« Résiduel » c’est le mot utilisé par le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray, ce matin sur France Inter, pour décrire les blocus de lycées lundi matin, jour de la rentrée des vacances de la Toussaint. Selon le ministère, sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce matin, et aucune perturbation n’était à signaler dans 75 % des départements.
« On était ce matin sur quelques lycées perturbés, […] quelques-uns en Ile-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse », a assuré Edouard Geffray.
Dans le centre de Marseille, l’entrée du lycée Montgrand était bloquée lundi matin par plusieurs bennes à ordures empilées devant les grilles.
« On a repris le mouvement parce qu’on nous a soi-disant apporté des réponses, mais qui ne conviennent pas du tout, ce n’est clairement pas suffisant ce n’est pas ce qu’on demande », a indiqué à l’AFP Meriem, 16 ans, juchée sur les bennes.
Sur les quelque 75 établissements scolaires que compte Marseille, lundi matin environ sept sont bloqués d’après des lycéens militants.
A Toulouse, devant le lycée Berthelot, les élèves ont remonté « les installations de blocage », pour empêcher d’accéder à l’établissement. « Ce n’est pas deux annonces du gouvernement qui seront périmées dans quelques mois qui vont arrêter le mouvement », a déclaré à l’AFP Anton, 17 ans. « On demande des choses concrètes plutôt que de la démagogie », a renchéri Camille, 17 ans.
Devant le lycée des Arènes, les élèves toulousains commençaient à affluer pour empêcher l’accès à l’établissement.
Les organisations de jeunesse appellent au blocage malgré les annonces du gouvernement
Les organisations lycéennes et étudiantes ont appelé au blocage en cette rentrée de la Toussaint, pour poursuivre la mobilisation engagée depuis 6 semaines, et ce malgré les mesures annoncées par le gouvernement, la semaine dernière.
Parmi ces annonces, le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15.000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
« Même si ce n’est pas satisfaisant, c’est quand même des vraies choses, ce sont des premières réussites, ça montre que la mobilisation fonctionne », assure le responsable lycéen, qui s’« attend à beaucoup de blocus ».
« La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement », renchérit Coppélia Moreau membre d’Interfac Île-de-France, qui regroupe des étudiants d’assemblées générales d’universités.
Le collectif a prévu une nouvelle manifestation parisienne mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent aussi à participer aux manifestations du jeudi 5 novembre organisées par les syndicats contre la vie chère.
Sébastien Lecornu prêt à recevoir de nouveau les lycéens
Face à la reprise de ce mouvement lycéen, le ministre de l’Education nationale a dénoncé les conséquences néfastes des blocus sur le plan éducatif.
« La priorité absolue… c’est que les élèves puissent aller en cours. Moi, j’ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l’année, qui pour plusieurs centaines de milliers d’entre eux n’ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines […] et pour lesquels, par conséquent, l’année scolaire est maintenant en risque », a prévenu Edouard Geffray.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu estime que cette rentrée « s’est bien passée » et se dit prêt à recevoir de nouveau les lycéens « la semaine prochaine », souligne Matignon.