SNCF: l’Assemblée vote très largement la réforme, 4e séquence de grève
A la veille de la reprise de la grève en pointillés à la SNCF, l'Assemblée nationale a adopté très largement, mardi en première lecture, le...

SNCF: l’Assemblée vote très largement la réforme, 4e séquence de grève

A la veille de la reprise de la grève en pointillés à la SNCF, l'Assemblée nationale a adopté très largement, mardi en première lecture, le...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

A la veille de la reprise de la grève en pointillés à la SNCF, l'Assemblée nationale a adopté très largement, mardi en première lecture, le projet de loi de réforme ferroviaire, contesté par la gauche et finalement approuvé par LR après quelques atermoiements.

Après l'adoption par 454 voix contre 80, avec 29 abstentions, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a salué "une étape décisive", récusant tout "passage en force" sur cette réforme que l'exécutif promet de mener "au bout" malgré les mouvements sociaux.

Rail : prévisions de trafic
Prévisions de trafic SNCF pour le mercredi 18 avril
AFP

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire y a vu sur LCI un "signal politique" confirmant que "le clivage droite/gauche est assez largement dépassé lorsqu'il y a des réformes qui sont dans l'intérêt général", et "un message pour tous ceux qui s'opposent aujourd'hui à la transformation de la SNCF."

A la veille du vote, les syndicats avaient dénoncé un passage "en force" avec cette première étape parlementaire. La CGT, première force syndicale à la SNCF, a appelé à un "très haut niveau" de grève mercredi et jeudi, nouvel épisode de mobilisation pendant les vacances scolaires. Selon la direction de la SNCF, le trafic sera très perturbé mercredi avec un TGV sur trois prévu, ainsi que deux TER et Transiliens sur cinq.

Après quelque 24 heures de débats sur le texte, la majorité LREM-MoDem, une large majorité des LR (24 se sont abstenus) mais aussi les élus UDI-Agir ont voté pour, voyant dans la réforme "une chance pour la SNCF".

"Nous aurions eu de nombreux arguments pour ne pas voter ce texte, mais les députés LR ne sont jamais en posture politicienne et ils n'ont pour boussole que l'intérêt de la France", a affirmé Jean-Marie Sermier (LR). "Sur la méthode, le gouvernement a tout faux: les syndicats sont braqués, la grève est massive, la population est prise en otage", a-t-il dénoncé.

La gare de Lyon à l'arrêt, à Paris le 3 avril 2018
La gare de Lyon à l'arrêt, à Paris le 3 avril 2018
AFP/Archives

Les députés du principal groupe d'opposition, favorable à l'ouverture à la concurrence, avaient un temps réservé leur vote entre abstention et pour. Ils ont joué les équilibristes sur ce texte, dénonçant plus la forme, notamment le recours aux ordonnances, que le fond. En phase avec l'offensive du parti, sur la ruralité notamment, ils ont aussi martelé leurs inquiétudes sur l'avenir des "petites lignes", récusées par la ministre.

Mais "quand une réforme, même largement insuffisante va dans le bon sens, on la vote dans l'intérêt du pays", a indiqué à l'AFP le vice-président du groupe Damien Abad, assurant que le président de LR, Laurent Wauquiez, avait "beaucoup poussé en ce sens".

"Sur ce sujet, comme sur la loi Travail où on est plutôt en phase, on ne va pas se boucher le nez", a renchéri un député LR.

Avec ce vote de toute la droite, a tweeté le patron du PS Olivier Faure, "une fois de plus montre sa cohérence. Ce qu’il aurait fait avec ou , il le fait avec ".

- "Se battre pied à pied" -

La ministre des Transports Elisabeth Borne sourit après l'adoption par les députés du projet de loi de réforme de la SNCF, à l'Assemblée nationale, le 17 avril 2018
La ministre des Transports Elisabeth Borne sourit après l'adoption par les députés du projet de loi de réforme de la SNCF, à l'Assemblée nationale, le 17 avril 2018
AFP

La gauche a jusqu'au bout combattu, à l'unisson des syndicats, notamment une "agression de classe" avec la suppression du statut des cheminots pour les nouveaux embauchés (PCF) ou une "présomption de privatisation" (PS).

La semaine dernière dans l'hémicycle, Insoumis et communistes avaient accusé le gouvernement de vouloir "scalper" les cheminots, et récusé tout effet positif de l'ouverture à la concurrence, présentée par Élisabeth Borne comme un "aiguillon stimulant".

Les communistes veulent se "battre pied à pied" pour que la loi "soit retirée", a affirmé mardi l'un des porte-parole, Pierre Dharéville, affirmant que "la colère continue de s'exprimer fortement".

A l'appel de SUD-Rail, une centaine de cheminots, rejoints par des étudiants, s'est notamment rassemblée en début d'après-midi devant le ministère des Transports, où de nouvelles réunions bilatérales sont prévues.

Si le ministère "continue à discuter" avec les syndicats, de l'huile a alimenté lundi le feu de la contestation. La SNCF a annoncé son intention de filialiser sa branche de fret ferroviaire, Fret SNCF, lourdement endettée, "nouvelle provocation" pour la CGT.

La confirmation par Emmanuel Macron dimanche d'une reprise progressive d'une partie de la dette de la SNCF par l'État à partir du 1er janvier 2020 n'a pas non plus convaincu les syndicats, vu qu'il n'y a "aucun engagement ferme", message convergent à gauche. Cette dette a été l'Arlésienne des débats à l'Assemblée.

Le texte ne sera pas examiné par le Sénat avant le 29 mai. Le ministère espère un vote définitif "au plus tard début juillet".

Partager cet article

Dans la même thématique

SNCF: l’Assemblée vote très largement la réforme, 4e séquence de grève
3min

Politique

« À l’EHPAD ! » : pour Xavier Bertrand, le candidat à droite qui « fera élire l'un des deux extrêmes aura intérêt à essayer la chirurgie esthétique ou l’exil »

Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.

Le

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

SNCF: l’Assemblée vote très largement la réforme, 4e séquence de grève
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le