Andy Burnham, new British Prime Minister Arrives at  10 Downing Street.
Andy Burnham, new British Prime Minister and leader of the Labour Party, arrives at 10 Downing Street. He is holding on to his wedding band whilst he speaks to the press and his supporters outside the Prime Minister's residence. London, UK, 20 July 2026. (Photo by Fred Duval / Sipa USA)/71872043//2607201644

Andy Burnham, le « roi du Nord » : qui est le nouveau Premier ministre britannique ?

Après le désaveu de Keir Starmer l’ex-premier ministre, Andy Burnham a pris sa succession ce lundi 20 juillet. Plusieurs fois ministre et maire de Manchester, cet élu populaire compte bien réorganiser le pays et faire mieux que ces prédécesseurs. Reçu par le roi cet après-midi, le chef du parti travailliste a été officiellement nommé Premier ministre.
Rédaction Public Sénat

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Vendredi dernier, Andy Burnham a été nommé à la tête du Parti travailliste. Il n’avait besoin que de 81 soutiens, soit 20 % des 403 députés de la Chambre des communes : il en a obtenu 349. C’est une large nomination qui reflète sa popularité, au regard du dernier sondage publié par YouGov, un institut britannique, qui le place en deuxième personnalité préférée travailliste du Royaume-Uni, juste derrière Sadiq Khan, actuel maire de Londres.

Un engouement qui ne surprend pas

Andy Burnham est un homme politique expérimenté. Il rejoint le Parti travailliste en 1984 et est élu pour la première fois en 2001. Il devient notamment ministre en 2007 sous le gouvernement de Gordon Brown, comme secrétaire en chef du Trésor ou encore secrétaire d’État à la Culture.

À la suite de deux échecs pour prendre la direction du parti en 2010 et 2015, il est choisi pour être maire du Grand Manchester en 2017.

Il modernise cette ville du Nord avec 3,1 % de croissance économique sur dix ans, le double de la moyenne du pays. Il a aussi transformé l’offre des transports publics en permettant de baisser les coûts pour les usagers. Pendant la pandémie de Covid, le maire a entamé un bras de fer avec le gouvernement de Boris Johnson, au sujet du refus des restrictions financières imposées aux habitants de Manchester, explosant sa popularité.

Il est ainsi surnommé le « roi du Nord », celui qui a redonné à cette ville industrielle la modernité et l’attention qu’elle attendait.

Un outsider avant tout

L’expérience compte, mais elle n’explique pas tout : issu de la classe ouvrière du Nord de l’Angleterre, il a réussi à se construire une image d’un « monsieur Tout le monde », s’affichant sans cravate, très souvent en tee-shirt. Le sport renforce aussi ce phénomène : président de la ligue britannique de rugby à XIII de 2018 à 2019, il s’inscrit comme un élu de terrain, proche des considérations populaires.

Rassembler semble alors plus facile pour lui que pour ses prédécesseurs. Andy Burnham est bien plus à l’aise notamment sur les réseaux sociaux, ce qui lui permet de continuer à se forger une image d’homme de région accessible et proche des gens.

 

« Je vais offrir à la Grande-Bretagne le disjoncteur dont elle a besoin »

Grand opposant à Londres et aux politiques trop centralisées, le nouveau Premier ministre britannique prévoit un programme ambitieux.

Selon lui, « le pays a pris une série de mauvaises décisions depuis 1980 ».

Lors de son premier discours vendredi dernier, Andy Burnham a dévoilé plusieurs promesses phares, comme le plus grand plan logement depuis la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’un contrôle public sur le réseau d’eau national, Thames Water.

Pour gouverner, le « roi du Nord » veut s’entourer de figures de droite comme de gauche du Labour pour tenter de conforter le large vote en sa faveur.

Lors d’une allocution en début d’après-midi dans laquelle, le nouveau Premier ministre a promis un « plan sur dix ans » pour opérer « les changements les plus profonds de ces quarante dernières années ». Il a également assuré de « mettre fin au sans-abrisme » en priorité, et « d’aider les gens à faire face au coût de la vie ».

Une longue attente pour le Royaume-Uni qui a vu se succéder, depuis 2016, six Premiers ministres au 10 Downing Street.

Il a reçu de nombreuses félicitations de dirigeants étrangers comme celles du président de la République française, Emmanuel Macron, qui espère « un nouvel élan au partenariat entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ».

 

Matthieu Le Norcy

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