"A 8H00, j'étais là. C'est un jour important, nous les Kanak on appartient à cette terre, ce sera pareil demain", lâche Léonard Tamuu, qui vient...
Forte affluence dans les bureaux de vote de Nouméa pour le référendum
"A 8H00, j'étais là. C'est un jour important, nous les Kanak on appartient à cette terre, ce sera pareil demain", lâche Léonard Tamuu, qui vient...
Par Claudine WERY
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"A 8H00, j'étais là. C'est un jour important, nous les Kanak on appartient à cette terre, ce sera pareil demain", lâche Léonard Tamuu, qui vient de voter pour le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, dans une petite école de la Vallée des Colons, à Nouméa.
En ce dimanche matin, où le soleil cogne déjà dur malgré des alizés soutenus, près d'une centaine de personnes attendent patiemment à l'entrée des deux bureaux de vote de l'école Candide Koch, quartier à la population mixte.
La participation à 17H00 s'est établie pour l'ensemble du Caillou à 73,68%, beaucoup plus élevée que la participation à la même heure pour les élections provinciales.
"Depuis le temps qu'on l'attend ce référendum, il ne faut pas rater ça. La campagne a été calme et j'espère que ce soir, ce sera pareil", explique Frédéric, 58 ans.
"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" Oui ou non, les deux bulletins possibles dans un bureau de vote à Nouméa le 4 novembre 2018
AFP
Après trente années de décolonisation graduelle, inscrite dans les accords de Matignon (1988) puis celui de Nouméa (1998), 174.154 électeurs sont appelés dimanche à répondre à la question "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?"
"Moi, je fais partie de ces Calédoniens (d'origine européenne, NDLR) qui ont été indépendantistes puis qui ont changé d'avis parce qu'objectivement, on n'a pas assez travaillé, le projet des indépendantistes n'est pas crédible", explique Stéphane, quinqua, patron d'une société d'édition.
Descendant d'un "travailleur engagé", venu du Vietnam dans les années 1930 pour aider à l'édification de la colonie, Joseph Bui affirme, dans le même registre, "être venu voter pour rester dans la France, parce que les indépendantistes ne sont pas prêts".
Ecrivain de 34 ans, Guillaume Berger, caldoche de septième génération, appartient aux rares membres de sa communauté à voter pour l'indépendance. "Je ne me sens pas français, pas kanak non plus mais calédonien. Je pense que mon pays est prêt pour l'indépendance, pour la paix civile et pour la dignité du peuple kanak", affirme ce barbu, aux ancêtres bagnards.
-"Changer le pays"-
Au nord de la ville, dans le quartier populaire de Montravel, les drapeaux, casquettes, tee-shirts et bonnets imprimés aux couleurs de Kanaky (bleu, rouge, vert et jaune) sont de sortie.
File d'attente devant un bureau de vote à Nouméa, le 4 novembre 2018. La participation au référedum s'élevait à 73,68% à 17H00.
AFP
Là aussi, devant l'école Gustave Mouchet située à l'entrée de cette cité, une longue file d'électeurs s'étire, chacun se protégeant comme il peut des rayons du soleil, sous les arbres ou sous un "manou" (paréo).
"Il n'y a jamais autant de monde pour voter ici! Moi, je suis convaincu qu'il faut l'indépendance et ce sera bien plus serré que les sondages ne l'annoncent", se dit persuadée Maria, mère de trois enfants, faisant référence au score situé entre 63 et 75% pour le maintien dans la France, prédit par les enquêtes d'opinion.
Fabrice Udé, 28 ans, bonnet noir et drapeau Kanak à la main, va voter pour la première fois, "pour changer le pays". "Aujourd'hui, nous les jeunes Kanak, on n'a pas d'emploi, si c'est nous qui gérons le pays, on aura plus d'opportunités", espère le jeune homme qui cultive des ignames dans sa tribu à Koné (nord).
A la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a aussi voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire, c'est une fierté de porter nos couleurs", dit-il, même s'il reconnait que pour lui "la victoire du oui ou du non, c'est pareil. Je serai juste un peu déçu pour nos anciens si le non l'emporte".
A l'inverse, Michaele Mikena, 61 ans, d'origine wallisienne, a "voté non. J'ai pas peur de l'indépendance, mais je suis attaché à la France. Je lui dois beaucoup", insiste-t-il.
Des observateurs de l'ONU et pas moins de 250 délégués (magistrats, etc.) ont été déployés dans les bureaux de vote du Caillou, qui ferment à 18H00 locales (8H00 du matin dimanche à Paris). Les résultats sont attendus vers 22H00 (mi-journée à Paris).
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