Municipales à Paris: silencieux, Macron envoie les poids lourds en soutien de Griveaux
Emmanuel Macron se garde d'exprimer directement un soutien à Benjamin Griveaux aux municipales à Paris, face à la candidature...

Municipales à Paris: silencieux, Macron envoie les poids lourds en soutien de Griveaux

Emmanuel Macron se garde d'exprimer directement un soutien à Benjamin Griveaux aux municipales à Paris, face à la candidature...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT, Laurence BENHAMOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron se garde d'exprimer directement un soutien à Benjamin Griveaux aux municipales à Paris, face à la candidature dissidente de Cédric Villani, mais les signaux envoyés par l'entourage du président, entre ralliements et affichages, dissipent de plus en plus le doute.

L'absence de prise de position claire de M. Macron dans la bataille parisienne, entre le candidat officiel de La République en marche Benjamin Griveaux et le député LREM Cédric Villani, suscite des spéculations: et si le chef de l'Etat n'était pas convaincu par l'ancien porte-parole du gouvernement ? Et s'il laissait à dessein le mathématicien développer ses ambitions ?

Interrogé mercredi soir en marge des voeux à la presse, M. Macron a glissé qu'il avait "bien sûr" ses "préférences". "A la fin, j'espère que l'intelligence collective et l'esprit de bienveillance l'emporteront", a-t-il fait valoir, confirmant une posture de surplomb dont il ne se dépare pas.

"Depuis le début, le président s'est bien gardé de trancher entre Griveaux et Villani", résume l'un de ses proches. Un autre embraye: "Je crois que ce n'est pas souhaitable car le président n'est pas un chef de parti. Personne ne comprendrait qu'il le fasse à Paris et pas à Bordeaux, Lyon, etc."

Cependant, selon des sources concordantes, le président enverra bien "un signal" en faveur de M. Griveaux prochainement, peut-être même d'ici à début février.

M. Villani fait son miel de ce flou, encouragé par des sondages pour l'instant peu tranchants. Le médaillé Fields réfute, en qualifiant de "vrai pipeau" toute rumeur de "débranchage" de sa candidature durant les fêtes de fin d'année, rappelant qu'il avait prévenu le président de sa candidature.

Ce qu'un proche de M. Macron confirme: "Il y a eu des coups de fil pour le sonder, qu'il n'a d'ailleurs pas passés lui-même, pour lui demander ses intentions et lui demander s'il était sûr de vouloir y aller, mais sans lui dire d'arrêter".

Un responsable de la majorité convient que M. Macron avait été au départ "un peu darwinien (...) et gardait deux fers au feu". "Il disait aussi: je ne veux pas faire moi-même le travail pour Benjamin Griveaux de débrancher tout le monde car je pense que je ne lui rendrais pas service", poursuit cette même source. Elle ajoute que M. Macron a toutefois fait "évoluer sa position" depuis la "mi-septembre", peu convaincu par la campagne de M. Villani.

"Donc moi je ne jouerai pas trop longtemps la carte du: +en fait le président est derrière moi de façon cachée+", prévient le mathématicien.

- "Indices" -

En attendant un geste présidentiel, la majorité fait bloc autour de M. Griveaux et sème "beaucoup d'indices", d'un appui net du chef de l'Etat, dixit un ministre,

La médiatique secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa se présentera en n°2 dans le XIVe arrondissement, le patron du parti Stanislas Guerini figurera sur la liste du XVIIe, et la secrétaire d'Etat à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher sera candidate dans le XVIe, comme elle l'a annoncé vendredi soir au JDD.

Des discussions sont aussi en cours concernant la candidature dans le XVe de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Quant à Edouard Philippe, il a tressé publiquement des lauriers à M. Griveaux début septembre lors de l'Université de rentrée de LREM avant de s'afficher à Noël avec son ancien porte-parole dans les rues de la capitale.

En coulisses, la macronie historique serre aussi les rangs autour de M. Griveaux, lui-même marcheur de la première heure. Le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie ne manque pas une occasion de soutenir son ami, qui a aussi intégré dans son équipe David Amiel, pilier de la campagne présidentielle et ancien conseiller à l'Elysée.

"Je crois pouvoir dire que les témoignages de personnalités connues de l'entourage du président de la République (...) attestent que le mouvement est rassemblé autour de la candidature et du projet que je porte", observe le candidat LREM.

leb-caz-pol-jmt/jk/swi

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales à Paris: silencieux, Macron envoie les poids lourds en soutien de Griveaux
2min

Politique

HEC Débats – Public Sénat : l'entretien avec Jean-Luc Mélenchon

Candidat pour la quatrième fois à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est l'invité d'HEC Débats ce lundi 5 octobre, en partenariat avec Public Sénat. Programme économique, jeunesse, mobilisation lycéenne, présidentielle 2027 : une rencontre animée par les étudiants, à suivre en direct sur publicsenat.fr et sur YouTube.

Le

PARIS: MEDEF, La REF Numerique 2024
8min

Politique

[Info Public Sénat] Christine Lavarde rapporteure générale du budget, vice-présidences et questeurs : les postes clefs du Sénat dévoilés

La sénatrice LR des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde, remporte le scrutin interne au groupe LR pour le poste de rapporteur du budget. Le premier vice-président LR désigné est Roger Karoutchi, qui a déjà occupé le poste. Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau, remporte l’autre vice-présidence LR. Côté PS, c’est Thierry Cozic qui sera le nouveau président de la commission des finances.

Le

FRANCE – BLOCUS DES LYCEES PARISIENS
7min

Politique

Nouvelle loi « casseurs-payeurs » : un effet d'annonce ou un nouveau régime juridique de responsabilité civile ?

En réponse aux violences et dégradations commises en marge du blocus lycéen, le gouvernement a décidé d'accélérer le calendrier d'examen au Sénat d'un texte visant à décliner le principe « tu casses, tu payes ». Un principe qui s'appliquerait même aux participants à une manifestation qui n'auraient pas commis eux-mêmes les dégradations. Un avis récent du Conseil d'État a encadré juridiquement le projet de loi afin d'éviter une censure du Conseil constitutionnel.

Le

Municipales à Paris: silencieux, Macron envoie les poids lourds en soutien de Griveaux
2min

Politique

Blocage des lycées : « La réponse à la mobilisation lycéenne ne peut pas être uniquement la répression », martèle Éric Coquerel

Invité de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », Éric Coquerel, député La France insoumise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, est revenu sur la mobilisation des lycéens et les blocages qui se poursuivent. Il appelle le gouvernement à privilégier le dialogue plutôt que la répression.

Le