Macron interpellé sur le pouvoir d’achat en pleine commémoration de la Grande Guerre
L'Histoire et l'actualité se sont télescopées mardi pour Emmanuel Macron, vivement interpellé sur la CSG et le prix des carburants dans les rues...

Macron interpellé sur le pouvoir d’achat en pleine commémoration de la Grande Guerre

L'Histoire et l'actualité se sont télescopées mardi pour Emmanuel Macron, vivement interpellé sur la CSG et le prix des carburants dans les rues...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET, avec Marie JULIEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'Histoire et l'actualité se sont télescopées mardi pour Emmanuel Macron, vivement interpellé sur la CSG et le prix des carburants dans les rues de Verdun, alors qu'il poursuivait son "itinérance mémorielle" sur la Grande Guerre.

Dialogue accroché à Verdun. "Vous me racontez un peu des carabistouilles", a lancé le chef de l'Etat à un homme qui l'interpellait. "Vous avez vu la colère de la France qui monte ? Le 17 novembre, vous allez la voir", a rétorqué ce retraité de chez Lactalis, qui s'est présenté comme un "militant" des Républicains depuis 1976.

Alors qu'un appel à bloquer les routes le 17 novembre a été lancé pour protester contre la hausse du prix du diesel, le chef de l'État a longuement tenté de justifier sa politique au contact de la population, sur le prix des carburants comme sur la hausse de la CSG et la question du pouvoir d'achat en général.

La hausse des carburants, "c'est pas bibi", mais pour "trois quarts des cours mondiaux", a-t-il dit, avant d'"assumer" la progression des taxes, qui, elle, est du fait de l'État.

Emmanuel Macron se recueille sur la tombe de Robert Porchon, frère d'armes de Maurice Genevoix, le 6 novembre 2018 à Eparges dans la Meuse
Emmanuel Macron se recueille sur la tombe de Robert Porchon, frère d'armes de Maurice Genevoix, le 6 novembre 2018 à Eparges dans la Meuse
POOL/AFP

À une dame qui remarquait que "30 euros" de hausse du minimum vieillesse, "ça fait pas beaucoup" quand la facture de gaz augmente de "250 euros", il a répondu que "les choses ne se font pas comme ça tout d'un coup". "Tout le monde est pressé, je l'entends, mais il faut faire les choses sérieusement et sans mentir".

Dans la matinée, sur Europe 1, le chef de l'État avait livré quelques pistes: amélioration du chèque énergie, défiscalisation des aides au transport. "Il faut aider nos citoyens les plus modestes qui n'ont pas le choix", a-t-il souligné dans cette interview enregistrée lundi.

Encalminé dans l'impopularité, le président a entamé mardi le troisième jour de son "itinérance mémorielle" à l'occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre. Il a annoncé l'entrée prochaine au Panthéon de l'un de ses écrivains préférés, Maurice Genevoix, qui fut blessé sur la colline tragique des Éparges (Meuse) en 1915 et y consacra un récit saisissant dans son recueil intitulé "Ceux de 14".

Un monument et une plaque à la mémoire de Maurice Genevoix, le 6 novembre 2018 aux Eparges
Un monument et une plaque à la mémoire de Maurice Genevoix, le 6 novembre 2018 aux Eparges
AFP

Il y aura de fait deux panthéonisations, a expliqué l'Élysée: celle du romancier, et celle "à titre collectif de +ceux de 14+ incarnant la Nation combattante", civile et militaire.

Sur Europe 1, M. Macron a dénoncé "l'absurdité de ces conflits, l'absurdité du nationalisme belliqueux" dont il décèle le retour dans "une Europe de plus en plus fracturée" par des partis qui "jouent sur les peurs partout".

Il a appelé à entendre ces peurs, notamment celle d'une "Europe ultralibérale qui ne permet plus aux classes moyennes de bien vivre", sans omettre la peur des migrants à laquelle il faut "apporter une réponse véritable, avec nos principes, en octroyant l'asile à ceux qu'on doit protéger, avec une politique de développement et de sécurité et de protection de nos frontières par ailleurs".

- L'Armée noire célébrée -

À Verdun, Emmanuel Macron a honoré les héros de la plus longue et la plus célèbre des batailles de la guerre. Accompagné de 20 lycéens, il a visité l'émouvant ossuaire où reposent les restes de 130.000 soldats français et allemands.

Le chef de l'État s'est également rendu au village de Fleury-devant-Douaumont (Meuse), inhabité depuis sa complète destruction durant la bataille de Verdun en 1916, comme sept autres villages de la Meuse déclarés "morts pour la France". "Ce sont des mémoires familiales ensevelies", a observé M. Macron.

Au total, 300.000 combattants ont été tués entre février et décembre 1916, dans l'enfer de Verdun, fait de boue, de froid et de bombardements, comme dans la tranchée légendaire des Baïonnettes.

Cette journée s'est terminé à Reims avec un hommage aux héros de "l'Armée noire", ces troupes coloniales composées principalement de tirailleurs sénégalais. 200.000 sont montés au front, 30.000 sont morts.

Ces "combattants implacables" se "sont battus de jour et de nuit pour la France et pour eux aussi, pour la justice et la liberté", a déclaré le président malien Ibrahim Boubakar Keïta présent aux côtés d'Emmanuel Macron. Ces "combattants implacables" ont "saigné pour la paix du monde".

Le chef de l'État poursuit son périple mercredi à Charleville-Mézières, où se tiendra un Conseil des ministres décentralisé, consacré notamment aux territoires, avant de visiter un Ephad dans l'Aisne.

jri-cs-bpa-jmt/pta

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le