Coronavirus : l’exécutif veut faciliter les procurations pour limiter l’abstention
Jeudi à la sortie d’une réunion avec les représentants des élus locaux, le ministre de l’intérieur a indiqué un certain nombre de consignes en vue de la bonne tenue des élections municipales, parmi lesquels des moyens renforcés pour procéder aux procurations.

Coronavirus : l’exécutif veut faciliter les procurations pour limiter l’abstention

Jeudi à la sortie d’une réunion avec les représentants des élus locaux, le ministre de l’intérieur a indiqué un certain nombre de consignes en vue de la bonne tenue des élections municipales, parmi lesquels des moyens renforcés pour procéder aux procurations.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Avec le développement de l’épidémie de coronavirus, un fort taux d’abstention pourrait impacter les élections municipales des 15 et 22 mars. « Nous allons être confrontés à une forte abstention. Les personnes âgées nous disent qu’elles ne se déplaceront pas. Vous pouvez mettre du gel hydroalcoolique, des gants… ça n’empêche pas les peurs » s’inquiétait, hier, Jérôme Bascher, sénateur LR de l’Oise, l’un des foyers de l’épidémie de Covid-19.

L’exécutif en a bien conscience. Le sujet était d’ailleurs au menu de la rencontre avec les élus locaux et plusieurs ministres, jeudi après-midi. « Nous renforcerons les moyens de procéder à des procurations » a simplement indiqué le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Le vote par procuration : comment ça marche ?

Régi par le formulaire CERFA 14952*01, le vote par procuration n’est pas soumis à une date limite. Néanmoins, si vous ne résidez pas dans la commune où vous êtes inscrit sur les listes électorales, mieux vaut s’y prendre suffisamment tôt et prévoir le délai d’acheminement de votre procuration vers le tribunal judiciaire ou de proximité, le commissariat de police ou la brigade de gendarmerie.

Une procuration peut être établie pour un scrutin déterminé (pour les deux tours de l'élection ou un seul) ou pour une durée donnée, dans la limite d'un an si l’électeur atteste sur l’honneur qu’il est de façon durable dans l’impossibilité de se rendre à son bureau de vote.

7 motifs du vote par procuration sont prévus : en raison d'un handicap, pour raison de santé ou en raison de l'assistance apportée à une personne malade ou infirme, en raison d'obligations professionnelles, de formation, parce qu'ils sont en vacances ou parce qu'ils résident dans une commune différente de celle où ils sont inscrits sur une liste électorale.

Interrogé sur la situation des personnes âgées, les plus vulnérables au risque de mortalité du coronavirus, Christophe Castaner a précisé que « les personnels de la gendarmerie ou de la police se déplaceront » sur leur lieu de résidence « pour que les procurations soient relevées dans de bonnes conditions ».

Dans les faits, il existe déjà des facilitations de vote par procuration. Par téléphone ou par écrit, une personne âgée peut demander à un officier de police ou de gendarmerie de se déplacer à son domicile pour établir sa procuration.

« Le modus operandi n’est pas encore défini »

Ce qui va changer avec l’épidémie de coronavirus ? Contacté par publicsenat.fr, au ministère de l’intérieur, on précise que « le modus operandi n’est pas encore défini ». « Le message va être étayé dans les jours à venir » assure-t-on avant d’avancer : « On peut penser que les personnels vont être renforcés si on doit mettre en place un service dédié ».

Du côté de l’Association des maires de France, on confirme que la facilitation du vote par procuration annoncée par le ministre « est encore au niveau de l’annonce ».

Selon une étude OpinionWay réalisée pour UNCCAS, Public Sénat et La Tribune, 71 % des Français, près de trois sur quatre, ne se disent « pas ou peu inquiets » de se rendre dans un bureau de vote.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron a-t-il tiré un trait sur sa promesse d’une application d’ici la fin de son mandat ?

Après la censure par le Conseil constitutionnel, au mois d'août, d'un texte visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé, lundi, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'avancer sur un texte européen en la matière. Mais l'harmonisation de cette interdiction au niveau des 27 pourrait prendre du temps et contrecarrer le calendrier du chef de l'État, qui en avait fait un engagement de son dernier quinquennat.

Le