En plein débat bioéthique, ils sont en première ligne: les députés-médecins restent nombreux à l'Assemblée, prolongeant une tradition héritée de...
Bioéthique: les députés-médecins aux avant-postes
En plein débat bioéthique, ils sont en première ligne: les députés-médecins restent nombreux à l'Assemblée, prolongeant une tradition héritée de...
Par Adrien DE CALAN
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
En plein débat bioéthique, ils sont en première ligne: les députés-médecins restent nombreux à l'Assemblée, prolongeant une tradition héritée de la IIIe République, et sont en pointe sur les dossiers de santé, au risque de faire grincer quelques dents.
Fine moustache blanche, cravates colorées et goût pour la joute oratoire, le co-rapporteur et professeur de médecine Jean-Louis Touraine (LREM) a animé les discussions sur la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, avec ses amendements en faveur de la PMA post-mortem ou ouverte aux hommes trans - propositions rejetées par les députés.
Ce chercheur en immunologie est fils de médecins. Il a raflé en 2007 la 3e circonscription du Rhône à un confrère et "ami", le chirurgien Jean-Michel Dubernard (UMP devenue LR).
Les médecins omniprésents sur ce texte bioéthique ? "Ce débat ne doit être accaparé ni par les bioéthiciens, ni par les médecins, religieux ou autres philosophies", souligne le député à l'AFP. "C'est à la société française dans sa diversité" de s'en emparer.
Mais son expertise joue un rôle, comme celle d'un autre co-rapporteur immunologue, Jean-François Eliaou, ou sur le banc du gouvernement, de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, hématologue.
Avec les avocats, les médecins sont l'une des professions les plus représentées à l'Assemblée: 26 députés (4,5% de l'Assemblée), 19 hommes pour 7 femmes.
- Figure emblématique -
Le médecin est une figure emblématique dans l'hémicycle depuis l'âge d'or des députés hygiénistes de la IIIe République. Forts de leur notabilité locale et de leur connaissance des électeurs, de 1876 à 1914, les médecins obtenaient systématiquement entre 8 et 12,5% des sièges, une spécificité française, selon l'historien Jack D. Ellis.
"Le médecin était souvent le notable qui devenait maire du village, puis élu local jusqu'à député. Ce n'est plus le cas. Il y a une nouvelle génération et beaucoup plus d'infirmières (huit) dans notre groupe", explique Olivier Véran (LREM), neurologue.
Les "médecins de l'Assemblée" sont "partagés" sur la mesure sociétale de la PMA pour toutes, relève-t-il: la "couleur politique" prime.
Selon Jean-Louis Touraine, c'est sur le volet recherche du projet de loi que les parlementaires médecins sont "plus en avance" que les autres: "ils se rendent compte des bénéfices à tirer d'un progrès heureux, quand d'autres s'arc-boutent en disant +ça nous inquiète+".
Le député Philippe Berta (MoDem), également généticien
AFP/Archives
Le généticien Philippe Berta (MoDem) milite par exemple pour élargir le diagnostic pré-implantatoire (DPI) sur les embryons, afin de dépister une trisomie 21 notamment. Agnès Buzyn y est réticente.
Egalement réservé, Marc Delatte (LREM), "médecin de famille" qui a "soigné des trisomiques, beaucoup", a raconté son expérience en commission, des sanglots dans la voix.
Olivier Véran met néanmoins en garde, pour éviter d'"agacer certains collègues": "On ne va pas mettre des médecins sur tous les sujets de santé, car ce sont des sujets partagés".
- "Les sachants" -
Entre d'un côté les "sachants", selon le mot d'une députée, et de l'autre les élus lambda, oui à l'émulation au profit de l'intérêt général, non à l'incompréhension.
D'autant que des réflexes corporatistes subsistent, reconnaît M. Véran, comme au printemps dernier sur la loi Santé, quand "un certain nombre de médecins s'étaient opposés à ce que des infirmières puissent constater un décès", en retoquant plusieurs amendements.
Systématiquement, ils s'élèvent aussi contre les mesures coercitives sur l'installation de médecins dans les déserts médicaux. "C'était une levée de boucliers", se remémore la députée LFI Caroline Fiat, première aide-soignante élue à l'Assemblée.
"C'était la loi des médecins. Ils parlaient entre eux, je me souviens de Cyrille Isaac-Sibille (MoDem) disant +chers confrères+ en séance", pointe-t-elle.
Autre procès fait aux députés-médecins, qui ne va pas manquer de revenir comme à chaque automne budgétaire: celui de la perméabilité aux lobbies, comme ceux du médicament.
"Ca a changé. Des +amendements lobbies+, ça arrive sur certains textes. Mais ils sont souvent portés par d'autres députés que les médecins", assure Olivier Véran, rapporteur général du budget de la Sécu.
Le sujet avait fait grand bruit lors de l'affaire du Mediator, conduisant l'Assemblée en septembre 2011 à interdire Servier d'accès au Palais Bourbon. "Mon travail consiste à cibler les députés et les sénateurs médecins et pharmaciens", disait alors la lobbyiste de Servier et ancienne attachée parlementaire Corinne Moizan.
Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.
États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.
C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.
En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».