu ce matin de fortes explosions provenant du territoire palestinien. L’hôpital al-Chifa de la ville de Gaza (nord) a rapporté que deux personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes.
Les Français juifs « ne sont pas responsables des agissements du gouvernement israélien »
Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi a déclaré ce mercredi sur franceinfo, qu’il y a eu une « césure intérieure avec la date du 7 octobre ». De nombreux juifs de France continuent de vivre un « traumatisme », poursuit-til.
En 2025, le ministère de l’Intérieur avait recensé 1 320 actes antisémites en France, soit 53 % de l’ensemble des faits antireligieux : « On aurait pu imaginer qu’après le 7-Octobre, il y ait un élan de sympathie ou d’empathie vis-à-vis des Français juifs. C’est le contraire qui s’est produit », explique Yonathan Arfi. « On a vu des familles qui ont choisi de retirer par exemple la Mézouza, ce petit objet rituel sur la porte pour ne plus être identifiées comme juives. Des gens qui ont changé leur nom sur les applications mobiles, des mères de famille qui conseillent à leurs enfants de taire le fait qu’ils sont juifs… », déplore le président du Crif.
« Les Français juifs n’ont pas à être assignés à un conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres. Ils ne sont pas responsables des agissements du gouvernement israélien », a-t-il ajouté. « Quoi que chacun puisse en penser […] en France, on n’est pas assigné à sa confession, à sa culture, à son origine pour avoir le droit d’être un citoyen comme les autres ».
« Combattre l’antisémitisme et le terrorisme, partout et toujours », déclare Emmanuel Macron
Le président de la République a salué la mémoire des victimes du 7 octobre, en promettant de « combattre l’antisémitisme », « partout et toujours ». « Trois ans que nous partageons la douleur de l’Etat d’Israël et des familles endeuillées. Trois ans plus tard, nous n’oublions ni les noms, ni les visages : ceux de Maya, d’Ohad, de Valentin, et de tant d’autres », a publié Emmanuel Macron sur X. « Combattre l’antisémitisme et le terrorisme, partout et toujours, œuvrer pour la paix et la sécurité de tous : c’est l’engagement de la France », a-t-il ajouté.
La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, s’est elle aussi exprimée sur le réseau social rappelant que « nul n’a oublié ces scènes de barbarie inouïe » et « nul n’oubliera ceux qui en soutenant l’insoutenable, en l’excusant, ou en le relativisant ont franchi le seuil de l’inhumanité ». Il y a une semaine, le site d’investigation Mediapart, a révélé des propos antisémites attribués au président du groupe Jordan Bardella. Interrogé sur ce sujet, Yonathan Arfi a répondu ne pas avoir de doute : « Il y a un terrain sociologique au Rassemblement national parmi ses sympathisants, mais aussi parmi ses cadres où l’antisémitisme reste largement répandu », déclare-t-il sur franceinfo.
Le président du Crif a également pointé la France insoumise, qui ne s’est pour le moment pas exprimée sur le troisième anniversaire du 7 octobre. Il déplore d’avoir fait « de Gaza un slogan électoral » et « d’utiliser la stigmatisation du sionisme et des juifs comme un carburant électoral dans le cadre de leur campagne. C’est irresponsable de la part d’un parti politique de premier plan ».