Le préfet de police de Paris privé de drones par le Conseil d’Etat
Le Conseil d’État a interdit l’utilisation des drones lors de manifestations, tant qu’un texte n’encadrera pas leur utilisation, ce que prévoit l’article 22 de la loi dite « sécurité globale », voté à l’Assemblée nationale et actuellement entre les mains du Sénat. Pour le sénateur Jérôme Durain, « nous devrons nous pencher très sérieusement » sur cet article controversé qui pourrait porter atteinte aux libertés publiques.

Le préfet de police de Paris privé de drones par le Conseil d’Etat

Le Conseil d’État a interdit l’utilisation des drones lors de manifestations, tant qu’un texte n’encadrera pas leur utilisation, ce que prévoit l’article 22 de la loi dite « sécurité globale », voté à l’Assemblée nationale et actuellement entre les mains du Sénat. Pour le sénateur Jérôme Durain, « nous devrons nous pencher très sérieusement » sur cet article controversé qui pourrait porter atteinte aux libertés publiques.
Public Sénat

Par Michael Pauron

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Suite à sa saisie par la Quadrature du net, le Conseil d’État a interdit mardi 22 décembre l’usage de drones pour surveiller les manifestations sur la voie publique à Paris.

L’association de défense des libertés publiques révélait fin octobre que « la police nationale et la gendarmerie utilisent de manière systématique les drones pour surveiller les manifestations ». Le journal Mediapart avait de son côté documenté cette utilisation.

Didier Lallemand rappelé à l’ordre

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, « doit cesser, sans délai, de procéder aux mesures de surveillance par drone des rassemblements de personnes sur la voie publique », a ainsi décidé la plus haute juridiction administrative.

Déjà en mai, le Conseil d’État avait interdit l’usage de drones pour surveiller la capitale durant le déconfinement.

Un pan de la loi « sécurité globale »

Pour lui, une surveillance policière par drone ne pourrait être envisagée « sans l’intervention préalable d’un texte » qui l’autorise et en fixe les modalités d’utilisation.

L’article 22 de la loi sur la « sécurité globale » qui vient d’être adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale prévoit notamment d’encadrer l’usage des drones par les forces de l’ordre. Le texte est actuellement entre les mains du Sénat, et devrait être présenté devant la Haute Assemblée en mars.

« Il faut des règles »

Le sénateur LR Marc-Philippe Daubresse, vice-président de la commission des lois, estime que « les drones sont utiles dans de nombreux cas. Mais la préservation des libertés nécessite des règles, comme c’est le cas avec les caméras dans nos villes. »

« La décision satisfait les défenseurs des libertés mais elle ne dit pas tout », réagit de son côté le socialiste Jérôme Durain, également vice-président de la commission des lois.

L’avis de la Cnil rendu fin janvier

Pour lui, « le Sénat devra se pencher sérieusement sur l’article 22, qui a été un peu occulté par le débat autour de l’article 24 » sur la diffusion malveillante d’images des forces de l’ordre.

« Nous avons saisi la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] qui, à notre avis, est l’institution la mieux qualifiée pour évaluer le respect des libertés publiques dans le cadre de la prise d’image. Elle rendra son avis fin janvier », poursuit Marc-Philippe Daubresse.

Captation d’images sans consentement

Il rappelle cependant que « nous ne sommes pas opposés à l’utilisation des drones, mais il faut trouver un équilibre entre le respect des libertés et la sécurité des citoyens ».

« Dans l’état actuel des choses il n’y a pas de législation, la décision du Conseil d’État est donc compréhensible, ajoute-t-il, mais toute la sphère extrême de la gauche a tort, les drones ont des avantages. »

« L’un des problèmes est la captation d’images sans consentement, hors c’est bien souvent le cas avec les drones, conclut Jérôme Durain. L’utilisation de ces images, avec toutes les technologies qui y sont liées, comme la reconnaissance faciale, pose une vraie question ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Jeffrey Epstein
9min

Société

Ces personnalités françaises dont les noms sont cités dans les documents révélés sur l’affaire Epstein

E-mails, photos, vidéos… La publication de centaines de milliers de pages supplémentaires de documents liés à l’affaire Epstein affole les médias du monde entier. Les noms de plusieurs personnalités françaises sont citées dans ces dossiers, sans qu’elles soient pour autant explicitement mises en cause quant à un quelconque rôle dans les crimes commis par le prédateur sexuel. Mais ces révélations suscitent tout de même des interrogations sur les liens entretenus par certaines d’entre elles avec Jeffrey Epstein.

Le

Elon Musk Asks if US Should Liberate Britain, Asuncion, Paraguay – 06 Jan 2025
7min

Société

Perquisitions menées dans les bureaux de X : pourquoi le réseau social d’Elon Musk est dans le viseur de la justice française

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi 3 février avoir mené des perquisitions dans les bureaux français du réseau social X. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête visant à vérifier « la conformité de la plateforme X aux lois françaises ». Diffusion de deepfakes sexuels, manque de transparence publicitaire… La plateforme rachetée en 2022 par Elon Musk fait l’objet de nombreuses critiques ces derniers mois.

Le

Paris: Emmanuel Gregoire conference presse hebergement d urgence
4min

Société

Le mal-logement : l’alerte relancée à la veille des élections municipales

L’année 2025 s’inscrit une nouvelle fois comme une année noire pour le logement. Tous les indicateurs du mal-logement se sont détériorés, dans un contexte de pauvreté accrue, d’inégalités persistantes et d’instabilité politique. Publié lundi 2 février, le 31ᵉ rapport annuel de la Fondation pour le logement des défavorisés, ex-Fondation Abbé Pierre, dresse un constat sévère et appelle à une mobilisation des élus locaux à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars.

Le

Le préfet de police de Paris privé de drones par le Conseil d’Etat
5min

Société

Protoxyde d’azote...ce gaz qui n’a rien d’hilarant

Parfaitement légal, utilisé en cuisine et dans le domaine médical, le protoxyde d’azote est détourné pour ses propriétés euphorisantes. Une mode qui touche les adolescents et provoque de lourds dégâts neurologiques.

Le