Fillon veut relancer sa campagne avant sa convocation judiciaire
François Fillon mise sur la défense de son programme pour relancer sa campagne, mais les affaires, entre sa convocation mercredi chez les juges...

Fillon veut relancer sa campagne avant sa convocation judiciaire

François Fillon mise sur la défense de son programme pour relancer sa campagne, mais les affaires, entre sa convocation mercredi chez les juges...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

François Fillon mise sur la défense de son programme pour relancer sa campagne, mais les affaires, entre sa convocation mercredi chez les juges d'instruction et les révélation du JDD sur ses costumes de luxe, continuent de concentrer l'attention.

Le programme, rien que le programme. Interview aux Echos, matinale d'Europe 1, conférence de presse sur le projet lundi matin : François Fillon veut revenir sur le terrain politique, deux jours avant la séquence judiciaire de mercredi.

Le candidat pourrait à l'occasion de sa conférence de presse affiner quelques mesures évoquées dans Les Echos, notamment une baisse des charges salariales qui bénéficiera désormais "d'avantage aux petits salaires", ou un taux intermédiaire de TVA finalement inchangé. Il devrait aussi continuer de cibler ses adversaires, notamment Emmanuel Macron dont il a raillé lundi matin la "majorité de Robert Hue à Alain Madelin".

Mais M. Fillon doit avant tout se défendre contre de nouvelles révélations de la presse, se disant lundi matin victime d'une "chasse à l'homme" et de "dizaines de journalistes" qui "fouillent dans [ses] poubelles". "Chaque jour on descend un peu plus bas dans l'intrusion de ma vie privée", s'est-il lamenté à propos de l'information parue dimanche sur ses costumes.

François Fillon (centre) revêtu d'une veste de chez Arnys, le 20 août 2010 à Bormes-Les-Mimosas
François Fillon (centre) revêtu d'une veste de chez Arnys, le 20 août 2010 à Bormes-Les-Mimosas
POOL/AFP/Archives

Le JDD affirme qu'un mécène a signé le 20 février un chèque de 13.000 euros pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics. "C'est ma vie privée, ça ne regarde personne ! J'ai parfaitement le droit de me faire offrir un costume par un ami", a rétorqué M. Fillon lundi matin.

"Tout ça n'a rien à voir" avec la politique, a-t-il assuré alors que des députés socialistes se sont tournés vers le déontologue de l'Assemblée. "Le règlement de l'Assemblée concerne des cadeaux qui sont offerts à des députés dans l'exercice de leur mandat et de leurs fonctions". Mais "on a quand même encore le droit de recevoir des cadeaux dans cette société", a insisté, excédé, M. Fillon.

Selon le JDD, s'ajoutent à cette facture près de 35.500 euros "réglés en liquide" pour de précédents achats au profit de M. Fillon chez ce tailleur, pour un montant de près de 48.500 euros au total depuis 2012. "Ca n'est pas exact", a affirmé lundi l'ancien Premier ministre.

- Une seule réunion publique cette semaine -

Cette nouvelle affaire tombe mal pour M. Fillon, attendu mercredi chez les juges d'instruction saisi des emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants comme collaborateurs parlementaires, dont la révélation par Le Canard enchaîné dicte le tempo de sa campagne depuis fin janvier.

Penelope et François Fillon lors du rassemblement du Trocadéro le 5 mars 2017 à Paris
Penelope et François Fillon lors du rassemblement du Trocadéro le 5 mars 2017 à Paris
AFP/Archives

"On ne peut pas dire que je m'y rende avec plaisir. Depuis le début je ne suis pas traité comme un justiciable comme les autres", a estimé M. Fillon, rétrogradé à la troisième place dans les sondages depuis plus d'un mois, alors que la victoire lui semblait promise fin 2016.

Le député de Paris a d'ores et déjà prévenu qu'il maintiendrait sa candidature même en cas de mise en examen, après avoir déclaré le contraire le 26 janvier sur TF1.

"J'ai dit que si j'étais mis en examen, je ne serai pas candidat, mais à condition que les conditions de cette mise en examen soient normales". Mais "je ne vais pas déférer aux ordres de ceux qui instrumentalisent la justice en renonçant à ma candidature et en privant la droite et le centre du candidat qui porte leurs espoirs et leurs valeurs", a-t-il réaffirmé lundi.

Le candidat participera lundi soir à une conférence-débat au Crif et interviendra mardi devant l'assemblée générale de la Fédération nationale des chasseurs. Son unique réunion publique de la semaine est programmée jeudi à Caen, au lendemain de sa convocation chez les magistrats Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau. Penelope Fillon sera à son tour entendue le 28 mars.

Partager cet article

Dans la même thématique

Documentaire Paris le mystère du palais disparu de Stéphane Jacques
5min

Politique

Paris, le mystère d’un palais disparu

Les promeneurs, touristes ou Parisiens qui déambulent sur le parvis de Notre-Dame, s’imaginent-ils qu’à quelques pas de là se dressait au Moyen Âge, l’une des plus somptueuses résidences d’Europe ? Et surtout, comment, six siècles plus tard, le tout premier palais de nos rois, bâti sur l’île de la Cité, au beau milieu de la capitale, a-t-il pu devenir ce fantôme de l’Histoire ? Dans son documentaire Le mystère du palais disparu, Stéphane Jacques retrace l’enquête menée par un trio de scientifiques spécialistes de la reconstitution numérique.

Le

Fillon veut relancer sa campagne avant sa convocation judiciaire
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
5min

Politique

Ingérences électorales : faut-il sanctionner les réseaux sociaux ? 

Après trois opérations de désinformation en quelques jours ciblant des candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu a rappelé que la lutte contre les ingérences était une priorité. La gauche appelle le gouvernement à en faire plus et à sanctionner les réseaux sociaux participant à la diffusion.

Le

Train retardé : les sénateurs créent une garantie de correspondance, en cas de trajet opéré par plusieurs compagnies
6min

Politique

Harmonisation des titres, garantie de correspondance, ouverture de SNCF Connect : les propositions des sénateurs pour faciliter les trajets en train

Les sénateurs ont rendu public, ce mercredi, leurs propositions pour harmoniser les tarifs et conditions d’achats des billets sur le réseau de trains, alors que les opérateurs sont toujours plus nombreux avec l’ouverture à la concurrence. Des propositions que les rapporteurs ont bon espoir de voir reprises par les députés dans le projet de loi-cadre.

Le