En déplacement vendredi dans le Finistère, Edouard Philippe s'est dit favorable à la mise en place de "contreparties" aux aides sociales en...
« Contreparties » aux aides sociales: Edouard Philippe rouvre un débat « explosif »
En déplacement vendredi dans le Finistère, Edouard Philippe s'est dit favorable à la mise en place de "contreparties" aux aides sociales en...
Par Marc PRÉEL
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En déplacement vendredi dans le Finistère, Edouard Philippe s'est dit favorable à la mise en place de "contreparties" aux aides sociales en France. Un sujet qu'il a qualifié lui-même d'"explosif".
Le Premier ministre a également déploré un "vrai scandale français" sur les difficultés de recrutement malgré un chômage élevé, lors d'une réunion avec des élus locaux et des dirigeants de PME à Plomordiern, petit bourg breton, dans le cadre du grand débat.
"Moi, ma conviction personnelle c'est que compte tenu de l'importance de nos mécanismes de solidarité, compte tenu de nos finances publiques, compte tenu de la situation d'un pays qui est en croissance mais qui reste avec un taux de chômage élevé, il faut qu'on s'interroge sur ces contreparties, il faut que l'on regarde ce qu'on peut réfléchir avec nos concitoyens comme contrepartie au versement obligatoire", a déclaré le chef du gouvernement.
Lors de cette réunion, il a été interrogé à de nombreuses reprises sur les difficultés de recrutement, des cas de refus de CDI ou sur l'incitation financière jugée trop faible à travailler.
"C'est indispensable d'avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, il ne s'agit pas de revenir en arrière, il s'agit de s'interroger sur +est-ce que cette solidarité elle peut s'accompagner de contreparties, d'activités, d'activités d'intérêt général?+", a déclaré Édouard Philippe.
"Qu'est-ce qu'on demande à ceux qui bénéficient de la solidarité, est-ce qu'on demande quelque chose, et si oui, quoi? A mon sens c'est une vraie belle question politique, c'est pas de la mécanique, c'est pas de la tuyauterie", a-t-il estimé lors de ce débat, où il était accompagné du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), député de la circonscription.
- "Un vrai scandale français" -
Le Premier ministre Edouard Philippe, en déplacement à Plomodiern (Finistère), participe à un débat avec des élus et dirigeants de PME, le 15 février 2019
AFP
Pour souligner le caractère "explosif" de cette question, Édouard Philippe a rappelé l'initiative polémique du conseil départemental du Haut-Rhin, qui demandait aux allocataires du RSA de faire sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir privés de l'allocation.
Quant aux difficultés de recrutement malgré un taux de chômage officiel qui reste proche des 9%, Édouard Philippe a évoqué un "énorme problème" qui est "très inquiétant pour la suite".
"Je ne crois pas qu'on puisse durablement vivre dans un monde très compétitif avec 3 millions de chômeurs d'un côté et des entreprises qui n'arrivent pas à recruter", a-t-il plaidé.
Une étude publiée en 2017 par Pôle emploi évalue à entre 200.000 et 330.000 les offres dites "non pourvues" sur la base des offres de 2016. Parmi elles, 150.000 recrutements "abandonnés faute de candidat adéquat".
Les difficultés de recrutement sont un thème récurrent, aussi présent sous les quinquennats précédents: Nicolas Sarkozy parlait "d'un demi-million d'emplois non pourvus" pendant la campagne électorale de 2012, et François Hollande avait lancé un plan pour former les chômeurs.
"C'est un vrai scandale français d'une certaine façon, une spécificité dont on se passerait bien et il faut qu'on la règle", a poursuivi M. Philippe, alors que syndicats et patronat ont jusqu'à la fin février pour parvenir à un accord sur une réforme de l'assurance-chômage.
Le Premier ministre Edouard Philippe en déplacement à Plomodiern (Finistère) avec le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, député LREM de la circonscription, le 15 février 2019
AFP
Le gouvernement, qui reprendra la main sur le dossier en cas d'échec des négociations, veut depuis le début du quinquennat à la fois renforcer "la compétence" de la population active, où "il y a énormément à faire" via notamment une réforme de la formation et de l'apprentissage, mais aussi "l'appétence" au "retour à l'activité", a résumé Edouard Philippe.
"On veut justement qu'il y ait un avantage objectif à retourner à l'activité", a-t-il dit. "C'est un message qu'il faut exprimer calmement, dans le détail, pour convaincre les partenaires sociaux que c'est l'intérêt de notre pays d'aller dans ce sens", selon lui.
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