Après « l’acte VIII », « gilets jaunes » et gouvernement de nouveau face à face
Quelles suites à "l'acte VIII"? Au lendemain d'une journée de mobilisation émaillée de heurts, des femmes "gilets jaunes" ont repris dimanche le...

Après « l’acte VIII », « gilets jaunes » et gouvernement de nouveau face à face

Quelles suites à "l'acte VIII"? Au lendemain d'une journée de mobilisation émaillée de heurts, des femmes "gilets jaunes" ont repris dimanche le...
Public Sénat

Par Guillaume DECAMME et Katell PRIGENT avec les bureaux de l'AFP en régions

Temps de lecture :

1 min

Publié le

Mis à jour le

Quelles suites à "l'acte VIII"? Au lendemain d'une journée de mobilisation émaillée de heurts, des femmes "gilets jaunes" ont repris dimanche le flambeau d'une contestation qui s'enracine face à un gouvernement tenté de durcir la répression.

A Paris, Toulouse, Saint-Etienne ou Rennes, des centaines de femmes, parfois coiffées d'un bonnet phrygien, ont défilé en ciblant le chef de l'Etat --"Macron t'es foutu, les gonzesses sont dans la rue"-- et avec l'espoir de donner une image plus pacifique du mouvement qui fait vaciller l'exécutif depuis un mois et demi.

"Le gouvernement veut nous faire passer pour des casseurs, mais aujourd'hui nous sommes des mères, des grands-mères, nous sommes les filles, les sœurs de tous les citoyens", a déclaré à Caen Chloé Tessier, professeure d'équitation, après les heurts de la veille.

Près de 50.000 personnes ont manifesté samedi à travers la France, un succès comptable pour les "gilets jaunes" après une série de mobilisations en demi-teinte.

Heurts entre forces de l'ordre et manifestants lors de
Heurts entre forces de l'ordre et manifestants lors de "l'acte VIII" des manifestations des "gilets jaunes" à Paris, le 5 janvier 2019
AFP

Ça "donnait une impression de 17 novembre", s'est félicitée une des figures du mouvement, Eric Drouet, en référence à "l'acte I" qui avait réuni 282.000 personnes, selon les autorités.

Mais les incidents parfois violents qui ont éclaté à Paris, Bordeaux ou Toulouse ont quelque peu éclipsé le message d'un mouvement qui ciblait initialement le prix des carburants avant de porter des revendications plus larges comme le référendum d’initiative citoyenne (RIC).

A Paris, l'entrée du ministère du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a été défoncée par un engin de chantier et à Rennes, un petit groupe de "gilets jaunes" a cassé une porte d'accès à la mairie.

A Dijon, une caserne de gendarmerie a été dégradée et deux gendarmes blessés, dont l'un a reçu un coup de barre de fer au visage, selon la gendarmerie.

Deux gendarmes violemment pris à partie sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor qui enjambe la Seine à Paris ont par ailleurs porté plainte, selon la même source.

Des femmes
Des femmes "gilets jaunes" face aux gendarmes le 6 janvier 2019 lors de leur rassemblement à Paris
AFP

Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, l'un d'eux est à terre, molesté par un homme portant un manteau et un bonnet noir. Dans une autre vidéo, on voit un homme également habillé en noir attaquer, tel un boxeur professionnel, un gendarme derrière son bouclier.

Le premier gendarme s'est vu prescrire 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT), le second deux jours.

Une enquête a été ouverte pour retrouver l'auteur de l'agression, qui serait un ancien boxeur professionnel selon le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).

Au total, selon le parquet, 35 personnes ont été placées en garde à vue à Paris après cet "acte VIII".

De son côté, le préfet du Var a saisi l'IGPN, la "police des polices", après la diffusion d'une vidéo montrant un commandant de police frappant des manifestants samedi à Toulon. Le procureur de Toulon avait auparavant indiqué qu'il n'ouvrirait pas de procédure contre le fonctionnaire, assurant à l'AFP qu'il avait "agi proportionnellement à la menace".

Le mouvement des
Chronologie du mouvement social des "gilets jaunes" en France depuis novembre 2018
AFP

Dans la nuit de samedi à dimanche, le péage autoroutier d'Agde a par ailleurs été de nouveau pris pour cible et la députée de Vendée LREM Modem Patricia Gallerneau a dénoncé dimanche sur Facebook le "murage" de son garage par des "gilets jaunes".

- "+Ça suffit+"-

Manifestation de
Manifestation de "gilets jaunes" le 5 janvier 2019 au Mans
AFP

Le gouvernement, qui avait dénoncé vendredi un mouvement aux mains "d'agitateurs", a de nouveau appelé dimanche à la fin des violences, déjà condamnées samedi par Emmanuel Macron.

"Je souhaite que tous ceux qui croient à la démocratie, à la représentation souveraine du peuple français, se rassemblent et disent +ça suffit+", a déclaré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, ajoutant que cette crise "coûtait cher à l'économie française".

Le gouvernement et la majorité s'en sont également pris à l'attitude "irresponsable" d'une partie de l'opposition, en particulier de Jean-Luc Mélenchon.

Commentant les violences, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a appelé à "arrêter d'être naïfs" face à "des gens qui veulent renverser la démocratie".

Le syndicat de police Alliance a de son côté réitéré dimanche sa demande de création d'"un fichier" de manifestants violents.

Le gouvernement n'a pas fermé la porte à une évolution, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez évoquant un possible "durcissement de la législation pénale".

burs-gde/jt/cbn

Partager cet article

Dans la même thématique

Après « l’acte VIII », « gilets jaunes » et gouvernement de nouveau face à face
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Après « l’acte VIII », « gilets jaunes » et gouvernement de nouveau face à face
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le