Elections européennes : vers un retour aux listes nationales ?
Pendant deux jours, Emmanuel Macron reçoit les représentants politiques pour évoquer l’avenir de l’Europe et notamment une modification du mode de scrutin des élections européennes.

Elections européennes : vers un retour aux listes nationales ?

Pendant deux jours, Emmanuel Macron reçoit les représentants politiques pour évoquer l’avenir de l’Europe et notamment une modification du mode de scrutin des élections européennes.
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Mauvais timing. Ce lundi, Emmanuel Macron débute une grande série de consultations avec les différents responsables politiques et parlementaires pour évoquer les élections européennes, et plus généralement l’avenir du continent. Quelques heures auparavant, Angela Merkel reconnaissait son échec dans sa tentative de former une coalition gouvernementale improbable avec les libéraux et les écologistes, laissant planer l’éventualité de nouvelles élections législatives début 2018.

Le Royaume-Uni a quitté le navire et l’Allemagne reste coincée à quai, la France va donc devoir tenter de manœuvrer seule. Emmanuel Macron comptait pourtant sur la chancelière allemande pour accélérer le rythme. Peine perdue. « On n'a pas intérêt à ce que ça se crispe (...) Ce qui fait que nous, on doit avancer », a simplement commenté le président français, lundi matin. Plus tard, un communiqué de l’Elysée  est venu renforcer cette position. La situation allemande « ne fait que renforcer la nécessité pour la France de proposer, de prendre des initiatives, de travailler à un projet européen ambitieux que nous mettrons en œuvre avec notre partenaire allemand », précise la présidence.

Vers un consensus ?

Pendant deux jours, le chef d’Etat va donc recevoir à l’Elysée plusieurs personnalités du champ politique français. C’est le président du Sénat, Gérard Larcher qui a ouvert le bal, suivi du Secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer, sans que ni l’un ni l’autre ne commente cette rencontre. Cette série d’entretiens porte sur plusieurs enjeux européens et notamment celui de déterminer si les prochaines élections européennes, qui auront lieu en 2019, doivent devenir un scrutin unique national et non par régions, comme c’est le cas aujourd’hui. Convié dans la matinée à l’Elysée, le sénateur Rachid Temal, « coordinateur » de la direction collégiale du parti socialiste, s’est montré favorable à une telle option. « Nous souhaitons une liste nationale qui nous permettrait d’avoir un grand débat dans ce pays sur la question européenne » a-t-il expliqué aux côtés du patron des sénateurs PS Didier Guillaume et de la députée européenne Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy. « Nous avons vu après l’élection présidentielle que nous avons plus que jamais besoin d’Europe. »

Elections européennes : "Nous souhaitons une liste nationale" affirme Rachid Temal (PS)
01:10

Même son de cloche du côté de l’UDI. « Nous souhaitons le retour à un scrutin national parce qu’on a besoin d’un débat national sur l’Europe » a insisté le président du parti centriste, Jean-Christophe Lagarde. Nicolas Dupont-Aignan approuve aussi le retour au scrutin national mais a préféré insister sur la nécessité d’un référendum sur le CETA, cet accord de libre-échange avec le Canada, très contesté en Europe. « Il va y réfléchir » assure le leader de Debout la République, devant les journalistes. Dans l’après-midi, Bernard Accoyer a exprimé, lors d’un point presse, son opposition aux listes nationales pour le scrutin européen.

Puis, c’est Christophe Castaner, qui s’est entretenu avec le président. Malgré son statut de Secrétaire d’Etat et de porte-parole du gouvernement, le nouveau délégué général de LREM a assuré que la position du parti sur le scrutin européen n’était pas arrêtée. « Notre ambition est simple : faire en sorte que nous puissions avoir un grand débat européen » explique-t-il. « La dimension nationale porte des caractéristiques qui peuvent favoriser cette ambition du débat européen. L’approche territoriale garantit aussi une proximité. Nous sommes ouverts à ce sujet » souligne-il, promettant un débat interne. Il a enfin rappelé, que les « listes transnationales » pour palier le départ du Royaume-Uni, étaient « toujours d’actualité. »

Christophe Castaner veut "un grand débat européen"
01:27

En creux, c’est aussi l’avenir de l’Union européenne dont il est question à travers ces concertations. Avec la montée des extrêmes dans tout le continent, Emmanuel Macron a fait des réformes en Europe une priorité. Lors de son discours devant le Congrès, en juillet dernier, il avait notamment annoncé des « conventions démocratiques européennes » pour donner un nouveau souffle à l’union continentale. « Nous voulons organiser des débats à travers les territoires, à travers l’Europe, là où les États membres seront d’accord, entre le printemps et l’automne 2018 » a précisé la semaine dernière la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau dans une interview à La Croix. « Nous proposerons à nos partenaires de mettre en place un ‘chapeau commun’, un questionnaire en ligne qui permettra une vision globale et des comparaisons utiles d’un pays à l’autre » a-t-elle poursuivi, assurant que plusieurs pays comme l’Italie, l’Irlande, la Grèce ou encore l’Allemagne se sont montrés « favorables » à une telle démarche.

LREM a évidemment pris les devants. « Dès le début du mois de décembre, nous mettrons en place au sein de notre mouvement des ateliers de formation pour organiser dès le mois de janvier une grande marche européenne à travers toute la France » a annoncé Christophe Castaner. De son côté, Emmanuel Macron reprendra ses consultations dès mardi. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont notamment attendus.

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