Quelles suites à "l'acte VIII"? Au lendemain d'une journée de mobilisation émaillée de heurts, des femmes "gilets jaunes" ont repris dimanche le flambeau d'une contestation qui s'enracine face à un gouvernement tenté de durcir la répression.
A Paris, Toulouse, Saint-Etienne ou Rennes, des centaines de femmes, parfois coiffées d'un bonnet phrygien, ont défilé en ciblant le chef de l'Etat --"Macron t'es foutu, les gonzesses sont dans la rue"-- et avec l'espoir de donner une image plus pacifique du mouvement qui fait vaciller l'exécutif depuis un mois et demi.
"Le gouvernement veut nous faire passer pour des casseurs, mais aujourd'hui nous sommes des mères, des grands-mères, nous sommes les filles, les sœurs de tous les citoyens", a déclaré à Caen Chloé Tessier, professeure d'équitation, après les heurts de la veille.
Près de 50.000 personnes ont manifesté samedi à travers la France, un succès comptable pour les "gilets jaunes" après une série de mobilisations en demi-teinte.
Heurts entre forces de l'ordre et manifestants lors de "l'acte VIII" des manifestations des "gilets jaunes" à Paris, le 5 janvier 2019
AFP
Ça "donnait une impression de 17 novembre", s'est félicitée une des figures du mouvement, Eric Drouet, en référence à "l'acte I" qui avait réuni 282.000 personnes, selon les autorités.
Mais les incidents parfois violents qui ont éclaté à Paris, Bordeaux ou Toulouse ont quelque peu éclipsé le message d'un mouvement qui ciblait initialement le prix des carburants avant de porter des revendications plus larges comme le référendum d’initiative citoyenne (RIC).
A Paris, l'entrée du ministère du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a été défoncée par un engin de chantier et à Rennes, un petit groupe de "gilets jaunes" a cassé une porte d'accès à la mairie.
A Dijon, une caserne de gendarmerie a été dégradée et deux gendarmes blessés, dont l'un a reçu un coup de barre de fer au visage, selon la gendarmerie.
Deux gendarmes violemment pris à partie sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor qui enjambe la Seine à Paris ont par ailleurs porté plainte, selon la même source.
Des femmes "gilets jaunes" face aux gendarmes le 6 janvier 2019 lors de leur rassemblement à Paris
AFP
Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, l'un d'eux est à terre, molesté par un homme portant un manteau et un bonnet noir. Dans une autre vidéo, on voit un homme également habillé en noir attaquer, tel un boxeur professionnel, un gendarme derrière son bouclier.
Le premier gendarme s'est vu prescrire 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT), le second deux jours.
Une enquête a été ouverte pour retrouver l'auteur de l'agression, qui serait un ancien boxeur professionnel selon le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).
Au total, selon le parquet, 35 personnes ont été placées en garde à vue à Paris après cet "acte VIII".
De son côté, le préfet du Var a saisi l'IGPN, la "police des polices", après la diffusion d'une vidéo montrant un commandant de police frappant des manifestants samedi à Toulon. Le procureur de Toulon avait auparavant indiqué qu'il n'ouvrirait pas de procédure contre le fonctionnaire, assurant à l'AFP qu'il avait "agi proportionnellement à la menace".
Chronologie du mouvement social des "gilets jaunes" en France depuis novembre 2018
AFP
Dans la nuit de samedi à dimanche, le péage autoroutier d'Agde a par ailleurs été de nouveau pris pour cible et la députée de Vendée LREM Modem Patricia Gallerneau a dénoncé dimanche sur Facebook le "murage" de son garage par des "gilets jaunes".
- "+Ça suffit+"-
Manifestation de "gilets jaunes" le 5 janvier 2019 au Mans
AFP
Le gouvernement, qui avait dénoncé vendredi un mouvement aux mains "d'agitateurs", a de nouveau appelé dimanche à la fin des violences, déjà condamnées samedi par Emmanuel Macron.
"Je souhaite que tous ceux qui croient à la démocratie, à la représentation souveraine du peuple français, se rassemblent et disent +ça suffit+", a déclaré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, ajoutant que cette crise "coûtait cher à l'économie française".
Le gouvernement et la majorité s'en sont également pris à l'attitude "irresponsable" d'une partie de l'opposition, en particulier de Jean-Luc Mélenchon.
Commentant les violences, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a appelé à "arrêter d'être naïfs" face à "des gens qui veulent renverser la démocratie".
Le syndicat de police Alliance a de son côté réitéré dimanche sa demande de création d'"un fichier" de manifestants violents.
Le gouvernement n'a pas fermé la porte à une évolution, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez évoquant un possible "durcissement de la législation pénale".
Après un été caniculaire en France, la question de l’adaptation de la ville au réchauffement climatique se pose avec urgence particulière. Comment rendre la ville plus respirable et plus vivable ? Comment adapter le bâti ? Faut-il tout détruire pour reconstruire ? Comment végétaliser nos rues et nos bâtiments afin de faire baisser les températures ? Marie Drucker et ses invités imaginent la ville du futur dans Agenda 2050, l’émission qui se projette dans le monde de demain.
Vous avez regardé l’émission « Agenda 2050 : Villes du futur : enfer ou paradis ?», présentée par Marie Drucker ? Retrouvez l’ensemble des sources sur lesquelles nous nous sommes appuyés pour réaliser cette émission consacrée au visage de la ville d'aujourd'hui et aux adaptations de l'espace à l'horizon 2050.
Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.
L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.