Edouard Philippe
Crédit : Crédit : Charles Bury/SIPA

Combien Horizons, le parti d’Edouard Philippe, compte-t-il de sénateurs après les sénatoriales ?

Le parti d’Edouard Philippe voit ses troupes réparties dans deux groupes : le groupe Les Indépendants, présidé par Claude Malhuret, et l’Union centriste et indépendants, groupe dirigé par Hervé Marseille. On fait le point, entre les sénateurs encartés Horizons et les sympathisants.
François Vignal

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La poussière retombée après le tumulte des sénatoriales, voit-on mieux… l’Horizons ? Après le scrutin du 27 septembre dernier, le parti d’Edouard Philippe a-t-il progressé ou reculé à la Haute assemblée ? « Il y a plus d’Horizons que précédemment, on a grossi. Horizons continue de croître au Sénat, en terme d’influence », assure un membre du parti qui a fait de son ancrage local un axe de communication, dès sa création.

Quand on veut vérifier, les choses ne sont pas des plus claires au premier abord, car les sénateurs Horizons se répartissent dans deux groupes, le groupe Les Indépendants – République et territoires (LIRT) et le groupe Union centriste, rebaptisé Union centriste et indépendants (UCI).

Fronde au groupe Les Indépendants

C’était déjà le cas avant les sénatoriales, mais ça ne s’est pas arrangé, au contraire. Car le parti d’Edouard Philippe s’est retrouvé mêlé à des tensions internes au groupe Les Indépendants. Certains, à commencer par le sénateur Horizons Louis Vogel, ont remis en cause la gouvernance de Claude Malhuret, qui préside le groupe LIRT depuis sa création en 2017.

Après des velléités de « putsch » interne, qui ne sont pas allées au bout, les frondeurs des Indépendants ont été approchés par des sénateurs Nouvelle énergie, le parti de David Lisnard, pour tenter de former un nouveau groupe, comme publicsenat.fr en révélait les détails. Mais après l’intervention de Gérard Larcher, d’Hervé Marseille, président du groupe centriste, et de Claude Malhuret, la manœuvre n’est pas allée au bout. Les frondeurs de LIRT ne sont pas pour autant restés au sein du groupe. Ils ont préféré rejoindre l’Union centriste, qui a gagné au passage une initiale dans cette OPA qui n’a peut-être pas été perçue comme amicale chez Les Indépendants.

Listes des sénateurs Horizons

Résultat, selon les chiffres donnés par Horions à publicsenat.fr, on compte aujourd’hui 12 sénateurs encartés Horizons au groupe Les Indépendants et 8 à l’UCI. Soit un total de 20 sénateurs Horizons revendiqués, contre un total de « 18 sénateurs Horizons » avant les sénatoriales, « dont 11 au sein du groupe Les Indépendants, […] et 7 dans d’autres groupes », précise encore le site du parti qui n’a pas été totalement mis à jour.

Dans le détail, voici la liste des sénateurs Horizons du groupe LIRT, donnée par le parti : Marie-Pierre Bessin Guérin, Jacques Breillat, Emmanuel Capus, Cédric Chevalier, Laure Darcos, Frédéric Duché, Patrick Leclerc, Vincent Louault, Loïc Kervran, Marc Laménie, Claude Malhuret, Christophe Plassard.

Du côté du groupe Union centriste et indépendants, voici la liste des sénateurs Horizons, toujours fourni par le mouvement : Olivier Bitz, Franck Dhersin, Ludovic Haye, Jean-François Longeot, Pascal Martin, Pierre Médevielle, Olivier Richard et Louis Vogel.

Si Patrick Leclerc, nouveau sénateur du Finistère, est comptabilisé dans les troupes, il n’est en réalité pas membre d’Horizons, mais sympathisant. « Je suis divers droite, car je n’ai pas de carte dans un parti. Mais si je devais me situer, je serais plutôt entre Edouard Philippe et David Lisnard », expliquait lui-même le cousin de Michel-Édouard Leclerc au micro d’Ici Breizh Izel, le 28 septembre, au lendemain de son élection.

Total de 19 sénateurs Horizons

Ce qui porte le total des sénateurs Horizons à 19, et non 20, dont 11 chez Les Indépendants et 8 à l’UCI. Soit une légère progression d’un siège. Un responsable d’Horizons apporte cette clef de lecture : « Il faut bien les compter. Car il y a les officiels et ceux qui ne le sont pas. Et ceux qui sont cachés dans d’autres groupes… »

Parmi des sénateurs sympathisants d’Edouard Philippe, on peut ainsi aussi citer l’ancienne ministre Agnès Canayer, membre du groupe LR. Proche du maire du Havre, dont a été l’une des adjointes, elle n’est pour autant pas encartée Horizons. A noter aussi que Dany Wattebled et Marie-Claude Lermytte, deux sénateurs divers droite qui étaient au groupe Les Indépendants, ont rejoint pour leur part, après la fronde, le groupe RDSE.

Des sénateurs rattachés politiquement à Horizons, mais non encartés

Pour compliquer encore un peu plus la lecture de la galaxie Horizons au Sénat, il y a aussi ceux qui sont rattachés politiquement au parti, sans pour autant être encartés. Le rattachement politique permet de flécher le financement public qu’apporte un parlementaire. Chaque député ou sénateur rapporte environ 37.000 euros à sa formation. Pour l’année 2026, en plus des sénateurs encartés, sont ainsi rattachés à Horizons, selon le site du Sénat, Corinne Bourcier (membre du groupe LIRT), Jean Luc Brault (UCI), Edouard Courtial (ex-LR, membre du groupe UCI et qui dispose par ailleurs de son micro parti L’Oise au cœur) et Vanina Paoli-Gagin (LIRT). Mais ces derniers ne sont pas encartés Horizons.

« Certains ont pu reverser une part financière à Horizons. S’ils ne sont pas adhérents, ils ont pu aider financièrement Horizons à certains moments, ou cultivent une certaine proximité avec Edouard Philippe. Et certains feront probablement le choix de le soutenir à la présidentielle dans les prochaines semaines, mais c’est au cas par cas », confie un cadre d’Horizons. Mais ce type de rattachement peut aussi permettre de reverser ensuite le financement public, du moins une part, à un micro parti. Une tuyauterie que confirme notre source au sein d’Horizons : « Ça peut arriver pour certains, et pour une partie de leur financement ».

Au final, avec 19 sénateurs encartés Horizons et une vingtaine de sénateurs proches du candidat à la présidentielle, on peut dire que le poids d’Horizons, au sens large, continue de progresser à la Haute assemblée. Mais doucement.

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