Quel destin que celui de Georges Pompidou, ce fils d'instituteurs, devenu le plus proche collaborateur du général de Gaulle, avant de lui succéder en 1969 ! Destin inattendu et non prémédité. À la différence de tous ceux qui ont exercé la charge suprême depuis 1958, Pompidou n'a pas passionnément recherché le pouvoir. D'étape en étape, les resp...onsabilités semblent s'être imposées à lui. Comme s'il obéissait à un destin. Destin hors norme mais destin cruel aussi. Car cet homme aimant la vie et fait pour le bonheur n'accéda aux sommets que pour rencontrer l'adversité, la trahison et le malheur. Prendre le relais de De Gaulle était un rôle difficile, voire impossible. Le général ne se voulait ni prédécesseur ni successeur. Pompidou en était conscient. Il savait que pour maintenir l'héritage du géant auquel il devait tout, il lui faudrait encourir ses foudres. Mais peut-être n'imaginait-il pas que l'épreuve se révélerait d'une telle violence.
Avait-il bien mesuré les jalousies, rancoeurs et frustrations que son ascension dans l'ombre du grand homme avait suscitées ? Lorsqu'il s'en aperçut, le choc fut terrible. Et certains de ses amis restèrent convaincus que le surgissement de sa maladie n'eut pas d'autre cause.