Nouvelles révélations sur des « ristournes » accordées au candidat Macron
Plus d'un an après la fin de la campagne présidentielle, de nouvelles informations de presse ont évoqué jeudi des avantages dont...

Nouvelles révélations sur des « ristournes » accordées au candidat Macron

Plus d'un an après la fin de la campagne présidentielle, de nouvelles informations de presse ont évoqué jeudi des avantages dont...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Plus d'un an après la fin de la campagne présidentielle, de nouvelles informations de presse ont évoqué jeudi des avantages dont aurait profité le candidat Emmanuel Macron, notamment pour la location de salles où il a tenu meeting.

A la suite des révélations de Mediapart et du Monde en mai, c'est Franceinfo qui a diffusé jeudi matin une enquête affirmant que le candidat d'En Marche! avait bénéficié de "prix cassés" et de "ristournes cachées" de la part de théâtres parisiens ayant accueilli ses réunions publiques.

L’Élysée a aussitôt réagi en réaffirmant que "les comptes de campagne du candidat Emmanuel Macron avaient été validés par les autorités compétentes en la matière", à savoir la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Le président de la CNCCFP, François Logerot, a assuré jeudi qu'il n'y avait pas d'"irrégularités". La Commission avait déjà estimé, début mai, que les premières remises obtenues par l'équipe du futur président auprès de prestataires de services étaient "acceptables" et ne constituaient "pas des participations illicites au financement" de cette campagne.

De son côté, Christophe Castaner a expliqué avoir "dû négocier les prix les plus bas" lors de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, le délégué général de La République en marche niant toute "irrégularité" ou "anomalie" dans les comptes.

- "Culture sympathique" -

Mais l'opposition s'est déjà emparée de ces nouvelles révélations. Les Républicains (LR) ont annoncé qu'ils allaient "saisir officiellement" la CNCCFP pour lui demander de "retirer" sa décision de validation des comptes afin de pouvoir les "réexaminer".

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a jugé qu'il serait "sain et utile" que "les comptes de campagne de Macron soient mis en cause devant la justice", plutôt que cette dernière s'intéresse aux "délires sur [son propre] compte de campagne", au sujet desquels le parquet de Paris a ouvert une enquête pour procéder à des "vérifications".

Au contraire, pour François Bayrou (MoDem), allié de M. Macron, il s'agit d'une "polémique totalement infondée". "Ça ne me dérange pas du tout qu'on marchande", a plaidé l'ex-garde des Sceaux, qualifiant cette pratique de "culture sympathique".

Ce nouveau développement dans les affaires de comptes de campagne, qui concernent plusieurs candidats, intervient la semaine où est lancée une enquête sur un possible conflit d'intérêts visant le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, principal conseiller d'Emmanuel Macron.

"Aujourd’hui, on cherche à tout prix à chercher des problèmes quand il n’y en a pas", a réagi Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale. Mais, a-t-il ajouté sur LCI, cela "prouve que personne n’est à l'abri de rien dans notre République" et "montre bien que nous sommes une vraie démocratie".

- "Enquête approfondie" réclamée -

Selon Franceinfo, l'équipe Macron a "obtenu un tarif au minimum 75% moins cher" que les prix habituellement réclamés pour tenir meeting le 6 février 2017 dans la salle Bobino puis le 8 mars au Théâtre Antoine. Ces deux salles appartiennent à Jean-Marc Dumontet, présenté par la radio comme "un personnage incontournable du théâtre français" et un "proche du couple Macron".

Franceinfo indique par ailleurs que l'équipe d'En Marche! a loué une autre salle parisienne, la Bellevilloise, pour une réunion publique à laquelle Emmanuel Macron n'a pas participé, pour 1.200 euros. Alors que le candidat socialiste Benoît Hamon a dû débourser 4.838 euros "pour une soirée assez similaire", selon la radio.

"Quand on a plusieurs candidats qui demandent la même prestation, je pense qu’on doit les traiter de la même façon", a réagi Régis Juanico, trésorier de la campagne de Benoît Hamon, sur BFMTV, en réclamant "une enquête approfondie".

Dans un communiqué, le Rassemblement national a estimé que, "parce que les Français s’interrogent légitimement face à ces révélations et que celles-ci prennent de plus en plus d’ampleur, toutes les voies légales disponibles doivent désormais être empruntées pour que lumière soit faite sur les soupçons qui pèsent sur l’insincérité" de ces comptes de campagne.

"Il en va de la crédibilité de la CNCCFP", insiste le parti de Marine Le Pen.

Mais pour Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, les comptes de campagne d'Emmanuel Macron "ont été ceux, parmi les grands candidats, les moins réformés, puisqu'il y a 120.000 euros de réformation (correction dans les comptes, NDLR)". Il a rappelé, sur France Inter, que Jean-Luc Mélenchon avait "eu 450.000 euros de réformation" et Marine Le Pen "870.000 euros".

Partager cet article

Dans la même thématique

Iraq France
5min

Politique

Mort d’un soldat français en Irak : le « pouvoir terroriste d’Iran » fait payer à la France son implication militaire dans la région

Une attaque de drones a ciblé une base militaire dans le nord de l’Irak, faisant un mort et six blessés parmi les forces françaises engagées en soutien des Kurdes. Derrière cette frappe menée vraisemblablement par un groupe pro-iranien, les exhortations du régime islamique à faire payer à la France le prix de son soutien militaire dans la région sont en cause. Une énième illustration de la stratégie iranienne de réplique tous azimuts.

Le

Nouvelles révélations sur des « ristournes » accordées au candidat Macron
5min

Politique

Municipales : À Roubaix, l’Insoumis David Guiraud favori pour remporter la mairie 

Face à une majorité sortante de droite éclaboussée par la condamnation de l’ancien maire et une gauche hors-LFI distancée, le député La France Insoumise David Guiraud, qui veut faire de la prise de la ville un symbole national, fait la course en tête. Seul un front anti-LFI improbable pourrait l’empêcher de conquérir la mairie.

Le

Nouvelles révélations sur des « ristournes » accordées au candidat Macron
3min

Politique

Municipales : « Les invectives de Jean-Luc Mélenchon n’ont qu’un seul objectif, empêcher le rassemblement de la gauche », déplore Stéphane Troussel

Au micro de Public Sénat, Stéphane Troussel, le porte-parole du PS, appelle les électeurs insoumis à se désolidariser des propos tenus par Jean-Luc Mélenchon et certains cadres du parti. Il estime qu’en fonction des situations locales, mais aussi du comportement des uns et des autres, les rapprochements LFI-PS seront possibles au second tour des municipales.

Le