Comment le Cambodge, ravagé il y a moins de cinquante ans par l'un des génocides les plus meurtriers du XX¿ siècle, est-il devenu l'hôte du
Sommet de la Francophonie de novembre 2026 ? Et que reste-t-il, plus de 160 ans après le protectorat choisi par le roi Norodom I¿¿ en 1863, du
lien singulier qui unit Phnom Penh à Paris, à la veille de la vis...ite attendue d'Emmanuel Macron ? L'histoire commune des deux pays est celle d'une relation passionnée et méconnue, faite de hauts et de bas : un protectorat demandé plutôt qu'imposé, une indépendance obtenue sans affrontement par Norodom Sihanouk en 1953, puis l'effondrement sous le régime de Pol Pot, qui coûte
la vie à près d'un quart de la population. C'est à Paris, lors de la Conférence de 1991, que se négocie la paix. Ceux qui l'ont vécue de l'intérieur, comme Sylvie Bermann, alors chargée de l'Asie du Sud-Est au Quai d'Orsay, en racontent les coulisses. Fait rare, des responsables cambodgiens qui s'expriment peu acceptent de témoigner : les vice-Premiers ministres Hun Many, fils de Hun Sen,
et Sun Chanthol, la gouverneure de la Banque nationale Chea Serey, ou encore Khieu Kanharith, ancien ministre de l'Information, qui a traversé
toutes les époques du pays. Ils évoquent la reconstruction, le poids de la mémoire, l'équilibre délicat entre la Chine, le Vietnam et l'Occident, et
la place que la France peut encore y tenir. Autour d'eux, entrepreneurs, artistes et intellectuels disent la vitalité d'un pays en pleine transformation,
ses réussites comme ses zones d'ombre.
Ce film est une traversée de 160 ans d'histoire franco-cambodgienne, de la cour du roi Norodom au nouvel aéroport de Phnom Penh. Riche
d'archives françaises et cambodgiennes et d'entretiens tournés au Cambodge et à Paris, il montre comment deux nations que tout aurait pu séparer
ont continué à se choisir. Une relation tumultueuse, mais jamais rompue.