Paris: S. Lecornu reunion chefs de partis suite violences du 17 octobre
Arrivee des representants des partis politiques : Edwige Diaz et Louis Aliot pour le Rassemblement national, Manuel Bompard, Paul Vannier et Manon Aubry pour La France Insoumise, Christophe Bechu pour Horizons, Raphael Glucksmann et Aurore Lalucq pour Place Publique, Olivier Faure, Boris Vallaud et Patrick Kanner pour le parti socialiste, Bruno Retailleau pour Les Republicains, Marine Tondelier et Cyrielle Chatelain pour Les Ecologistes, Stephane Peu et Fabien Roussel du parti communiste, a la reunion du Premier ministre Sebastien Lecornu le jeudi 22 octobre 2026 a Matignon pour evoquer le deroule des violences du samedi 17 octobre 2026, et la securisation des prochaines manifestations et de la campagne presidentielle 2027. Paris, FRANCE - 22/10/2026 Arrival of representatives from the political parties: Edwige Diaz and Louis Aliot for the Rassemblement National, Manuel Bompard, Paul Vannier and Manon Aubry for La France Insoumis, Christophe Bechu for Horizons, Raphael Glucksmann and Aurore Lalucq for Place Publique, Olivier Faure, Boris Vallaud and Patrick Kanner for the Socialist Party, Bruno Retailleau for Les Republicains, Marine Tondelier and Cyrielle Chatelain for Les Ecologistes, Stephane Peu and Fabien Roussel of communist party at French Prime Minister Sebastien Lecornu s meeting on Thursday 22 October 2026 at Matignon to discuss the events surrounding the violence on Saturday 17 October 2026, and security arrangements for upcoming demonstrations and the presidential campaign 2027. Paris, FRANCE - 22/10/2026//HARSIN_REUNIONSLECORNUPARTISPOLITIQUES012/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2610221510

Réunion des partis politiques à Matignon : « De qui se moque-t-on ? On a assisté à une réunion technique » déplore la gauche

Près de trois heures de réunion mais « aucune réponse », selon les partis de gauche. Sébastien Lecornu recevait ce jeudi en début d’après-midi les partis politiques à Matignon et avait promis de la « transparence » sur « le déroulement » de la journée du 17 octobre.
Chiara Carbonnet

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Débutée à 14h30, la réunion ne s’est finie qu’autour de 17h30 ce jeudi. Le Premier ministre recevait les partis, en présence de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ministre de la Justice ainsi que des responsables des services de renseignement et des forces de l’ordre.

« On a été invités pour nous expliquer ce qu’était la politique du maintien de l’ordre »

Le secrétaire national du PCF et candidat à la présidentielle, Fabien Roussel s’est dit « extrêmement déçu » car « depuis des semaines et des mois on alerte le gouvernement qui doit prendre des mesures contre la vie chère, sur le pouvoir d’achat et plus largement sur les lycéens ». Il fustige « une réunion technique » : « On a été invités pour nous expliquer ce qu’était la politique du maintien de l’ordre ».

« On sort de cette réunion très inquiets et en colère », déclarent les Écologistes. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate à l’élection présidentielle a elle aussi déploré « une réunion technique » avec « un power point qui nous expliquait les trois piliers de la doctrine du maintien de l’ordre français » : « De qui se moque-t-on ? », demande-t-elle.

« On ne sort jamais de ce genre de réunion avec des réponses », reconnait la candidate, « mais on en ressort normalement avec des pistes d’analyse, là ce n’était pas le cas ». « J’ai le regret de vous annoncer qu’on ne se comprend plus », déclare-t-elle.

La gauche « responsable »

Premier sorti, Bruno Retailleau, président des Républicains, a visiblement quitté la réunion avant la fin : « Il y a tellement de monde que la réunion va visiblement s’éterniser, et j’ai du travail », a-t-il rapidement déclaré. Le sénateur a toutefois eu le temps d’expliquer à la sortie de Matignon que « les élus LFI ont une responsabilité majeure dans le climat de violence que la France connaît actuellement ».

Il a souhaité rappeler au Premier ministre ce qu’il avait déjà demandé : le déploiement de l’état d’urgence et de « reconsidérer » le calendrier de la présidentielle, dont le second tour tombe le 2 mai. « Si on connaît les mêmes débordements le 1er mai prochain, la veille du second tour, imaginez-vous les Français aller voter le lendemain avec la sérénité nécessaire ? », a-t-il interrogé.

Sorti de la réunion à Matignon où il représentait le parti Horizons, Christophe Béchu déclare être venu pour « rappeler son soutien aux forces de l’ordre qui ont été prises pour cibles ». Il a également évoqué le texte voté par le Sénat en février qui « permettrait d’élargir les pouvoirs des polices municipales », qui se sont retrouvés en « première ligne » dans certaines villes ce week-end. Ce texte attend pour le moment d’être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Enfin, en pointant « LFI et les écolos », il affirme que le « préalable est la condamnation sans retenue de la violence » par les forces politiques, pour « ensuite être capable d’apporter des réponses ».

« On ne peut pas passer à côté des revendications »

Pour sa part, le coordinateur national de La France insoumise Manuel Bompard a fustigé une réunion qui a « fait perdre » du temps au pays en raison, selon lui, du refus du Premier ministre Sébastien Lecornu d’aborder les revendications sociales des manifestants. « On ne peut pas passer à côté des revendications », assure-t-il.

Lors de cette réunion, « à aucun moment le Premier ministre n’est rentré dans le débat précis sur les revendications des jeunes, sur les revendications du pays, sur la colère, sur la souffrance sociale », a dénoncé Manuel Bompard, en pointant une « stratégie qui consiste à perdre du temps ».

Fabien Roussel explique avoir « rappelé au gouvernement qu’il devait traiter les causes de ces mobilisations » mais qu’il n’y a « eu aucune réponse aux urgences sociales du pays ».

« Nous n’avons pas obtenu de réponses claires », assure également le candidat PS-Place Publique à l’élection présidentielle, Raphaël Glucksmann. « Quand on est face à un tel mouvement, il faut répondre aux revendications. Or, on nous a répondu que ce n’était pas le cadre », déplore-t-il en ajoutant qu’il était venu avec « des réponses politiques ».

« Qu’il nous laisse les clés de son ministère », demande le RN à Laurent Nuñez

« Nous avons demandé des garanties de sécurisation pour notre congrès et le Premier ministre nous l’a confirmé à plusieurs reprises », explique la présidente du groupe Rassemblement National-UDR au Sénat. Edwige Diaz appelle alors tous les militants du RN à participer au lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen : « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter », assure-t-elle.

Également présent pour représenter le RN puisque Marine Le Pen et Jordan Bardella ont refusé de participer à l’entrevue, le maire RN de Perpignan Louis Aliot a déclaré que « s’il y a de la casse à Orléans ce week-end, ce sera la responsabilité de la gauche ».

Edwige Diaz a cependant regretté que Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez aient passé « trois heures » à « tenter de minimiser leurs responsabilités » dans les violences en marge des manifestations samedi, affirmant que le ministre de l’Intérieur avait déclaré avoir été « surpris » par ces événements. « Qu’il nous laisse les clés de son ministère beaucoup plus vite que prévu », a lancé la sénatrice RN, aux côtés du maire RN de Perpignan, Louis Aliot.

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