En avril dernier, l’eurodéputée LFI Rima Hassan, connue pour ses positions hostiles au gouvernement d’Israel, avait été placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour apologie du terrorisme. Les faits incriminés visaient une publication sur le compte X de Rima Hassan du 26 mars dernier, supprimée dans la foulée. L’eurodéputée faisait référence à Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l’aéroport de Tel-Aviv, qui avait tué 26 personnes dont un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.
L’avocat de Rima Hassan dénonce un « scandale d’Etat »
Sortie libre dans la soirée, un rebondissement s’était ajouté à cette affaire. Lors de la fouille du sac de la parlementaire, il aurait été découvert « la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, NDLR). L’information était sortie dans plusieurs médias. Mais l’enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants sera classée sans suite quelques jours plus tard après analyse des deux contenants retrouvés.
Me Vincent Brengarth, l’avocat de Rima Hassan annonce avoir porté plainte contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez devant la Cour de Justice de la République, habilitée à se pencher sur les ministres en exercice pour « violation du secret de l’enquête ». La plainte vise aussi le « recel d’information couverte par le secret de l’enquête ».
S’appuyant sur l’émission de France Télévisions Complément d’enquête diffusée jeudi soir, Vincent Brengarth, dénonce un « scandale d’Etat » et accuse Laurent Nuñez d’avoir « participé à donner force et crédit à des informations non conformes à la réalité, qui ont discrédité Rima Hassan et porté atteinte à sa réputation ».
Selon l’émission, diffusée jeudi soir sur France 2, le ministre de l’Intérieur « en personne a en partie contribué à la diffusion » d’une « fausse information ». Ce jour-là, le ministre dit avoir participé à un « off » par des journalistes dans un train reliant Bordeaux à Paris. L’un des journalistes interrogés par l’émission et cités dans un article de franceinfo indique que Laurent Nuñez aurait dit durant ce « off » : « Il se peut que ce soit exact », évoquant « un truc de synthèse » pour le premier produit et « un dérivé de la cocaïne » pour le second, ajoutant « qu’il ne s’y connaît pas trop ».
« On m’interroge, c’est tout », se défend Laurent Nuñez
Auditionné par la commission spéciale sur la loi intégrale sur les violences sexuelles jeudi matin, Laurent Nuñez s’est défendu d’avoir organisé des fuites. « On m’interroge, c’est tout, sur des informations qui sont déjà dans la presse depuis le milieu de la journée. On est (alors) en fin d’après-midi », a-t-il relevé. « Et dans cette conversation, j’incite à la prudence », a-t-il assuré.
Sollicité jeudi par l’AFP, le parquet a précisé que l’enquête préliminaire ouverte en avril pour « violation du secret de l’enquête », et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite des « nombreuses fuites parues dans la presse » sur la garde à vue, était « toujours en cours ».