Européennes: malgré des vents favorables, calme plat pour EELV
Si la campagne des Européennes a mis à l'honneur l'écologie, à l'heure des "marches Climat" et du déclin massif de la...

Européennes: malgré des vents favorables, calme plat pour EELV

Si la campagne des Européennes a mis à l'honneur l'écologie, à l'heure des "marches Climat" et du déclin massif de la...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Si la campagne des Européennes a mis à l'honneur l'écologie, à l'heure des "marches Climat" et du déclin massif de la biodiversité, EELV ne semble pas devoir en profiter dimanche, ce qui conduit ses dirigeants à réfléchir à la création d'un nouvel outil politique.

Depuis des mois, la tête de liste EELV Yannick Jadot recueille autour de 8 % des intentions de vote dans les sondages, sans parvenir à décoller, contrairement aux Verts allemands qui, crédités de 19%, pourraient terminer deuxièmes du scrutin de l'autre côté du Rhin.

C'est grosso modo le score que les écologistes avaient obtenu en 2014 (8,9%), mais bien moins qu'en 2009 (16,3), où les listes Europe Ecologie avaient remporté un franc succès sous la houlette de Daniel Cohn-Bendit, et avec une pléiade de "candidats d'ouverture": José Bové, Eva Joly.

Interviewé par Sud Radio, M. Jadot s'est dit convaincu le 14 mai d'atteindre "12% ou plus". "On a commencé cette campagne vraiment en slip (après l'effacement de la candidature EELV à la présidentielle, et un très mauvais score aux législatives, NDLR), on fait partie des gros désormais, c'est positif", relativise par avance le secrétaire national d'EELV, David Cormand.

La liste EELV doit il est vrai affronter une forte concurrence sur son terrain, alors que la France insoumise, Générations, la liste PS-Place publique et la République en Marche ont fait de l'écologie un axe majeur de leurs campagnes.

En réponse, Yannick Jadot a martelé ces dernières semaines la "cohérence" des écologistes, face au supposé "double discours" de ses adversaires.

"On n'a pas attendu les élections pour être dans les marches pour le climat, pour agir pour le climat. Je n'ai aucun souci avec l'opportunisme électoral mais il faudrait à un moment donné que ça se traduise en actes", a-t-il rétorqué vendredi, alors qu'il participait avec de nombreux militants et élus à la marche pour le climat à Paris.

- Hulot, cryptique -

Deux éminentes figures du parti, l'ancien secrétaire national Pascal Durand et l'ancien secrétaire d'Etat Pascal Canfin, ont rejoint la liste LREM, des ralliements qui à la fois mettent en exergue la faible capacité d'attraction d'EELV, et alimentent une petite musique sur la "macron-compatibilité" supposée de ses dirigeants. "Si Pascal Durand s'en va, c'est à cause de notre propre faiblesse", reconnaît un cadre de la campagne.

Sur France Inter le 13 mai, M. Cohn-Bendit avait comparé EELV à "une secte". "Yannick Jadot mène sa liste en tapant tous les jours à droite et à gauche, sur tout le monde, ce n’est pas ce que j’espère d’une liste écologique qui s’ouvre", a-t-il taclé.

Interrogé vendredi sur son vote, l'ancien ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot a refusé de dire pour qui il voterait, même s'il a donné des indices qui pourrait concorder avec la candidature de M. Jadot.

Nicolas Hulot vote "pour nous", assure l'entourage de M. Jadot. Mais il ne l'a pas dit, ne souhaitant pas "divise(r)" et "réduire l'enjeu écologique à un enjeu partisan".

Autre boulet au pied d'EELV, la chronique incessante de l'union manquée à gauche, selon M. Cormand: "on a été embolisé depuis un an par des débats sur la tactique électorale. Même si on a essayé de s'extraire du bocal d'escargots, on est en cesse renvoyés à ça", déplore-t-il. Après l'échec de l'union avec Benoît Hamon, dont M. Jadot ne voulait pas, les écologistes ont décidé de faire cavalier seul, écartant avec vigueur les appels au rapprochement lancés par Ségolène Royal ou Raphaël Glucksmann.

Reste que "les gens à gauche ont à la fois l'envie d'envoyer un signal écolo, mais sont aussi frustrés par le manque d'unité", reconnaît M. Cormand.

Pour le patron d'EELV, dès le 27 mai doit s'ouvrir un "nouveau cycle", avec la construction d'une "nouvelle force politique dont l'écologie soit le centre de gravité". EELV tiendra "à l'automne" un Congrès qui pourrait être un Congrès refondateur, "si les militants le veulent", dit-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le