Emmanuel Macron à Calais : un discours ferme sur l’immigration
En déplacement à Calais, Emmanuel Macron a tenu un discours très ferme sur l’immigration. S’exprimant devant les forces de l’ordre, il les a longuement remerciées. Le chef de l’État a parallèlement appelé « les associations à la responsabilité » et a fustigé les « commentateurs » coupables, d’après lui, de diffuser des « contre-vérités. »

Emmanuel Macron à Calais : un discours ferme sur l’immigration

En déplacement à Calais, Emmanuel Macron a tenu un discours très ferme sur l’immigration. S’exprimant devant les forces de l’ordre, il les a longuement remerciées. Le chef de l’État a parallèlement appelé « les associations à la responsabilité » et a fustigé les « commentateurs » coupables, d’après lui, de diffuser des « contre-vérités. »
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

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Le chef de l’État s’est déplacé à Calais et dans ses environs, ce mardi. Devant les forces de l’ordre, il a tenu un discours ferme sur la question migratoire. Un discours très attendu sur un sujet extrêmement sensible. Si les contestations au sein du groupe LREM se sont atténuées, comme s’en félicite Richard Ferrand, d’autres voix dissonantes se sont faites entendre. Pourtant proche du président de la République, l’économiste Jean Pisani-Ferry a étrillé sa politique migratoire. Dans une tribune cosignée dans Le Monde, il dénonce le « mépris du principe d’accueil inconditionnel. » Plusieurs associations, dont Médecins du Monde, ont boycotté la rencontre avec Emmanuel Macron prévue ce mardi.

Emmanuel Macron appelle « les associations à la responsabilité »

« Lorsque des associations encouragent ces femmes et ces hommes à rester là, à s’installer dans l’illégalité voire à passer clandestinement de l’autre côté de la frontière, elles prennent une responsabilité immense », tance Emmanuel Macron. Les mots sont durs et les accusations sont lourdes. La charge du président de la République ne risque pas d’apaiser le dialogue avec des associations, pour la plupart, vent debout contre sa politique migratoire. Hier encore, le Secours Catholique et l’Auberge des migrants ont porté plainte contre X pour « destruction et dégradation d’un bien appartenant à autrui » (voir le tweet ci-dessous). Rappelons qu'il y a quelques jours, la concertation entre le gouvernement et les principales associations avait été particulièrement houleuse (Lire notre article).  

Emmanuel Macron a également fustigé les « commentateurs » coupables de propager des « contre-vérités. » En opposition, le chef de l’État a salué le « travail » des forces de l’ordre. « Un travail remarquable mais peu connu, parfois décrié, souvent caricaturé. Les approximations sur votre action à Calais, parfois les mensonges, souvent les manipulations ne visent au final qu’un seul but, mettre à mal la politique mise en œuvre par le gouvernement » a-t-il affirmé. Cette déclaration n’est pas sans rappeler la Une de L’Obs et les critiques formulées par les associations sur le comportement des forces de l’ordre.

Les forces de l’ordre doivent être « exemplaires », rappelle Macron

La question « des manquements » des officiers à Calais est particulièrement sensible. Plusieurs associations actives sur place dénoncent régulièrement des abus : utilisation disproportionnée de gaz lacrymogène, destruction de tentes etc. Un rapport commandé par Beauvau qualifiait de « plausibles », les « manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière » dénoncés par Human Rights Watch, en octobre dernier (Lire notre article).

« Votre mission est hors norme » et « je ne laisserai personne caricaturer votre travail », a assuré Emmanuel Macron aux officiers.

Dans un souci d’équilibre, le chef de l’État a appelé les forces de l’ordre à « l’exemplarité. » « Je ne peux pas laisser accréditer l'idée que les forces de l'ordre exercent des violences physiques ou confisquent les effets personnels » des migrants, a-t-il poursuivi. Emmanuel Macron a prévenu que si de tels faits étaient « prouvés », la « réaction sera proportionnelle à la confiance sans faille que nous plaçons en vous. »

« Il n’y aura aucune reconstitution de la jungle » de Calais, promet le président

Extrêmement ferme sur ce point, le président de la République a assuré qu’il « n’y aura aucune reconstruction de la jungle et aucune tolérance sur une occupation illégale du domaine public ou privé à Calais ou dans ses environs. » Une grande partie des campements de migrants dans cette zone a été démantelée il y a quinze mois. Emmanuel Macron a tenu à rappeler que Calais ne serait plus « une porte dérobée vers l’Angleterre. »

Mineurs isolés : des annonces à venir

La question des mineurs étrangers non accompagnés est un sujet cher aux départements qui sont en charge de la protection de l’enfance. Le nombre des mineurs isolés a presque doublé en un an, ce qui a entraîné un surcoût important pour l’aide sociale à l’enfance.

En novembre dernier, le Défenseur des droits réclamait « la consolidation des budgets et leur lisibilité » indispensables à la prise en charge de ces mineurs. Jacques Toubon interpellait également le gouvernement sur le fait que « certains jeunes se voient opposer un refus de prise en charge et d’évaluation sans justification » en dépit des obligations de non-refoulement (Lire notre article).

Ce mardi, le chef de l’État a annoncé « des réponses spécifiques dans les prochaines semaines. » Emmanuel Macron a tenu a rappelé qu’un « dispositif d’accueil spécifique a été mis en œuvre pour offrir à tous ceux qui le souhaitent un hébergement digne et un suivi social adapté. Sur l’ensemble de l’année 2017, un peu plus de 2.200 personnes étrangères se déclarant mineures ont été prises en charge à partir de Calais. »

« Protéger les uns » et « raccompagner les autres »

Calais : Emmanuel Macron assume sa politique migratoire
02:00

Le président de la République a clarifié quelques points autour du texte de loi Asile-immigration qui devrait être présenté en Conseil des ministres en février. Notre ligne est claire, à chacun nous devons un accueil digne et humain en particulier la mise à l’abri lorsque c’est nécessaire (…) Mais à ceux qui ne sont pas admis, après l’exercice des voies de recours qui leur sont ouvertes, nous devons faire en sorte qu’ils regagnent effectivement leur pays » résume-t-il.

« L’accueil inconditionnel ne veut pas dire l’accueil indifférencié », affirme Emmanuel Macron.

Pour ce qui est des annonces concrètes, le chef de l'État a annoncé la nomination d’un « délégué interministériel à l’accueil et à l’intégration des réfugiés », dès la semaine prochaine. Emmanuel Macron a également assuré que l’État prendrait désormais en charge « l’accès à la nourriture » pour les migrants. Aussi, une « prime exceptionnelle de résultat » sera donnée aux officiers affectés dans le Calaisie en 2018.

Le président de la République a terminé son discours en élargissant son propos à la zone européenne. « Nous vivons ici les incompétences, les incohérences de la politique européenne », a-t-il déclaré. Emmanuel Macron appelle à une harmonisation de la politique migratoire dans l’UE, notamment pour ce qui concerne les délais d’examen des demandes de séjour. 

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. 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Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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