Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Il a fustigé la volonté d’Emmanuel Macron de faire passer sa réforme du droit du travail par ordonnances, une méthode à laquelle il s’est dit opposé pour ce texte. Il a aussi vivement critiqué le projet de moralisation de la vie publique, porté par François Bayrou.
Ordonnances : « Le Parlement va être traité par le mépris » s’insurge Jacob
Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Il a fustigé la volonté d’Emmanuel Macron de faire passer sa réforme du droit du travail par ordonnances, une méthode à laquelle il s’est dit opposé pour ce texte. Il a aussi vivement critiqué le projet de moralisation de la vie publique, porté par François Bayrou.
Par Alice Bardo
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S’il y a un sujet qui crispe Christian Jacob en ce moment, c’est la réforme du droit du travail, et plus particulièrement la méthode qui va être employée pour la faire passer, à savoir les ordonnances. Une manière de légiférer qui permet au gouvernement, après habilitation du Parlement, de sauter l’étape des débats parlementaires. « J’ai cru comprendre que le Parlement allait être traité par le mépris », s’inquiète le député. Il fait ensuite référence à la loi Travail, dont l’adoption grâce au 49-3 avait suscité de la colère : « Ce texte a généré des violences partout en France. Et là, de la même façon, au lendemain des élections législatives, le gouvernement voudrait dire aux parlementaires « circulez il n’y a rien à voir » ? »
Hier, le député PS René Dosière a présenté au ministre de la Justice ses douze propositions pour moraliser la vie publique. Afin de préparer son projet de loi, François Bayrou a également reçu deux associations anticorruption, Anticor et Transparency International. Parmi les mesures envisagées, la suppression de la réserve parlementaire, cette enveloppe de subventions allouée aux députés et sénateurs afin qu’ils puissent soutenir des associations et participer au financement de projets de collectivités locales. Objectif : éviter que des parlementaires se servent de cette somme à d’autres fins.
« Cette suspicion sur les parlementaires est insupportable »
Cette « suspicion sur les parlementaires est insupportable » regrette Christian Jacob, qui ajoute qu’ « à (sa) connaissance, aucun parlementaire n’a été condamné pendant son mandat pour corruption ». Cette mesure n’est pas la seule à laquelle Christian Jacob est vivement opposé. Il est « totalement contre » celle visant à limiter le cumul des mandats dans le temps : « Faire bouger une ville, un territoire, on ne le fait pas en cinq ans, le seul juge c’est le citoyen. » Le président du groupe LR à l’Assemblée nationale craint que la conséquence soit d’arriver à une « caste d’élus, qui seront tous des hauts fonctionnaires, énarques en règle générale, qui feront une carrière dans la haute administration ». « Ensuite ils iront chercher un mandat mais resteront habiter à Paris car il faut que les enfants soient au collège Stanislas (dans le 6e arrondissement) car autrement ça fait désordre. Puis ils iront faire un peu de pantouflage dans une société privée pour dire qu’ils viennent de la société civile », ironise le député. Une attaque non dissimulée dirigée à l’encontre d’Emmanuel Macron, qui tenait à ce qu’une partie des candidats de La République en marche soient issus de la société civile, tout comme les membres de son gouvernement.
Limitation des mandats dans le temps : Jacob craint "d'arriver à une caste d'élus"
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.