NDDL: veillée d’arme pour zadistes et forces de l’ordre avant les expulsions
Survols d'hélicoptères et patrouilles d'un côté, appels aux renforts et aux rassemblements de l'autre: gendarmes et zadistes...

NDDL: veillée d’arme pour zadistes et forces de l’ordre avant les expulsions

Survols d'hélicoptères et patrouilles d'un côté, appels aux renforts et aux rassemblements de l'autre: gendarmes et zadistes...
Public Sénat

Par Alexandre HIELARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Survols d'hélicoptères et patrouilles d'un côté, appels aux renforts et aux rassemblements de l'autre: gendarmes et zadistes affûtent ce week-end leurs préparatifs avant l'opération d'expulsion des occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, annoncée comme imminente, près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport.

"C'est le calme avant la tempête", résume Lucas, un "brasseur militant" installé au cœur de la zone occupée, qui s'étend sur 1.650 hectares. Mais, "le stress commence à monter" car "on sait qu'ils vont mettre le paquet".

L'opération, prévue en début de semaine, doit mobiliser sur plusieurs jours vingt-cinq escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2.500 militaires. Elle prévoit d'expulser toutes les personnes qui n'ont pas régularisé leur situation, en déclarant par exemple de nouveaux projets agricoles individuels.

La quasi totalité des 250 zadistes estimés sur place ne l'ont pas fait, préférant une gestion collective du territoire et la possibilité de mener des projets non agricoles.

"Tous ceux qui ne s'inscrivent pas dans le cadre de la légalité devront quitter les terrains rapidement", a répété dimanche le Premier ministre Édouard Philippe dans une interview au Parisien.

De son côté, l'Acipa, la principale association d'opposants à l'ex-projet d'aéroport, a appelé l’État "à ne pas enclencher le processus des expulsions et de la violence" et à privilégier "le dialogue".

Si la ZAD n'est pas encore encerclée par les forces de l'ordre, plusieurs véhicules ont patrouillé discrètement tout le week-end dans les communes alentours, pour prévenir tout introduction de carburant, de matières dangereuses ou d'objets pouvant servir d'armes.

Des hélicoptères survolent également la zone, un scenario habituel depuis plusieurs semaines.

C'est un dispositif "souple", "sans checkpoints ni poste fixe", explique à l'AFP une source proche du dossier, estimant qu'il n'y a, pour l'instant, "pas lieu de nous montrer plus que de raison".

L'artère emblématique de la zone occupée, l'"ex-route des chicanes", déblayée de ses divers obstacles et remise en état après l'annonce de l'abandon de l'aéroport, restait cependant sous étroite surveillance et interdite à la circulation.

- "ni défaits, ni écrasés" -

En face, les occupants, eux, ont déjà prévenu: ils mèneront une "résistance physique et déterminée".

Difficile de savoir pour l'heure la forme qu'elle prendra mais "il y aura sûrement un jeu du chat et de la souris", anticipe un zadiste. Un autre évoque la préparation de cocktails molotov.

Deux grands rassemblements sont programmés dès 4H00 du matin lundi, suivis d'une répartition sur les différents points de blocage.

Barricades, sit-ins, ravitaillement en soins et en nourriture: "chacun trouvera sa manière de se joindre à la lutte", explique à l'AFP "Camille", le pseudo commun des occupants de la ZAD.

Le week-end aurait permis de battre le rappel des troupes. "Des gens arrivés de partout pour ne pas nous laisser seuls face à la police et les tractopelles", assure-t-il.

A l'image de la vie quotidienne sur la ZAD, chaque quartier organisera sa résistance. "Il n'y a pas un général, ni un poste de commandement, c'est en autonomie", poursuit le zadiste.

Il rêve, comme beaucoup, d'une réédition du fiasco de l'"opération César", du nom de la précédente tentative d'évacuation massive du site, lancée à l'automne 2012 par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ardent défenseur du projet d'aéroport.

"Ce n'est plus le même combat. Aujourd'hui, est-ce qu'on aura tous les soutiens?", nuance un autre zadiste, en référence aux tensions qui auraient cours entre occupants légitimistes et radicaux.

"Tout est faux. Tous ensemble, on a mangé dans la même gamelle. On ne peut pas s'abandonner les uns, les autres", jure son voisin.

"Il n'y pas d'un côté les paysans et les radicaux de l'autre", abonde Camille, qui veut croire qu'"avec de la détermination, tout est possible". En tous cas, "on ne part ni défaits, ni écrasés", prévient-il.

En parallèle, les occupants mènent le combat sur le terrain juridique.

Dans une lettre adressée samedi à Édouard Philippe, leurs avocats ont dénoncé des procédures d'expulsions illégales car menées "au mépris des droits (...) garantis par le code des procédures civiles d'exécution et, plus généralement, de l'Etat de droit". En cas d'expulsion, ils ont annoncé leur intention d'engager des recours pour faire condamner l’État.

Partager cet article

Dans la même thématique

NDDL: veillée d’arme pour zadistes et forces de l’ordre avant les expulsions
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

NDDL: veillée d’arme pour zadistes et forces de l’ordre avant les expulsions
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le