Grand débat national à Airvault : entre fracture territoriale et fracture générationnelle
Une cinquantaine de personnes étaient réunies, jeudi soir, à Airvault dans le nord des Deux-Sèvres pour un débat organisé par le député LREM du département, Jean-Marie Fiévet. Au menu des discussions, fracture territoriale, écologie et comme à chaque débat, la crise des gilets jaunes.

Grand débat national à Airvault : entre fracture territoriale et fracture générationnelle

Une cinquantaine de personnes étaient réunies, jeudi soir, à Airvault dans le nord des Deux-Sèvres pour un débat organisé par le député LREM du département, Jean-Marie Fiévet. Au menu des discussions, fracture territoriale, écologie et comme à chaque débat, la crise des gilets jaunes.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le député LREM, Jean-Marie Fiévet avait choisi d’appliquer à la lettre les consignes du gouvernement. « La règle est claire. Nous ne parlerons pas de problèmes locaux. Ce n’est pas le but du grand débat ». Les participants devront débattre tour à tour de l’organisation de l’État, de la transition écologique ou encore de fiscalité. De quoi échauder d’emblée certaines personnes comme Jean-Philippe, retraité, qui décide de quitter la petite salle du centre communal d’action sociale au bout d’une heure. « On en revient toujours à des sujets trop personnels (…) Autour d’ici, on a des usines très dangereuses. Et on ne sait pas. On n’y connaît absolument rien en écologie ».

Les questions écologiques reviennent régulièrement dans les discussions. À la question : quelles seraient, selon vous, les solutions les plus supportables sur un plan financier, pour changer votre comportement ? Certains participants sont interloqués. « Avec tous les choix anti écologiques du gouvernement, je trouve ça presque ironique que ce soit à nous de changer nos comportements » fait remarquer, Éliane, une jeune journaliste d’un média associatif local. « Lesquels ? » interroge le député. « Et bien, le projet de la montagne d’or en Guyane » lui répond une dame malvoyante.

« Si on veut prendre un train, c’est infernal »

Dans un département très rural comme les Deux-Sèvres, la fracture territoriale prend de nombreuses formes. Le numérique : « Tous les territoires ne sont pas à égalité. Quand je veux faire m’a déclaration à l’URSSAF sur internet, ça coupe tout le temps. Et quand je les appelle, ils me disent d’essayer chez la voisine » explique une participante. Les transports : « Si on veut se déplacer. Si on veut prendre un train. Si on veut prendre un avion, c’est infernal. Il faut prendre sa voiture. J’arrive de Paris aujourd’hui. C’est 4 heures » se désole un retraité.

Échanges tendus au sujet des gilets jaunes

Comme à chaque débat, les retraités sont surreprésentés. Ce jeudi soir, à Airvault, trois personnes avaient moins de 30 ans. Une fracture générationnelle qui s’est ressentie au moment d’aborder les manifestations des gilets jaunes. « À partir du moment, où il y en a qui sont là pour casser, les flics, ils se défendent, c’est tout » résume un retraité qui a manifesté à Paris il y a quelques semaines aux côtés des foulards rouges. La jeune journaliste, Éliane « ne comprend pas qu’on minimise les violences policières ». Pour la première fois de la soirée, le député est obligé d’élever la voix pour ramener le calme. « Franchement, je ne reviendrai plus dans un débat. Je me suis sentie très seule » confie Éliane.

En conclusion, Jean-Marie Fiévet compare l’organisation des grands débats sur le territoire national à un « moment historique ». Une personne veut savoir si on a demandé aux gilets jaunes d’enlever leurs gilets pour participer au débat. « Non, ce n’est pas l’uniforme qui compte et d’ailleurs je ne sais pas s’il y a des gilets jaunes dans la salle » répond-il. Trois personnes lèvent le doigt.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

French High School Students Take Part in “Act 4” Protest in Paris
4min

Société

Mouvements lycéens : Le point sur les mobilisations et blocages

La mobilisation des lycéens se poursuit de jeudi pour l’acte IV, rejoint par les étudiants. Les syndicats appellent à de nouveaux rassemblements dans plusieurs villes. Les trois syndicats lycéens doivent être reçus dans l'après-midi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, réclamant des mesures concrètes.

Le

POPE LEO XIV LEADS A ROSARY AND TORCHLIGHT PROCESSION IN LOURDES
8min

Société

Rencontre du pape avec des victimes d’abus sexuels : si l’Église reconnaît « sa responsabilité systémique », « l’omerta » continue de régner, d’après Arnaud Gallais

Alors que le pape Léon XIV a rencontré hier soir à Lourdes sept victimes d’abus sexuels par des membres de l’Église catholique française, les réactions semblent mitigées. Certaines associations de victimes ou membres de l’Église dénoncent un manque de transparence via la sélection de victimes et une reconnaissance qui n’est pas à la hauteur des faits.

Le