Coup d’envoi des débats sur la loi santé visant à répondre aux « inquiétudes »
Remédier à "l'angoisse de la désertification médicale" et "valoriser" les professionnels de santé: Agnès Buzyn a donné lundi...

Coup d’envoi des débats sur la loi santé visant à répondre aux « inquiétudes »

Remédier à "l'angoisse de la désertification médicale" et "valoriser" les professionnels de santé: Agnès Buzyn a donné lundi...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Remédier à "l'angoisse de la désertification médicale" et "valoriser" les professionnels de santé: Agnès Buzyn a donné lundi devant l'Assemblée le top départ de l'examen du projet de loi santé qui doit répondre aux "inquiétudes", mais ne convainc pas les oppositions.

Face à "la détresse qui a éclaté avec fracas ces derniers mois", "notre système de santé est l'un des plus beaux outils pour rassurer, apaiser et pour redonner à chacun la fierté d'appartenir à une grande et belle nation", a plaidé la ministre de la Santé.

Fin du "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, nouvelle carte hospitalière, effort accru sur le numérique: ce projet de loi sur "l'organisation et la transformation du système de santé" traduit une partie des mesures du plan "Ma Santé 2022", détaillées en septembre par Emmanuel Macron. Ce plan entend répondre au vieillissement de la population, à l'augmentation des maladies chroniques, ou tenir compte des évolutions technologiques.

L'une des mesures phares pour aller dans ce sens, qui semble faire relativement consensus, pourrait être votée dès lundi soir. Il s'agit de la suppression du "numerus clausus" et du redoutable concours limitant le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine, sages-femmes, dentaire ou pharmacie.

Considéré comme un "gâchis" conduisant "à l'échec d'excellents lycéens" par la ministre de l'enseignement supérieur Frédérique Vidal, ce carcan est censé disparaître à la rentrée 2020. Il permettra d'"augmenter de 20% à peu près le nombre de médecins formés", selon Mme Buzyn.

Certains députés ont formulé des réserves, comme les communistes qui craignent des résultats "décevants" faute de moyens, ou de la droite, inquiète de la capacité à faire face à "l'afflux supplémentaire" d'étudiants.

Au total, plus de 1.700 amendements sont au menu des députés pour toute la semaine, avant un vote solennel en première lecture mardi 26 mars.

Sans forcément partager le même constat sur le fond, les oppositions de droite comme de gauche ont dénoncé l'habilitation à procéder par ordonnances sur plusieurs sujets, surtout la révision de la carte hospitalière, avec des missions redéfinies pour les "hôpitaux de proximité".

"Nous savons que l'ordonnance est une pratique usuelle en médecine mais là, nous nous en serions bien passés", a lancé Gilles Lurton (LR) à Mme Buzyn, qui s'est engagée à "pleinement associer" les parlementaires à ces ordonnances, justifiées par des concertations en cours avec les acteurs.

Les mesures coercitives devraient également faire débat. Le rapporteur du texte Thomas Mesnier (LREM) compte notamment revenir sur le stage obligatoire dans des "déserts médicaux" pour les étudiants en médecine, introduit en commission par des "marcheurs".

- "Duperie" -

La gauche déplore globalement les "absences" de mesures en matière de prévention, sur le handicap, les établissements psychiatriques ou encore les Ehpad. Caroline Fiat (LFI) a dit "attendre toujours un vrai projet de santé", quand Joël Aviragnet (PS) a dénoncé une "duperie" sur le "numerus clausus", estimant qu'il s'agit en fait d'une "nouvelle sélection".

Les communistes, après avoir réuni lundi matin une centaine de professionnels de santé, ont fustigé "le choix du sous-financement chronique" par l'intermédiaire de Pierre Dharréville.

Un responsable LREM s'attend à "un vrai débat" sur les aspects territoriaux, alors que le texte doit aboutir à labelliser entre 500 à 600 "hôpitaux de proximité" d'ici 2022, sans chirurgie ni maternité. A titre dérogatoire, certains pourraient pratiquer des actes chirurgicaux à faible niveau de risque, propose le gouvernement dans des amendements versés au débat.

LR souhaite que la cartographie de ces établissements soit définie avec les collectivités - qui ont accueilli fraîchement le projet.

D'autres sujets se sont ajoutés en commission, comme l'autorisation pour les pharmaciens de délivrer dans certaines conditions des médicaments normalement sous ordonnance pour des pathologies bénignes, malgré les "réserves" du gouvernement.

Le projet prévoit en outre une régularisation de médecins étrangers (Padhue) et un statut unique de praticien hospitalier.

En matière numérique, un "espace numérique de santé", regroupant toutes les données du patient, doit voir le jour à l'horizon 2022, accompagné d'un développement du "télésoin".

Partager cet article

Dans la même thématique

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le

Coup d’envoi des débats sur la loi santé visant à répondre aux « inquiétudes »
4min

Politique

Ultra droite dans les rues le 24 octobre : « Il n'y a eu aucune complaisance des forces de l'ordre », selon Laurent Nuñez

Interpellé par le sénateur PS Hussein Bourgi durant les questions au gouvernement sur les violences des groupuscules d’extrême droite lors de la manifestation du 24 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez affirme qu’il n’y a eu « aucune complaisance » des forces de l’ordre et qu’il y aura bien « des actions judiciaires ».

Le