Alors que Sébastien Lecornu s’exprimera ce soir, Ségolène Royal n’a pas mâché ses mots à l’encontre de la réponse du gouvernement et des forces de l’ordre à la protestation lycéenne. « Ce gouvernement ne réfléchit à rien et ne comprend pas ce qu’il y a derrière cette révolte. L’angoisse des lycéens est profonde et remonte déjà à plusieurs années avec le Covid et la mise en place de Parcoursup », a estimé l’ancienne ministre et candidate à la présidentielle.
Ségolène Royal a notamment pointé le caractère « insupportable » de la réponse sécuritaire du gouvernement : « C’est gravissime ce qu’il se passe. Des jeunes revendiquent des bonnes conditions pour travailler, ça devrait être positif, et on leur envoie des policiers armés jusqu’aux dents jusqu’à ce qu’ils finissent mutilés. » D’après elle, cette réaction du gouvernement et des forces de l’ordre a fait office de « provocation » face à des jeunes « solidaires » face à « la moindre image » de répression.
« Ce mépris de la contestation est le mépris d’un pouvoir faible qui ne comprend pas le peuple et pense qu’il a raison tout seul »
La candidate à la primaire socialiste n’hésite ainsi pas à appeler à la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez. « Qu’est-ce que c’est que ce ministère de l’Intérieur qui est plus cruel avec des enfants qui demandent des moyens qu’avec des pédocriminels ? Ils sont plus sévères avec des lycéens qu’avec des pédocriminels. Vous avez vu des pédocriminels rentrer dans les commissariats avec des menottes dans le dos ? »
En guise de réponse, Ségolène Royal propose un « pacte générationnel » pour s’attaquer à la « dette générationnelle » – financière, climatique, géopolitique – transmise à la génération qui manifeste ces dernières semaines. Une proposition qui va de pair avec un « changement en profondeur de l’exercice du pouvoir » : « Tous les mouvements sociaux sont évitables. La moindre des choses est d’entendre les attentes sociales avant que ça n’explose. » Gouverner, est-ce donc céder à toutes les revendications sociales ? « Il faut arrêter avec le mépris du mouvement social », répond Ségolène Royal, qui poursuit : « C’est dur la contestation : il faut descendre dans la rue, prendre des risques maintenant avec les agressions de certains policiers. Ce mépris est le mépris d’un pouvoir faible qui ne comprend pas le peuple et pense qu’il a raison tout seul. »
« Si Raphaël Glucksmann gagne la primaire, le PS disparaît »
À quelques jours de la primaire socialiste, Ségolène Royal est aussi revenue sur sa vision de l’avenir du Parti socialiste. « Si Raphaël Glucksmann gagne la primaire, le PS disparaît », a-t-elle lancé. D’après elle, l’offre politique défendue par l’eurodéputé se résume à « diaboliser LFI pour légitimer une alliance avec les macronistes. » Pas question, en revanche, pour l’ancienne ministre de François Hollande de s’allier avec la France Insoumise, « qui ne le demande d’ailleurs pas. » Ségolène Royal pourrait-elle aller jusqu’à ne pas soutenir Raphaël Glucksmann si celui-ci remportait la primaire ? « Nous avons signé une charte de soutien qui prévoit l’union à gauche, pas avec les macronistes. En cas d’union avec les macronistes, ça serait compliqué quand même [de soutenir Raphaël Glucksmann]. »