Projet de loi de finances 2027 : « On va construire un château avec des fondations en sable ! » avertit la rapporteure générale du budget au Sénat

La sénatrice Christine Lavarde (LR) considère que le projet de budget 2027 présenté par le gouvernement « repose sur des hypothèses macroéconomiques fausses ». Elle observe aussi que le volume d’efforts proposé ne permet pas encore de stabiliser le niveau de la dette.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) avait déjà ouvert la voie au début du mois. L’institution, chargée d’évaluer le réalisme du cadrage des textes budgétaires, mettait en garde les parlementaires sur le caractère « optimiste » des prévisions gouvernementales, en particulier sur la croissance évaluée à 1 % pour 2027. Ce 14 octobre, l’Institut français de l’économie (ex-OFCE) anticipe désormais une croissance de seulement 0,5 % l’an prochain. Plus tôt, le Fonds monétaire international (FMI) a lui aussi dégradé ses prévisions pour la croissance française, l’abaissant de 0,9 à 0,7 %.

« La construction du budget, pour moi, repose sur des hypothèses macroéconomiques qui sont fausses. Et donc finalement, on va construire un château avec des fondations en sable », s’est alarmée la nouvelle rapporteure de la commission des finances du Sénat. Christine Lavarde (LR) estime de son devoir, dans ses nouvelles responsabilités, de dire la « vérité ».

La sénatrice des Hauts-de-Seine n’a d’ailleurs pas été surprise par le ton de la directrice générale du FMI, qui avertit ce mercredi qu’il « faudra du temps » à la France pour « inspirer confiance » à nouveau aux investisseurs.

Malgré l’effort conséquent inscrit dans les textes budgétaires (17 milliards de recettes nouvelles et 23 milliards d’économies, selon le HCFP), la France ne sera toujours pas en mesure de stabiliser sa dette. « A un moment, s’il n’y a pas aussi des observateurs extérieurs qui envoient des signaux pour faire prendre conscience collectivement qu’aujourd’hui notre pays est quand même au bord du précipice, on risque de continuer à faire un peu n’importe quoi », appuie Christine Lavarde.

« On sait tous qu’aujourd’hui notre pays est sous le feu des prêteurs »

« Avec tout ce quantum d’économies, on a quand même un déficit public qui augmente en volume par rapport à l’exercice 2026. On a une augmentation de l’emploi public. Donc même si les choses peuvent paraître difficiles, en tout cas ça ne permet pas de remettre notre pays sur une trajectoire qui lui permet de commencer à rembourser sa dette et donc de diminuer la pression très lourde des charges d’intérêt », a-t-elle ajouté. D’ici quelques années, la France devrait allouer chaque année 100 milliards d’euros au paiement des seuls intérêts de la dette, les anciens titres de dette étant désormais refinancés au prix fort, avec la flambée des taux d’intérêt.

C’est dans ce contexte budgétaire alarmant que le mouvement lycéen se maintient pour réclamer des moyens nouveaux en matière de nombre de professeurs et de qualité des établissements. « Chaque revendication est légitime, parce que chaque revendication exprime une souffrance », réagit la rapporteure générale. Mais elle souligne que la question aujourd’hui est de savoir si l’argent déjà alloué est le « plus efficace » ou dépensé de façon « efficiente ». « On ne peut pas dépenser davantage, on a 3600 milliards de dettes, on sait tous qu’aujourd’hui notre pays est sous le feu des prêteurs, sous le feu des instances internationales ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Projet de loi de finances 2027 : « On va construire un château avec des fondations en sable ! » avertit la rapporteure générale du budget au Sénat
2min

Politique

Mobilisation lycéenne : Édouard Geffray entend le « vertige » d’une jeunesse inquiète, mais défend Parcoursup

Au lendemain de l’acte V de la mobilisation lycéenne, le sénateur communiste a interpellé le ministre de l’Éducation nationale lors de la reprise des questions au gouvernement, ce mercredi 14 octobre. Édouard Geffray a défendu le bilan de Parcoursup et du remplacement des enseignants, renvoyant aux annonces du Premier ministre « dans les prochains jours ».

Le

Paris: JM Melenchon conference de presse comptes publics
4min

Politique

Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon table sur 106 milliards de recettes supplémentaires et 82 milliards de dépenses nouvelles pour 2027

Lors d’une conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon a présenté un document de travail qui servira d’ossature à un projet de loi de finances rectificative en cas de victoire à la présidentielle. Il prévoit 106,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards de dépenses nouvelles. Le candidat insoumis a aussi promis de consacrer 25 milliards d’euros à la réduction de la dette la première année.

Le