FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
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Violences du 17 octobre : Sébastien Lecornu accuse LFI de porter « une atteinte très grave à l’État de droit »

Lors des questions au gouvernement, le sénateur Claude Malhuret a livré une charge virulente contre Jean-Luc Mélenchon et sa stratégie politique, qu’il accuse de « tout conflictualiser » pour favoriser une confrontation entre les deux extrêmes à la présidentielle. Le Premier ministre lui a répondu pour partager son constat sur la menace de l’ultragauche, qu’il accuse de porter atteinte à l’indépendance de la justice et aux institutions.
Emma Bador-Fritche

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« Chaque vitrine cassée, chaque abribus qui brûle pousse un peu plus de Français dans les bras du Rassemblement national et lui offre un boulevard pour se présenter comme le parti de l’ordre. » Quelques jours après les émeutes et les pillages du 17 octobre, les violences et leurs répercussions politiques ont dominé les questions au gouvernement au Sénat, à la veille d’un nouvel « acte II » annoncé pour le samedi 24.

Claude Malhuret a commencé par reconnaître « l’immense inquiétude » des lycéens, de leurs professeurs et des milliers de manifestants pacifiques. Mais leurs revendications, a-t-il martelé, ont été « volées » par La France insoumise, qui aurait mobilisé l’ultragauche, les black block et « les racailles » pour provoquer « la pire nuit d’émeutes que la France a connue depuis longtemps ». Derrière ces désordres, le sénateur voit une méthode : de la manifestation à l’émeute, de l’émeute à l’insurrection, de l’insurrection à la guerre civile. Il la rattache au livre de Jean-Luc Mélenchon paru en 1991, À la conquête du chaos, et à son nouveau mot d’ordre, « tout conflictualiser ». Il a ensuite renvoyé dos à dos les « deux extrêmes », « mâchoires d’un même étau » qui se combattent « pour mieux se faire élire ». Leur refrain, « on ne nous a pas essayés » ou « ça ne peut pas être pire », le XXᵉ siècle l’a démenti, a-t-il rappelé : chaque fois que ces idéologies ont saisi le pouvoir, le pire est advenu.

Son avertissement vise l’élection présidentielle : « Le 17 octobre n’était qu’une répétition générale. L’objectif est de continuer, jusqu’à ce que les deux extrêmes se retrouvent face à face au second tour. Et lorsque l’un d’eux aura gagné, l’autre aura trouvé le prétexte pour finir d’enflammer le pays. » Un scénario que plusieurs sondages rendent plausible, en opposant la candidate du RN au candidat de LFI. Claude Malhuret a enfin sommé sa propre famille politique de se ressaisir. Pendant que les extrêmes progressent, « les démocrates de droite et de gauche s’épuisent dans leurs rivalités ». Il est « plus que temps […] de trancher » : « En février, il sera trop tard. Beaucoup trop tard. »

« Il est temps que chacun choisisse son camp »

Sur les bancs du gouvernement, Sébastien Lecornu ne cherche pas à démentir le constat. À ses yeux, ce qui s’est joué le 17 octobre dépasse de loin les simples débordements. Le parquet national antiterroriste s’est saisi du dossier, rappelle le Premier ministre, et un premier suspect, fiché S et proche de l’ultragauche radicale, a été interpellé dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges. « Il faut ne pas vouloir le voir et manquer de lucidité sur les méthodes nouvelles qui sont employées », insiste-t-il, dénonçant « un agenda de déstabilisation mené par l’extrême gauche radicale », qui chercherait à « polluer l’élection présidentielle ».

Le chef du gouvernement élargit alors le propos et s’empare des trois polémiques de la veille. La première vient de Mediapart : selon le témoignage d’un membre du renseignement territorial, les services du ministère de l’Intérieur auraient reçu des consignes visant LFI. « C’est faux », martèle Sébastien Lecornu, qui refuse que « la police de la République » fasse du renseignement politique.

Reste la question de la justice. Le Premier ministre fustige les attaques de responsables insoumis contre l’autorité judiciaire, après les procédures visant les députés LFI Raphaël Arnault et Rima Hassan. Il s’en prend en particulier à Jean-Luc Mélenchon, accusé d’avoir mis en cause l’indépendance du parquet : sur X, le leader insoumis avait attribué à un ordre du gouvernement les réquisitions du parquet de Paris contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme. Une remise en cause de l’institution judiciaire que Sébastien Lecornu juge constitutive d’« une atteinte très grave à l’État de droit », dont la défense « ne se fait pas à la carte ». Et le Premier ministre de pointer un parallèle : « Lorsque le leader de la France insoumise s’en prend à l’autorité judiciaire, s’en prend à la magistrature, c’est aussi grave que lorsque l’extrême droite le faisait. »

Il referme son intervention sur un appel à la mobilisation contre la violence et les extrêmes, un « combat culturel, un combat politique » face à « une banalisation qui est en train de s’installer ». Puis, en guise d’avertissement : « Je l’ai dit dès samedi soir, il est temps que chacun choisisse son camp. »

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