Les voies sur berges à Paris restent piétonnes, au moins pour l’instant
Les voies sur berges au coeur de Paris restent piétonnes, au moins pour l'instant. Anne Hidalgo a annoncé jeudi avoir signé un...

Les voies sur berges à Paris restent piétonnes, au moins pour l’instant

Les voies sur berges au coeur de Paris restent piétonnes, au moins pour l'instant. Anne Hidalgo a annoncé jeudi avoir signé un...
Public Sénat

Par Fabienne FAUR

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Les voies sur berges au coeur de Paris restent piétonnes, au moins pour l'instant. Anne Hidalgo a annoncé jeudi avoir signé un nouvel arrêté interdisant la circulation routière sur la rive droite, qui accueillera samedi un rassemblement pour dire "non au retour des voitures".

"J'ai pris un nouvel arrêté en tenant compte de ce qu'a dit le tribunal", a annoncé sur France Inter la maire de la capitale en évoquant l'annulation, le 21 février par le tribunal administratif, de cette piétonnisation très polémique depuis des mois. La maire avait immédiatement indiqué faire appel.

Signé mercredi, affiché dans les mairies d'arrondissements et publié au bulletin municipal officiel vendredi, ce nouvel arrêté "a été pris en concertation avec l'Etat et le préfet de police, pour pouvoir maintenir les berges piétonnes", a ajouté Mme Hidalgo.

Il s'appuie sur de nouvelles bases légales, liées à l’intérêt patrimonial et touristique de ce site, alors que la mesure avait été retoquée par le tribunal pour des "inexactitudes" dans une étude d'impact et des références inadéquates à certains articles de codes.

La maire de Paris persiste et signe ainsi dans sa volonté, pour lutter contre la pollution de l'air, de transformer ces berges en parc pour piétons et cyclistes, qui ne seront donc pas "à ce stade" rouvertes aux voitures, a-t-elle dit.

"On verra quelles sont les décisions ultérieures du tribunal", a indiqué Mme Hidalgo, sans nier que les berges puissent un jour revenir à la circulation automobile. "Oui, c'est vrai, il faut le dire assez clairement", a-t-elle concédé.

La maire de Paris s'est par ailleurs réjouie du soutien d'une majorité de Parisiens. Selon un sondage Ipsos commandé par sa mairie, 55% des Parisiens sont favorables à la piétonnisation et 66% approuvent sa politique de réduction de la voiture. "Ca va dans le sens de l'Histoire", a-t-elle commenté.

- Une manifestation avec fanfare et poussettes -

Des centaines d'entre eux devraient d'ailleurs être mobilisés à ses côtés samedi après-midi sur les berges pour un "rassemblement apolitique, convivial, avec fanfare, poussettes, vélos, pour dire +Non au retour des voitures+", a indiqué à l'AFP Olivier Blond, président de l'association Respire et organisateur d'un collectif d'une dizaine d'associations.

Au nom particulièrement des enfants, très touchés par la pollution, "nous voulons qu'une solution soit trouvée, dans le respect des procédures. Il serait dommage qu'on remette des voitures sur la plus belle terrasse de Paris", a ajouté l'initiateur d'une pétition qui avait recueilli jeudi après-midi 31.000 signatures.

Alors que cette piétonnisation fait l'objet depuis des mois d'une polémique sans fin sur les bouchons, le bruit ou l'air pollué, entre Paris, la banlieue, les automobilistes, les écologistes, les élus, etc, le bras de fer continue avec la Région Ile-de-France, partie prenante du recours judiciaire.

La présidente LR Valérie Pécresse a récemment tendu la main à la maire de Paris, avec la proposition alternative d'une voie dédiée à la circulation des voitures à faible allure, avant piétonnisation totale en 2021.

Ce plan, "c'est de remettre des voitures sur les voies sur berges", a rétorqué la maire de Paris en fustigeant une proposition "inopérante et irréaliste".

Mme Pécresse "n'est pas maire de Paris", a-t-elle ajouté, "elle dirige la Région et en cela est responsable des transports publics. Que chacune s'occupe de ce pour quoi elle est mandatée et que bien sûr on travaille ensemble, c'est ma volonté".

"J'exerce pleinement et sereinement ma compétence", s'est défendue Mme Pécresse jeudi soir sur BFMTV. "La région a compétence pour toutes les circulations automobiles sur le périmètre régional", a-t-elle plaidé.

Mais entre exécutif parisien et régional, l'opposition parisienne ne veut pas d'un retour des voitures et "trouve la proposition de Valérie Pécresse d'une voie dédiée aux voitures, difficilement applicable", dit un élu.

Pour l'UDI-Modem, la piétonnisation est une "réalité que l'on ne peut pas remettre en jeu", écrit son président Eric Azière.

Le groupe LR est "très favorable à la piétonnisation", a pour sa part indiqué à l'AFP sa présidente Florence Berthout, qui réclame néanmoins une "grande concertation", de nouvelles études et l'application rapide des propositions régionales type parking-relais ou carrefours intelligents.

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