LR: après le départ de Bertrand, Wauquiez passe aux travaux pratiques
Laurent Wauquiez s'est attelé mardi à sa difficile tâche de rassemblement des Républicains (LR), déjà compliquée par l'annonce du...

LR: après le départ de Bertrand, Wauquiez passe aux travaux pratiques

Laurent Wauquiez s'est attelé mardi à sa difficile tâche de rassemblement des Républicains (LR), déjà compliquée par l'annonce du...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Laurent Wauquiez s'est attelé mardi à sa difficile tâche de rassemblement des Républicains (LR), déjà compliquée par l'annonce du départ de Xavier Bertrand au lendemain de l'élection du président d'Auvergne-Rhône-Alpes à la tête du parti.

Ambiance au sein de la droite... "J'ai tenté de joindre Xavier Bertrand toute la journée d'hier. Sa réponse, je l'ai eue hier durant le JT", a expliqué Laurent Wauquiez aux députés LR mardi matin à l'Assemblée.

Vingt-quatre heures après la large élection (74,64%) de M. Wauquiez à la tête de LR, avec quelque 100.000 adhérents prenant part au vote, Xavier Bertrand a annoncé sur France 2 qu'il quittait "définitivement" le parti, critiquant la "politique de l’agressivité et des boucs émissaires" de son nouveau président. Lequel plaidait pour le "rassemblement", au même moment sur le plateau de TF1.

"Ce n'est pas acceptable de claquer la porte de sa famille politique dans ces conditions. Voir un tel succès de mobilisation le dimanche et partir ainsi le lundi soir... Les calculs personnels nous tuent et nous risquons d'en payer collectivement le prix", a insisté M. Wauquiez devant les députés LR.

Alors que les spéculations vont bon train sur de possibles départs de LR, notamment celui d'Alain Juppé, Xavier Bertrand a tiré le premier. Jeudi dans Le Point, à trois jours du scrutin, celui qui avait renoncé à affronter M. Wauquiez estimait qu'il "aurai(t) pu gagner", mais que "la confrontation aurai(t) lieu" d'ici à 2022.

Deux de ses vice-présidents à la région Hauts-de-France, Franck Dhersin et Philippe Rapeneau, et le maire de Tourcoing Guillaume Delbar l'ont suivi dans sa démarche en annonçant leur départ de LR. Mais pas la maire de Calais Natacha Bouchart, qui préfère "rester auprès de Laurent (Wauquiez) afin de redresser (le) parti".

M. Bertrand est d'ores et déjà courtisé. "Il est le bienvenu" au sein de La République en marche, a glissé mardi son délégué général Christophe Castaner. Mais "ma seule étiquette, c'est la région", a réaffirmé l'intéressé mardi, précisant qu'il n'entendait pas non plus adhérer à Agir, le parti de la droite "constructive" pro-Macron.

-"J'ai besoin de vous"-

"Xavier Bertrand a dit +maintenant tout se joue en dehors des partis politiques+. Comme s'il faisait un choix qui pourrait l'amener aux présidentielles", analysé le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui "regrette" cette "stratégie personnelle".

Un autre élu LR a une "théorie" sur M. Bertrand: "il veut être la deuxième étape de la fusée de la recomposition de Macron", "gagner les régionales avec son concours" en 2020, et plus si affinités en 2022.

Les principaux cadres de LR ont plutôt fait corps derrière M. Wauquiez. Bertrand ? "Une initiative personnelle, probablement improvisée" de la part de quelqu'un qui "visait" la présidence du parti (Bernard Accoyer). "Ma décision est inverse, j'ai choisi de rester, avec ma sensibilité gaulliste et sociale", a renchéri le président du Sénat Gérard Larcher.

Devant les députés, M. Wauquiez a fait œuvre de rassemblement, lançant: "venez, j'ai besoin de vous". "Avec toutes les sensibilités, on va s'associer, se rassembler dans notre diversité avec tous ceux qui sont de bonne foi". "On n'est pas des clones", a-t-il dit.

Il a annoncé la création d'une "structure de coordination" pour "fonctionner de manière très étroite entre le groupe LR de l'Assemblée, le groupe LR au Sénat et le parti".

Selon son entourage, M. Wauquiez devrait annoncer avant les fêtes de fin d'année une première partie de son équipe dirigeante. Le poste de vice-président semble promis à Virginie Calmels, adjointe de M. Juppé à Bordeaux. Pour remplacer Bernard Accoyer au secrétariat général, circulent notamment les noms des députés de l'Ain, Damien Abad, et de Haute-Savoie, Virginie Duby-Muller.

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le