Affaire Lyhanna : face aux critiques de la Justice, Muriel Jourda (LR) alerte sur « la fin de l’État de droit »

La présidente de la commission des Lois a estimé au micro de Public Sénat que les critiques de l’institution judiciaire fragilisaient l’État de droit. Sur le fond de la question, Muriel Jourda estime qu’une éventuelle défaillance personnelle n’exclut pas le manque de moyens.
Louis Mollier-Sabet

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Gérald Darmanin s’est exprimé longuement au Sénat – dans une audition mardi et lors des questions au gouvernement mercredi – au cours de cette semaine difficile pour le garde des Sceaux, après le meurtre de Lyhanna (11 ans) et « l’affaire » suscitée par les mutiples signalement à la justice qui avaient précédemment visé le principal suspect, Jérôme Barella. « Dans la bouche de Gérald Darmanin revenaient plutôt des propos qui revenaient à exclure la défaillance d’un système pour privilégier une défaillance humaine, que je ne saurais pas caractériser sans enquête administrative », résume Muriel Jourda, la présidente LR de la commission des Lois à la suite ces nombreux échanges.

Au micro de Public Sénat, la sénatrice alerte sur la défiance envers la Justice exprimée dans le pays à cette occasion. « Les apparences laissent à croire que la justice avait été mobilisée et que rien ne s’est passé face à ça, c’est ce qui crée cette défiance », analyse-t-elle, avant de poursuivre : « C’est l’un des principaux enjeux. 60 000 personnes ont manifesté devant les tribunaux contre la Justice, qui est un pilier de l’Etat de droit. Si la Justice mobilise tant de défiance, c’est la fin de l’Etat de droit. J’entendais une citoyenne française interrogée qui disait ‘nous nous ferons justice nous-mêmes’.»

«Face à la pédocriminalité, la population attend une efficacité dans la réponse pénale »

Pour évaluer les pistes qui permettraient d’améliorer la situation de la justice française, la commission des Lois du Sénat va se constituer commission d’enquête. « Le rôle du Parlement est d’évaluer les politiques publiques et le pilotage de celles-ci par le gouvernement. Nous serons attentifs à ne pas en faire un outil de travail concurrent aux enquêtes mises en œuvre. Le travail sera assez long », a détaillé Muriel Jourda, qui estime par rapport à l’affaire Lyhanna, qu’une éventuelle « défaillance personnelle » n’exclut pas le manque le manque de moyens.

Alors que Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, met sur la table la castration chimique la présidente de la commission des Lois estime « ne pas avoir suffisamment travaillé la question. » Et d’ajouter : « Face à la pédocriminalité, la population attend une efficacité dans la réponse pénale. C’est difficile de ne pas être critiqué quand on fait des propositions. »

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